L’Inde engage plus de 3 milliards de dollars pour doper son aviation régionale avec 100 nouveaux aéroports et 200 héliports, prolongeant de dix ans le programme UDAN et visant un réseau de 350 à 400 plateformes à l’horizon 2047.

Le gouvernement indien a validé un plan d’investissement d’environ 3,06 milliards de dollars (près de 28 840 crores de roupies) destiné à étendre en profondeur l’écosystème aérien du pays. Selon le ministère de l’Aviation civile, ce programme prévoit le développement de 100 nouveaux aéroports, principalement à partir d’aérodromes non desservis, ainsi que de 200 héliports destinés aux régions reculées ou difficiles d’accès. Ces infrastructures s’inscrivent dans une version « modifiée » de la politique de connectivité régionale UDAN (Ude Desh ka Aam Nagrik, « Que le citoyen ordinaire puisse voler »), qui sera prolongée pour dix ans supplémentaires, de l’exercice 2026‑2027 à 2035‑2036. L’enveloppe couvre à la fois les investissements physiques (modernisation d’aérodromes, création de héliports) et des mécanismes de soutien à l’exploitation, notamment l’aide à l’exploitation et le financement de déficit de viabilité (« viability gap funding ») pour les compagnies régionales.

UDAN prolongé : subventions et continuité opérationnelle

Lancé en 2016, UDAN combine subventions aux transporteurs et prise en charge partielle de certains coûts afin de rendre économiquement soutenables des liaisons qui seraient, sinon, déficitaires. D’après les chiffres communiqués par le gouvernement, le dispositif a permis de mettre en service plus de 660 nouvelles lignes, d’ouvrir ou de réactiver près d’une centaine d’aéroports, et d’acheminer plus de 16 millions de passagers depuis son lancement.

Le ministre de l’Aviation civile, Ram Mohan Naidu Kinjarapu, a salué une décision « historique » pour le secteur, rappelant qu’« au cours des dix dernières années, UDAN a permis d’ajouter 663 nouvelles routes et 95 nouveaux aéroports ». Il a ajouté qu’avec la nouvelle phase, « 100 aéroports supplémentaires et 200 héliports seront ajoutés », soulignant que « les aéroports ne sont pas seulement des hubs de transit, mais aussi des moteurs économiques pour les régions ».

Objectif : 350 à 400 aéroports d’ici 2047

Cette extension s’aligne sur la vision à long terme du Premier ministre Narendra Modi, qui a fixé pour horizon 2047 un réseau de 350 à plus de 400 aéroports, contre environ 160 à 163 plateformes opérationnelles aujourd’hui. Le chef du gouvernement a rappelé début 2026 qu’« il est estimé que d’ici 2047, l’Inde comptera plus de 400 aéroports », insistant sur la constitution d’un maillage dense pour soutenir l’essor économique et touristique du pays.

Entre 2014 et 2025, le nombre d’aéroports en Inde est passé d’environ 74 à plus de 160, dans le sillage de l’ouverture d’aérodromes secondaires et de l’activation de nouvelles plateformes régionales. La nouvelle étape vise à changer d’échelle, en ciblant en priorité les États du Nord‑Est, les régions montagneuses, les districts dits « aspirationnels » ainsi que certains territoires insulaires, où la desserte par la route ou le rail reste limitée.

Limites du modèle

Les résultats d’UDAN restent néanmoins contrastés : plusieurs analyses indiquent qu’une part significative des routes inaugurées dans le cadre du programme initial ont cessé d’être exploitées, faute de rentabilité durable malgré les aides. La version « modifiée » du dispositif prévoit une meilleure calibration des subventions, un recentrage sur les liaisons présentant un potentiel de trafic suffisant et un soutien encadré à l’exploitation et à la maintenance d’environ 441 aérodromes sur une période limitée.

UDAN prolongé jusqu’en 2036 : New Delhi relance sa révolution aérienne régionale 1 Air Journal

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