La compagnie aérienne low cost easyJet a confirmé une perte annuelle avant impôts de 933 millions d’euros, la première de son histoire, due à la pandémie de Covid-19. Elle a transféré ses créneaux de sol à Londres-Stansted à sa rivale Ryanair, mais reste optimiste quant à la reprise.

Dans le haut de la fourchette de ses prévisions à la fin octobre, quand elle pensait être dans le rouge à hauteur d’environ 900 millions d’euros : la spécialiste britannique du vol pas cher a terminé l’année financière au 30 septembre 2020 avec une perte avant impôts de 835 millions de livres sterling (933 millions d’euros) – alors qu’elle affichait l’année précédente un bénéfice avant impôts de 427 millions de livres. Selon les résultats définitifs publiés le 17 novembre, les revenus d’easyJet ont diminué de moitié (52,9%) à 3,36 milliards d’euros, principalement en raison des confinements du printemps lors de la première vague de la pandémie. Le revenu par siège est en baisse d’un peu plus de 10%.

Côté trafic, en se rappelant que l’exercice décalé lui a fait échapper à quasiment deux trimestres de crise sanitaire, easyJet a transporté 48,1 millions de passagers, une chute de 50,0% par rapport à l’année financière précédente (96,1 millions). Le coefficient d’occupation de ses Airbus a reculé de 4,3 points de pourcentage à 87,2%, sur des capacités en baisse de 47,5%. Pour le seul mois de septembre par exemple, la low cost a accueilli 2,87 millions de clients (-68,0%), avec un coefficient d’occupation à 71,6%. EasyJet avait annoncé dès la semaine dernière avoir réduit à 20% ses capacités pour le 1er semestre qui a débuté en octobre, afin de « minimiser ses pertes » et garder la possibilité « d’augmenter rapidement » le nombre de vols si la demande revient.

Jugeant easyJet « bien positionnée » et s’attendant à « rebondir fortement », le CEO Johan Lundgren a déclaré  hier : « je suis extrêmement fier de la performance de l’équipe d’easyJet face aux défis de 2020. Nous avons réagi de manière robuste et décisive, en minimisant les pertes, en réduisant la consommation de trésorerie et en lançant le plus grand programme de réduction des coûts et de restructuration de notre histoire – tout en collectant plus de £ 3,1 milliards de liquidités à ce jour. EasyJet a non seulement résisté à l’impact de la pandémie, mais dispose désormais d’une base inégalée sur laquelle sortir fortement de la crise. Notre réseau court-courrier inégalé et notre marque de confiance permettront aux clients de choisir easyJet lorsqu’ils reviendront dans le ciel ».

Et il a ajouté : « nous savons que nos clients veulent voler avec nous et que la demande sous-jacente est forte, comme en témoigne l’augmentation de 900% des ventes dans les jours qui ont suivi la levée de la quarantaine pour les îles Canaries en octobre. Et la semaine dernière, nous avons eu la bonne nouvelle concernant un éventuel déploiement imminent d’un vaccin ».

La fermeture de la base d’easyJet à l’aéroport Londres-Stansted, annoncée en aout dernier en même temps que celles de Southend et Newcastle, a entrainé pour le début de la prochaine saison estivale un transfert massif de créneaux de vols. Sur les 372 hebdomadaires qu’elle détenait l’été dernier, 312 ont été transférés à sa rivale irlandaise Ryanair (déjà premier opérateur de la plateforme avec deux tiers des créneaux disponibles). EasyJet ne conservera plus que 58 créneaux hebdomadaires à Stansted, plus selon ch-aviation deux de sa filiale européenne (basée à Vienne) utilisés pour la desserte d’Amsterdam.

Londres conservera deux bases d’easyJet à Luton et Gatwick, cette dernière étant la seule utilisée actuellement. Lors d’un appel d’analystes mardi, le directeur financier d’easyJet Andrew Findlay a qualifié de « cession opportuniste » ce transfert de créneaux horaires, avant de souligner que la low cost n’avait pas l’intention de renoncer à des créneaux horaires dans d’autres aéroports.

EasyJet : perte historique confirmée, créneaux transférés à Ryanair 1 Air Journal

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