L’incident spectaculaire sur un avion de la compagnie aérienne United Airlines est l’un des deux du weekend concernant des moteurs, après celui d’un 747F de Longtail Aviation peu après son décollage de Maastricht au Pays-Bas qui a vu des débris s’écraser sur un village proche de l’aéroport. Deux personnes ont été légèrement blessées. Des enquêtes sont lancées dans les deux pays, tandis que 31 777 sont cloués au sol au Japon.

L’explosion non contenue du réacteur droit d’un 777-200ER de United Airlines parti de Denver le 19 février 2021 a éclipsé un incident similaire arrivé samedi aux Pays-Bas : le Boeing 747-400BCF immatriculé VQ-BWT de la compagnie cargo des Bermudes Longtail Aviation avait décollé de l’aéroport de Maastricht à destination de New York ; et était en pleine ascension quand il a rencontré un problème sur le moteur n°1, un PW4056. L’explosion non contenue a fait tomber des débris sur le village de Meerssen, à environ 2 kilomètres du bout de piste, y compris des pales, plusieurs voitures et maisons étant endommagées.

Selon les autorités du Limbourg, une femme âgée a été blessée à la tête par un débris, tandis qu’en enfant s’est brûlé les doigts en ramassant une pièce. Le 747 a de son côté brûlé son carburant au-dessus des Ardennes avant de se poser sans autre problème une heure plus tard à Liège, l’aéroport belge disposant d’une piste plus longue.

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Aux Etats-Unis, United Airlines a annoncé la nuit dernière un « retrait volontaire et temporaire du service » de ses 24 Triple Sept équipés de moteurs Pratt & Whitney de la série 4000 : « Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec les régulateurs pour déterminer les étapes supplémentaires, et nous nous attendons à ce que seul un petit nombre de clients soit incommodé ». Le NTSB américain a automatiquement ouvert une enquête, les premiers éléments indiquant une fracture de deux pales de la soufflante, tandis que la FAA avait annoncé des inspections « agressives » sur les réacteurs en question (United est le seul opérateur aux USA).

Au Japon, une directive a été émise dimanche par les autorités concernant tous les 777 équipés de ces moteurs PW4000 : ils sont désormais cloués au sol pour une durée indéterminée. Cela concerne 19 appareils d’ANA (All Nippon Airways) et 13 de Japan Airlines, tous utilisés principalement sur des vols intérieurs ou régionaux.

En décembre dernier, un 777-200ER de JAL reliant Okinawa à Tokyo avait été victime d’une explosion non-contenue similaire, personne n’étant blessé. Le JTSB (équivalent local du NTSB américain) avait qualifié cet incident de « sérieux ». 

Il pleut des moteurs aussi aux Pays-Bas 1 Air Journal

©Japan Airlines

Boeing de son côté « surveille activement les événements récents liés au vol 328 de United Airlines. Pendant que l’enquête du NTSB est en cours, nous avons recommandé de suspendre les opérations des 69 777 en service et des 59 777 en stockage propulsés par les moteurs Pratt & Whitney 4000-112, jusqu’à ce que la FAA identifie le protocole d’inspection approprié ». Le constructeur ajoute dans son communiqué : « Boeing soutient la décision prise hier par le Bureau de l’aviation civile du Japon et l’action de la FAA aujourd’hui de suspendre les opérations de 777 avions propulsés par des moteurs Pratt & Whitney 4000-112. Nous travaillons avec ces régulateurs alors qu’ils prennent des mesures pendant que ces avions sont immobilisés et que des inspections sont effectuées par Pratt & Whitney. Des mises à jour seront fournies au fur et à mesure que de plus amples informations seront disponibles ». Dans le reste du monde, Asiana Airlines, Korean Air, EgyptAir et Vietnam Airlines figurent parmi les opérateurs du couple 777/PW4000.

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©Pratt & Whitney