Ryanair a transporté 15,8 millions de passagers en mars 2026, soit une hausse de 5% sur un an, avec un taux de remplissage stable à 93% malgré un environnement particulièrement tendu pour le transport aérien. La low cost irlandaise affiche ainsi un trafic en progression sur fond de flambée des prix du kérosène, de retards de livraisons chez Boeing et de pressions fiscales accrues en Europe.

Selon son communiqué, Ryanair a accueilli 15,8 millions de passagers en mars 2026, contre 15,0 millions un an plus tôt. Le trafic mensuel progresse ainsi de 5%, pour un taux de remplissage inchangé à 93%. La compagnie précise avoir opéré plus de 88 000 vols au cours du mois. Sur douze mois glissants, la low cost a transporté 208,4 millions de passagers, en hausse de 4% par rapport aux 200,2 millions enregistrés un an auparavant. Un trafic de passagers qui confirme la position de Ryanair de première compagnie aérienne européenne. Le coefficient d’occupation moyen reste élevé, à 94% sur la période, ce qui confirme la solidité de la demande.

Ryanair souligne que ces résultats interviennent « dans un contexte de forte demande pour les voyages à bas prix à travers l’Europe », tout en maintenant des coefficients de remplissage proches de leurs plus hauts niveaux.

Une croissance sous contraintes de flotte
Cette progression intervient alors que Ryanair reste limitée par des problèmes de capacité liés à Boeing. Les retards de livraison de 150 737 MAX-10 commandés (le monocouloir n’est pas encore certifié) ont conduit la low cost à revoir à la baisse ses ambitions de croissance pour l’exercice 2025‑2026, avec une prévision ramenée à 208 millions de passagers au lieu des 210 millions espérés.

La low cost attend aussi encore la livraison de quelques monocouloirs 737 MAX 8‑200 sur une commande de 210 exemplaires. « Nous ne nous attendons plus à ce que Boeing livre suffisamment d’avions (…) nous récupérerons cette croissance retardée du trafic en 2026 au lieu de 2025 », expliquait récemment la direction dans son point financier. Cette contrainte de flotte limite la possibilité d’ajouter des fréquences ou d’ouvrir autant de nouvelles lignes que prévu, alors même que la demande reste robuste.

Pénurie de kérosène et choc énergétique
À ces contraintes industrielles s’ajoute la crise énergétique liée au conflit au Moyen‑Orient, qui fait flamber les cours du kérosène et pèse sur l’approvisionnement européen. Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a prévenu que jusqu’à 25% des besoins en carburant de sa compagnie pourraient être menacés en mai‑juin si le détroit d’Ormuz reste fermé.

« Nous pensons qu’il existe un risque raisonnable qu’un faible niveau, peut‑être 10%, 20%, 25% de nos approvisionnements puisse être en danger en mai et juin », a‑t‑il déclaré, en mettant en garde contre de possibles perturbations de vols. Ryanair a par ailleurs suspendu de nouvelles opérations de couverture sur le kérosène, face à la volatilité des prix déclenchée par la guerre en Iran. Egalement, elle a déjà dû annuler des vols dans certains pays à cause de tensions locales sur le carburant, illustrant la fragilité de la chaîne d’approvisionnement.

Pression fiscale et risque de hausse des tarifs
Sur le front réglementaire, Ryanair dénonce depuis plusieurs mois la hausse des taxes et redevances qui pèse sur son modèle à bas coût. Entre les surtaxes environnementales, l’augmentation des redevances aéroportuaires et les contributions nationales, elle estime que le prix final payé par le client risque de grimper, même avec des coûts unitaires maîtrisés.

Michael O’Leary a déjà prévenu que les retards de livraison des avions combinés à la tension sur le carburant devraient se traduire par une hausse des billets d’avion cet été. Dans sa dernière intervention, il a précisé s’attendre à une hausse d’au moins 3% des tarifs estivaux en glissement annuel, en raison de la combinaison « contraintes de capacité et prix du pétrole plus élevés ».

Un trafic solide malgré les vents contraires
Malgré ces vents contraires, les chiffres de mars montrent que Ryanair continue de capter une forte demande pour les voyages à bas coûts en Europe. La low cost irlandaise reste l’un des principaux bénéficiaires du rebond post‑Covid et des arbitrages budgétaires des ménages, qui privilégient les transporteurs les moins chers.

« Plus le conflit durera, plus la situation sera sombre », avertit toutefois Michael O’Leary, en référence à la guerre au Moyen‑Orient et à la fermeture de plusieurs espaces aériens. Entre pénurie de kérosène, retards chez Boeing et hausse des taxes, la low cost irlandaise devra composer dans les prochains mois avec un environnement opérationnel compliqué, tout en essayant de préserver sa croissance de trafic et sa promesse de tarifs bas.

Ryanair : 15,8 millions de passagers en mars, sur fond de crise du carburant 1 Air Journal

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