Ryanair muscle sa présence en Croatie pour l’été 2026 avec un programme estival record, misant sur neuf avions basés, 118 lignes et 4,3 millions de sièges, soit une hausse de capacité de 5% sur un an. Le groupe low cost entend capitaliser sur les coûts aéroportuaires jugés compétitifs en Croatie, tout en accentuant sa pression sur Zagreb pour obtenir la suppression d’une taxe de l’aviation civile qu’il qualifie d’« obsolète ».
Neuf avions basés et 118 lignes
Pour la saison été 2026 (S26), Ryanair déploiera neuf appareils basés dans le pays, répartis entre ses trois bases croates : Dubrovnik, Zadar et Zagreb, pour un investissement annoncé de 900 millions de dollars. Le programme couvrira sept aéroports croates, avec 118 routes, plus de 850 vols hebdomadaires et une capacité globale de 4,3 millions de sièges, soit une croissance d’environ 5% par rapport à l’été précédent.
Deux nouvelles liaisons au départ de Dubrovnik vers Budapest et Gdansk viendront compléter le réseau, renforçant la connectivité de la côte adriatique vers l’Europe centrale et le nord du continent. Ryanair affirme que cette montée en puissance soutiendra plus de 3 500 emplois directs et indirects en Croatie, en lien avec ses opérations.
Une Croatie gagnante de la réallocation de capacité
La compagnie souligne que la Croatie fait partie des marchés européens où le trafic et le tourisme ont le mieux rebondi après la crise sanitaire, grâce à des coûts d’accès jugés compétitifs, notamment en matière de redevances aéroportuaires. Ryanair indique avoir réalloué une partie de sa capacité depuis des marchés perçus comme plus chers, comme l’Autriche, la France ou l’Allemagne, où la combinaison taxes d’aviation et redevances élevées freinerait la reprise et la croissance.
« La Croatie continue d’enregistrer une forte croissance du trafic et du tourisme grâce à des coûts d’accès compétitifs, qui ont permis à Ryanair d’étendre son offre à bas prix et de s’attaquer au problème de la saisonnalité dans le pays », a déclaré Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair, lors d’une prise de parole à Zagreb. Selon lui, ces conditions « ont permis aux aéroports croates de bénéficier de la réallocation de capacité depuis des marchés à coûts élevés tels que l’Autriche, la France et l’Allemagne ».
Offensive contre la taxe de l’aviation civile et les PSO
En toile de fond, Ryanair profite de cette annonce pour pousser un agenda plus politique vis‑à‑vis de Zagreb. Le transporteur appelle le gouvernement croate à supprimer la taxe de l’Autorité de l’aviation civile (CAA Tax), présentée comme « dépassée » et augmentant inutilement les coûts pour les compagnies et les passagers sur l’ensemble des lignes.
La compagnie propose de financer cette suppression en réduisant les subventions versées au titre des obligations de service public (Public Service Obligation, PSO), qui soutiennent un nombre limité de liaisons intérieures et régionales. « Ryanair appelle le gouvernement croate à arrêter de gaspiller l’argent des contribuables sur une poignée de routes PSO et à utiliser ces fonds pour abolir la CAA Tax, ce qui renforcerait la position de la Croatie comme marché attractif et pro‑croissance », insiste Jason McGuinness.
Cette critique s’inscrit dans une stratégie déjà observée dans d’autres pays européens, où Ryanair oppose régulièrement les marchés qu’elle estime « pro‑croissance » — avec redevances modérées et peu de taxes spécifiques — à ceux jugés « régressifs », en particulier lorsque des écotaxes ou hausses de redevances frappent l’aviation. En Croatie, l’enjeu est de préserver un environnement de coûts favorable afin de sécuriser de futurs investissements et une activité davantage étalée sur l’année, au‑delà du pic estival.
Un levier pour le tourisme et la connectivité
Avec un réseau qui dépassera les 850 fréquences hebdomadaires, Ryanair se positionne comme l’un des principaux vecteurs de connectivité pour la Croatie, tant pour le tourisme incoming que pour la clientèle locale. L’expansion des bases de Dubrovnik, Zadar et Zagreb doit contribuer à renforcer la desserte de destinations clés sur les marchés émetteurs européens, à l’image de la Hongrie ou de la Pologne via Budapest et Gdansk.
La compagnie insiste sur l’impact économique plus large de cette montée en puissance, en évoquant le rôle de l’aviation dans la désaisonnalisation du tourisme, enjeu récurrent pour les destinations adriatiques. Selon des chiffres de fréquentation publiés par les autorités croates ces dernières années, l’essor des low cost a fortement contribué à l’augmentation du nombre de visiteurs, notamment dans les aéroports côtiers, même si la dépendance au tourisme reste un sujet de débat économique et environnemental.

Manfou a commenté :
23 février 2026 - 11 h 51 min
Comme d’habitude le beurre et l’argent du beurre. S’il y a des taxes c’est qu’il y a des raisons. Sinon bon vent et va pleurer ailleurs 😡
SERGE13 a commenté :
23 février 2026 - 13 h 47 min
Le patron de Air France racontait la même chose jusqu’à ce que les résultats financiers tombent… Maintenant ce ne sont plus les taxes (on le sait, ça n’a jamais freiné les voyageurs) mais l’Asie. Il menace donc de ne plus desservir ce continent. Finalement ils sont les mêmes non?
Patocheinho a commenté :
23 février 2026 - 14 h 10 min
Toujours à être plaintif sur les taxes alors que l’aviation internationale est un des modes de transport le moins taxé (pas de TVA, pas de kérosène taxé).