Un contrôleur aérien d’Ajaccio, qui s’était endormi en pleine vacation en septembre 2025, a été mis en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui ». L’incident avait contraint un vol Air Corsica à tourner près de vingt minutes au‑dessus du golfe d’Ajaccio avant de pouvoir se poser.
Selon le procureur de la République d’Ajaccio, la chambre de l’instruction de Bastia a mis en examen le contrôleur « du chef de mise en danger de la vie d’autrui ». Cette décision intervient après l’appel du parquet contre son placement initial sous le statut de témoin assisté. La procédure se poursuit donc sur un terrain pénal, même si l’incident n’a pas fait de blessés ni de dégâts matériels.
Les faits remontent au 15 septembre 2025 et concernent un vol Air Corsica en provenance de Paris‑Orly à destination d’Ajaccio‑Napoléon‑Bonaparte. En approche finale, l’équipage ne parvenait pas à établir le moindre contact radio avec la tour de contrôle. « Un vol Air Corsica en provenance d’Orly et à destination d’Ajaccio n’a pas pu établir de contact radio avec la tour de contrôle lors de sa phase d’approche. L’avion a patienté 18 minutes, tournant dans les airs, au‑dessus du golfe d’Ajaccio », avait confirmé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Un contrôleur endormi, réveillé par les pompiers
Face au silence du contrôle aérien, le commandant de bord a alerté les services au sol, notamment les pompiers de l’aéroport. Ces derniers sont montés alors à la tour de contrôle pour vérifier la situation. « L’intervention des pompiers de l’aérodrome à la tour de contrôle a permis de constater que le contrôleur de service s’était endormi à son poste », avait expliqué la DGAC. Une fois le contrôleur réveillé, « le vol a atterri en sécurité dans les conditions prévues et les opérations ont pu reprendre normalement ». Le commandant de bord confiera alors à ses passagers que, « en plusieurs décennies de carrière », il n’avait « jamais eu à gérer un tel scénario ».
Une enquête judiciaire et administrative
Dès les premiers jours, deux investigations parallèles sont ouvertes. La DGAC lance une enquête technique interne sur l’organisation du contrôle aérien à Ajaccio, tandis que le parquet d’Ajaccio saisit la brigade de gendarmerie des transports aériens. « À la suite de l’incident concernant la rotation aérienne Paris‑Ajaccio lundi en fin de journée, et parallèlement à l’ouverture d’une enquête par les services de la DGAC, le parquet a décidé d’ouvrir une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui », indiquait déjà à l’époque le procureur dans un communiqué.
Le cas est qualifié d’« événement inédit » dans le contrôle aérien français, même si des incidents de ce type ont pu être signalés ailleurs dans le monde. Il a relancé le débat sur la présence d’un seul contrôleur en service sur certaines plages horaires dans des aéroports régionaux de l’hexagone.

©Air Corsica
Serge13 a commenté :
21 février 2026 - 10 h 44 min
Parfait.
En espérant que celui de Nice qui n’a pas aiguillé le vol Nouvelair aura la même
21 février 2026 - 13 h 47 min
petite question .il etait seul dans la tour de contrôle ??? n y a t il pas des normes ou la tour de contrôle doit avoir en permanence 2 contrôleurs ?? s il est seul et qu il fait un malaise cardiaque comment fait on ???? bizarre