La plus grande compagnie aérienne russe, Aeroflot, a installé de nouvelles jambes aux  trains d’atterrissage sur l’un de ses Boeing 777-300ER, 18 mois après que l’exportation de ces pièces et d’autres pièces détachées d’avions vers la Russie a été interdite par les sanctions occidentales.

La compagnie porte-drapeau russe a signalé le 9 août que le premier remplacement pour ce type d’avion dans le pays avait été effectué par Aeroflot Technics, sa filiale MRO. Les travaux de remplacement, qui ont eu lieu dans le hangar d’Aeroflot Technics à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, ont vu le fournisseur MRO installer un ensemble complet de nouvelles jambes, une pour le train d’atterrissage avant et deux pour les principaux. Aeroflot a souligné que le remplacement avait été effectué en stricte conformité avec le guide de maintenance et que l’avion avait déjà été remis en service. Les jambes de train du 777 doivent être changées tous les 10 ans ou tous les 20 000 cycles de vol. Aeroflot Technics avait également signalé en mars le remplacement des jambes de train d’atterrissage de trois Airbus A330 de la flotte de la compagnie aérienne mère.

Aeroflot exploite 20 777-300ER et en possède deux autres qui sont immobilisés depuis plus de six mois, selon le service de suivi Flightradar24. Dix de ces avions ont été rachetés par le transporteur en crédit-bail à un bailleur irlandais anonyme en décembre 2022. La compagnie aérienne n’a pas révélé où elle avait acquis ces pièces longues d’environ 14 pieds (4,3 mètres).

Mais un article du Moscow Time, un quotidien indépendant qui a été délocalisé en 2022 à Amsterdam suite à la guerre en Ukraine et de lois restrictives sur la liberté des médias en Russie, indique que l’importation de pièces de rechange existe bien et que la Russie réussit à contourner les sanctions imposées par les puissances occidentales (début mars, Boeing et Airbus ont arrêté les livraisons de pièces détachées, de maintenance et de support aux compagnies aériennes russes).

Si d’abord, les compagnies russes ont commencé à vider au moins 25 de leurs avions pour en extraire de précieuses pièces détachées, pendant les six premiers mois après le déclenchement de la guerre, des pièces de rechange pour « avions étrangers » ont été importées en Russie pour au moins 171 millions de dollars, a découvert Verstka. La publication a étudié les données douanières, selon lesquelles Aeroflot, S7, Pobeda et Rossiya ont acheté des pièces pour 47 millions de dollars, 35 millions de dollars, 13 millions de dollars et 15 millions de dollars, respectivement. « Des entreprises chinoises et émiraties ont été utilisées pour les importations », indique The Moscow Times.

Le média indique ainsi que les compagnies aériennes russes ont recours à des mesures pour le moins litigieuses niveau sécurité pour remédier aux problèmes de maintenance. Aeroflot, qui a eu des problèmes pour remplacer les freins usés des avions « étrangers », voleraient avec des freins desserrés. Ainsi, au 31 juillet, neuf avions d’Aeroflot volaient avec des « freins désactivés ». Parmi eux, cinq Boeing 777, deux Airbus A321, un A320 et un A330.

Les compagnies aériennes ont recours à de telles mesures lorsqu’il n’est pas possible de remplacer immédiatement le frein en raison d’un dysfonctionnement ou d’une usure du disque dans les limites autorisées. Dans le même temps, il est autorisé de voler avec refus pendant dix jours au maximum, conformément aux consignes de sécurité.

Le service des opérations aériennes d’Aeroflot a averti les pilotes du risque de dépassement de piste sur les avions avec les freins désactivés. « L’avion aura tendance à tourner sur le côté. <…> Faites attention à ce fait, surtout lors de l’atterrissage sur une piste mouillée avec un vent latéral », indique le bulletin.

Toujours selon The Moscow Time, l’année dernière, Aeroflot a réduit de cinq fois le coût des réparations d’avions. Si en 2021, le transporteur a dépensé 19,77 milliards de roubles pour l’entretien des moteurs de navires et d’avions, alors en 2022, seuls 3,86 milliards de roubles ont été alloués à ces fins. Aeroflot a expliqué la réduction des coûts par une baisse des indicateurs de production sur fond de sanctions.

Aeroflot en mode système D pour ses pièces de rechange 1 Air Journal

©Airbus