L’arrivée annoncée d’une nouvelle compagnie aérienne low cost long-courrier norvégienne à Paris, où Norwegian Air Shuttle vient d’annoncer sa liquidation, abasourdit le syndicat de pilotes SNPL.

La volonté de la nouvelle spécialiste du vol pas cher Norse Atlantic Airways de lancer en décembre des vols transatlantiques au départ des aéroports de Paris-CDG, de Londres et de sa future base à Oslo, a failli laisser coi le principal syndicat de pilotes français : le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) « reste abasourdi par l’annonce de la création de la nouvelle compagnie aérienne norvégienne », dont l’un des principaux investisseurs « n’est autre que Bjorn Kjos, le cofondateur et ex-CEO de Norwegian Air Shuttle, alors que la liquidation de la Norwegian France et le licenciement de l’ensemble des salariés français ont été annoncés en janvier dernier ».

« Sans gêne aucune », les fondateurs annoncent que cette nouvelle compagnie aérienne norvégienne « reprendra le business model de feu Norwegian Long Haul », et proposera des vols long-courrier à bas coûts en Boeing 787 Dreamliner dès décembre 2021, dont des vols transatlantiques au départ de Paris-CDG, Londres-Gatwick et Oslo-Gardemoen, poursuit le communiqué du syndicat. Pour qui si « d’aucuns se réjouissent de cette annonce pour les salariés français de Norwegian France », c’est un « sentiment de colère qui anime les pilotes ». En effet, le SNPL n’a eu de cesse de dénoncer la manière dont le Groupe Norwegian « gère, ou plutôt ne gère pas » la situation sociale en France. 

Il apparaît donc « inacceptable, pour des dirigeants, de pouvoir simplement dire qu’ils ferment une entreprise dans un pays, et puis disparaître aussitôt dit, laissant ainsi sur le carreau l’ensemble des salariés, sans apporter aucune réponse à toutes leurs questions et inquiétudes légitimes et en ne respectant aucunement les règles du droit du travail français en matière de licenciement ». 

Pour le SNPL, comment accepter qu’une compagnie nouvelle « apparaisse, d’un coup de baguette magique, sur les cendres encore chaudes de Norwegian France, reprenant ses acquis et potentiels, alors que les salariés français et l’Etat français se retrouvent seuls face à la liquidation de Norwegian France ». Et le syndicat rappelle que l’Etat a ouvert le bénéfice de l’activité partielle à Norwegian France, et devra pallier les manquements en matière de liquidation et de licenciement des salariés français via l’AGS.

Il n’y a surtout aucune raison de se réjouir trop vite pour les emplois futurs puisque le fondateur et l’investisseur majoritaire de Norse Atlantic Airways est également le fondateur de la société OSM Aviation. Cette dernière, entreprise spécialisée dans la mise à disposition de personnel navigant (broker) est détenue à 50% par Norwegian ; elle  a ainsi longtemps mis à sa disposition des équipages (PNT et PNC). « Cela ne présage donc rien de bien pour les travailleurs, bien au contraire, cela apparaît comme une façon bien pratique pour les dirigeants de profiter de la crise pour faire du moins disant social, en licenciant d’un côté et en “offrant”, de l’autre, des conditions de travail bien moins avantageuses au personnel navigant se retrouvant sur un marché du travail plus que jamais dégradé », conclut le syndicat.

Lancement de Norse Atlantic à Paris : le SNPL abasourdi 1 Air Journal

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