Rares en période normale, les retards de vols au départ causés par la vérification des documents ont augmenté pour représenter entre 10% et 20% de tous les retards en aéroport en raison de la pandémie de Covid-19, et sont jusqu’à 15 fois plus importants qu’en 2019.

Avec moins de vols en raison de la crise sanitaire, les passagers ont naturellement subi moins de retards, rappelle Eurocontrol, même si le chargement des bagages ou le ravitaillement peuvent encore engendrer des délais ou si l’avion peut avoir besoin d’un contrôle supplémentaire d’un ingénieur. Les données des compagnies aériennes en juillet 2021 montrent selon le gestionnaire du trafic aérien en Europe que le retard moyen par vol au départ était de 11 minutes, « nettement mieux que 18 minutes en juillet 2019 ». Cependant, tous les types de retard ne sont pas en baisse.

Pour suivre et améliorer leurs performances, les compagnies aériennes classent les causes de retard au départ :

  • les causes « primaires », dont la majorité au cours d’un mois type sont liées à l’un des processus propres à la compagnie aérienne, tels que le ravitaillement en carburant ou les contrôles techniques de l’avion ; ces causes « primaire » comprend également les retards liés aux aéroports, tels que les embouteillages sur l’aire de trafic et les retards liés à la gestion du trafic aérien ;
  • et le retard « réactionnaire », qui est un retard reporté d’un vol précédent et qui n’a pas été rattrapé.

Une cause primaire « rare » est la catégorie « Immigration, douanes et santé », par exemple pour les retards au contrôle des passeports. Au cours d’une année type, environ 1% seulement des retards entrent dans cette catégorie selon Eurocontrol. Mais il ne s’agit cependant pas d’une année type : pendant la pandémie, les retards de départ dus à cette dernière cause sont passés de presque rien à 0,6 à 0,8 minutes pour chaque vol (données préliminaires pour juillet). Ce qui représente « 10 à 20% » de tous les retards primaires : ils sont dus au temps supplémentaire nécessaire, « principalement à l’enregistrement », pour vérifier ce dont la destination a spécifiquement besoin, et si les passagers ont la bonne combinaison de certificats de test et de vaccination.

Même si les passagers arrivent tôt, « dans certains cas, ce n’est pas assez tôt », alors qu’il y a de longues files d’attente pour ces contrôles (on rappellera les incidents cet été de Lufthansa, Brussels Airlines ou de Ryanair). De plus, étant des statistiques de départ, elles n’incluent pas de contrôles supplémentaires sur les passagers à l’arrivée, pour lesquels il y a également eu « des rapports anecdotiques de retards substantiels ».

Plus de passagers au cours de l’été signifient que les compagnies aériennes et les aéroports doivent effectuer encore plus de tels contrôles. Eurocontrol s’attend donc à ce que les données d’août « soient aussi mauvaises que celles de juillet », avant qu’elles ne commencent à s’améliorer. Une autre façon de souligner l’avantage des passeports sanitaires numériques, et de la vérification en amont des documents telle que mise en place par Air France, Corsair, KLM ou Brussels Airlines entre autres?

Bits techniques : Les « retards » ici sont mesurés au moment du départ de l’avion de la porte d’embarquement, par rapport à l’horaire. Les retards «réactionnaires» ont tendance à provenir de plusieurs causes principales, il est donc normal de les laisser en bloc, plutôt que de les répartir arbitrairement entre les principales raisons. Les groupes de retard sont une norme mondiale convenue ; ils incluent le code 86, qui est un délai « gouvernemental » couvrant l’immigration, les douanes et la santé.

Eurocontrol : des retards créés par les documents Covid 1 Air Journal

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