Le Département américain des Transports (USDOT) a donné son feu vert à la demande d’American Airlines pour exploiter des liaisons directes entre Miami et les villes vénézuéliennes de Caracas et Maracaibo.

Ces vols seront opérés par Envoy, filiale régionale de la compagnie aérienne américaine, dans le cadre d’une autorisation valable pour deux ans. Selon les documents publiés à Washington, Envoy pourra assurer des rotations quotidiennes au départ de Miami, en Floride, sous réserve du maintien de conditions de sécurité jugées satisfaisantes par les autorités américaines. « Cette approbation marque la première reprise de vols américains vers le Venezuela en plus de six ans », souligne l’USDOT dans son ordonnance.

Fin progressive d’une interdiction instaurée en 2019
Les liaisons directes entre les États-Unis et le Venezuela avaient été suspendues en mai 2019, sur décision de Washington, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire et politique dans le pays. L’Administration fédérale de l’aviation (FAA) avait alors mis en garde contre un « environnement de sécurité dégradé » et des risques liés aux opérations militaires dans l’espace aérien vénézuélien.

Cette suspension s’inscrivait dans le cadre plus large du régime de sanctions américaines visant le gouvernement chaviste de Nicolás Maduro, accusé de violations des droits humains et de dérives autoritaires. Les compagnies aériennes américaines avaient cessé leurs vols, et plusieurs transporteurs internationaux avaient également réduit ou interrompu (dont Air France) leur desserte du pays sud-américain.

En janvier 2026, le président Donald Trump a demandé au Département des Transports de lever la directive de 2019 interdisant les vols américains vers le Venezuela, dans le cadre d’un réajustement de la politique américaine après la capture de l’homme fort vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines. Avec la normalisation progressive des relations entre Washington et Caracas, plusieurs compagnies aériennes ont repris ou annoncé la reprise de leurs vols vers le Venezuela, parmi lesquelles, Avianca, Copa Airlines, Air Europa, Iberia, Turkish Airlines, LATAM, Wingo, GOL et TAP Air Portugal.

Un geste politique et un enjeu économique
La reprise des vols américains vers le Venezuela illustre un début de détente entre Washington et Caracas, même si la plupart des sanctions économiques restent en vigueur. Les États-Unis entendent tester la capacité des nouvelles autorités vénézuéliennes à garantir la sécurité des infrastructures aéroportuaires et la stabilité du pays.

Des inspecteurs de la Transportation Security Administration (TSA) se sont récemment rendus à l’aéroport international de Caracas pour vérifier les procédures de sûreté et les dispositifs de contrôle. « L’évaluation de la sécurité à Caracas était une étape cruciale pour la reprise des vols », souligne une source proche du dossier, citée par Reuters.

Pour American Airlines, le retour au Venezuela représente aussi un enjeu commercial. Avant 2019, la compagnie aérienne américaine était l’un des principaux transporteurs américains sur ce marché, avec une clientèle composée à la fois de voyageurs d’affaires, de touristes et de membres de la diaspora vénézuélienne installée aux États-Unis, en majorité à Miami.

États-Unis–Venezuela : feu vert à American Airlines pour desservir Caracas et Maracaibo 1 Air Journal

Aéroport de Caracas @AJ/DR