La compagnie irlandaise Ryanair, basée à Dublin, ne pourra plus imposer le droit du travail irlandais au personnel naviguant travaillant ailleurs en Europe, a tranché la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En effet, la Cour de justice européenne, qui siège au Luxembourg, a rendu un arrêt favorable à des membres du PNC (personnel navigant commercial) de la compagnie qui étaient basés à l’aéroport belge de Charleroi-Bruxelles. En clair, ils peuvent désormais saisir la justice du pays où ils accomplissent l'essentiel de leur travail, soit en Belgique. Ils avaient effectivement saisi la justice belge en 2011 afin que leur soit appliqué le droit du travail belge, jugé plus protecteur que le droit irlandais. Ils avaient été engagés sur la base d’un contrat de travail régis par par le droit irlandais et contenant "une clause attributive en faveur des juridictions irlandaises". Et c'était sur ce détail dans leur contrat que Ryanair avait essayé de contester la procédure engagée en Belgique. Pour la low cost irlandaise, il revenait à la justice irlandaise de juger. Réagissant à la décision de la CJUE défavorable en sa faveur, Ryanair a déclaré que cet arrêt n’engendrerait pas d’augmentation de ses coûts. Son patron, Michael O'Leary, a estimé que cet arrêt pourrait donner aux syndicats davantage d'opportunités de poursuivre la low cost en justice ou "de contester les protections quelles qu'elles soient ayant cours en Irlande". "Mais au final ils ne peuvent pas et ne pourront pas changer les contrats irlandais ou la structure des contrats irlandais", a-t-il ajouté.