L’aéroport Guadeloupe-Maryse Condé de Pointe-à-Pitre a connu une nouvelle hausse de fréquentation en 2025, confirmant la reprise du trafic aérien vers l’archipel. Cette dynamique s’accompagne de chantiers d’extension et d’une accélération de la transition environnementale, qui doivent permettre à la plateforme de franchir un nouveau cap à partir de 2026.

L’année dernière, la plateforme a accueilli près de 2,2 millions de passagers, soit une progression d’environ 2% par rapport à 2024. Sur le premier semestre 2025, le trafic cumulé atteignait déjà 1,16 million de passagers, en hausse de 3,8% par rapport à la même période de 2024. Parallèlement, le fret aérien affiche une forte progression, de près de 30% sur les premiers mois de l’année, signe du rôle croissant de Pointe-à-Pitre dans la logistique régionale.

« L’aéroport Guadeloupe-Maryse Condé confirme son rôle stratégique dans la connectivité de l’archipel », souligne la société gestionnaire SAGPC, qui met en avant une « reprise durable du trafic aérien » et « l’attractivité renforcée de la destination Guadeloupe ».

Des capacités renforcées, des tarifs aériens contenus
La croissance de l’aéroport de Pointe-à-Pitre repose d’abord sur les liaisons avec la métropole et l’Europe, qui restent le socle de l’activité, ainsi que sur un regain de dynamisme des flux régionaux caribéens et nord-américains. Son gestionnaire reste prudent face à un contexte économique incertain et à la sensibilité du trafic aux prix des billets d’avion et au pouvoir d’achat des ménages. En effet, les billets d’avion entre la métropole et les Antilles françaises restent élevés ces dernières années post-Covid, en raison de l’augmentation du carburant, de l’inflation et d’une forte demande saisonnière, notamment en juillet-août et pendant les fêtes de fin d’année. Cependant, les renforcements de capacités par Air France, Air Caraïbes et Corsair contribuent à stabiliser les tarifs aériens, avec des offres plus accessibles sur des dates flexibles.

Pour la saison hivernale 2025-2026, Air France opère jusqu’à 17 fréquences hebdomadaires depuis Paris-Orly et Paris-Charles-de-Gaulle vers Pointe-à-Pitre, en gros-porteur Boeing 777-200 ou 777-300ER à certaines dates. À noter qu’à partir du 29 mars 2026, tous les vols de la compagnie tricolore vers les Antilles françaises seront transférés de Paris-Orly vers Paris-CDG. De son côté, Air Caraïbes propose des vols directs quotidiens (et jusqu’à 21 par semaine en période de pointe) depuis Paris-Orly vers la Guadeloupe en Airbus A350. Enfin, Corsair exploite des vols directs entre Paris-Orly et Pointe-à-Pitre en Airbus A330neo, jusqu’à 13 fréquences par semaine selon la période. Elle a inauguré en décembre 2025 une nouvelle liaison directe Nantes – Pointe-à-Pitre (un vol par semaine, jusqu’au printemps 2026).

La concurrence est intense entre ces trois compagnies aériennes françaises, qui se disputent âprement le marché des Antilles françaises. Pour identifier les meilleurs tarifs entre la métropole et la Guadeloupe, le voyageur pourra consulter des comparateurs de billets d’avion comme Promovols ou Skyscanner. Selon leurs données compilées, il faudra compter au minimum environ 645–800 € pour un aller-retour en classe Économique pour un voyage en juillet 2026, et légèrement plus en août (offres dès 650–900 € selon dates). Les tarifs baissent souvent à moins de 600 € (parfois 450–550 €) en période hors saison. Ces tarifs aériens sont sensiblement au même niveau que ceux pratiqués l’année dernière, signalés dans cet article d’Air-Journal sur le renforcement des capacités sur l’axe Métropole-Antilles françaises.

Un symbole culturel avec le nom Maryse Condé
L’année 2025 a aussi été marquée par la montée en puissance de la nouvelle identité de la plateforme, rebaptisée officiellement « Aéroport Guadeloupe–Maryse Condé » en hommage à une romancière indépendantiste trop méconnue. Ce nouveau baptême s’inscrit dans une histoire déjà marquée par plusieurs évolutions d’appellation, l’aéroport ayant successivement porté les noms d’« Aéroport de Pointe-à-Pitre – Le Raizet », puis de « Pôle Caraïbes », avant de revêtir aujourd’hui cette identité culturelle. 

« Ce nom emblématique renforce le lien entre l’aéroport et le territoire », explique la société gestionnaire SAGPC qui entend capitaliser sur cette nouvelle marque pour promouvoir la destination auprès des compagnies aériennes et des tour-opérateurs. Cette dimension symbolique s’ajoute à la fonction économique de la plateforme, présentée comme « un outil majeur au service du développement touristique et des échanges » de l’archipel.

Des perspectives ambitieuses pour 2026
La hausse du trafic en Guadeloupe s’inscrit dans une transformation plus large de l’aéroport de Pointe-à-Pitre, engagé dans un vaste programme de modernisation et d’extension de ses infrastructures. Le Projet de Modernisation, d’Adaptation et d’Extension du Terminal T1 (MADAPTE T1) constitue l’un des chantiers majeurs, avec pour objectif d’améliorer la qualité de service, d’optimiser les flux et d’adapter le terminal aux futurs besoins de capacité.

« Avec ces travaux, l’aéroport sera capable d’accueillir 3 millions de passagers », commente Alain Bièvre, président du directoire de la SAGPC. Il insiste sur la volonté de la plateforme de conjuguer croissance et responsabilité environnementale : « L’aéroport veut s’agrandir tout en réduisant son empreinte carbone », avec des investissements ciblés sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la gestion des déchets.

Pour 2026, Guadeloupe–Maryse Condé vise la poursuite de la croissance du trafic de passagers, avec une montée progressive vers le seuil des 2,3 à 2,4 millions de voyageurs, portée par la consolidation des liaisons existantes et l’ouverture de nouvelles routes, notamment vers le Canada et l’Amérique du Nord. « Avec l’ajout de nouvelles lignes, notamment avec le Canada, l’aéroport veut renforcer son positionnement dans la Caraïbe et sur le marché transatlantique », souligne Alain Bièvre.

L’année qui s’ouvre doit également voir l’accélération des travaux liés au terminal T1 et la poursuite des projets de transition écologique, considérés comme des priorités stratégiques. Le journal local France-Antilles résume ainsi les ambitions de la plateforme : « Un bilan 2025 solide et des perspectives ambitieuses pour 2026 », avec l’objectif d’installer durablement l’aéroport Guadeloupe–Maryse Condé comme hub régional performant et exemplaire sur le plan environnemental.

Voyage en Guadeloupe : trafic en hausse, tarifs aériens stabilisés et chantiers aéroportuaires en vue 1 Air Journal

@Aéroport Guadeloupe-Maryse Condé