Michael Rousseau, président et chef de la direction d’Air Canada, prendra sa retraite d’ici la fin du troisième trimestre 2026, suite à des critiques sur sa maîtrise du français. Son départ s’accompagne d’un pactole de plus de 13,5 millions $ en titres et d’une rente viagère.

«Le conseil d’administration d’Air Canada a annoncé aujourd’hui que Michael Rousseau l’a informé de sa décision de prendre sa retraite d’ici la fin du troisième trimestre de 2026, après près de deux décennies de leadership solide et dévoué qui a renforcé la position d’Air Canada en tant que chef de file de l’industrie du transport aérien au pays et à l’échelle mondiale », indique la compagnie aérienne canadienne dans un communiqué.

Michael Rousseau était sur la sellette depuis la semaine dernière, quand il avait publié un message de condoléances en anglais au lendemain de la collision mortelle d’un appareil d’Air Canada à l’aéroport LaGuardia (New York), qui avait coûté la vie à deux pilotes dont un Québécois francophone. Le dirigeant s’est ainsi attiré les foudres de plusieurs élus canadiens au sujet de ce message quasi exclusivement anglophone.

Appel à la démission qui se multiplient
Les appels à sa démission se sont multipliés dans les derniers jours après la diffusion de ce message de condoléances anglophone. En fait, Michael Rousseau n’avait pas d’autre choix que de quitter son poste de PDG d’Air Canada, après une motion unanime de l’Assemblée nationale réclamant son départ.

Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a accueilli sobrement la décision. Sans nommer les critiques linguistiques, il a déclaré : « Le gouvernement du Canada continuera de travailler étroitement avec la direction et le conseil d’administration d’Air Canada afin de veiller à ce que la compagnie offre un service sûr, fiable, abordable et bilingue à l’ensemble des Canadiens ».

Un pactole de plusieurs millions à la clé
Michael Rousseau ne quitte pas Air Canada les poches vides. Le patron sortant bénéficiera d’une rente viagère annuelle de 763 500 dollars canadiens, versée jusqu’à la fin de ses jours. Cette somme s’ajoute à la rémunération totale de 13,1 millions de dollars qu’il a perçue au cours de l’année 2025. En comparaison, sa rémunération était de 12,4 millions de dollars en 2024.

Au-delà de cette rente généreuse, le PDG sortant quitte également l’entreprise avec un portefeuille imposant de rémunération sous forme d’actions. Il détient en effet des options d’achat d’actions — c’est-à-dire le droit d’acquérir des titres à un prix déterminé à l’avance — ainsi que des unités d’actions, soit des titres promis qui seront attribués ultérieurement. La valeur combinée de ces instruments financiers non encore encaissés dépasse actuellement les 13,5 millions de dollars, d’après les documents déposés par Air Canada.

Des règles assouplies à point nommé
Tout en rendant publique le départ de Michel Rousseau, le conseil d’administration a validé une circulaire qui modifie avantageusement les conditions de retraite des hauts dirigeants. Cette modification offre au dirigeant sortant une marge de manœuvre considérablement élargie. Concrètement, il pourra attendre le moment le plus propice pour vendre ses titres, sans subir la pression d’un calendrier serré. « En d’autres termes, si le cours de l’action d’Air Canada traverse une période difficile, Michael Rousseau aura tout le loisir de patients jusqu’à une remontée pour maximiser ses gains », explique la circulaire.

L’ensemble de ces avantages — rente à vie, millions en titres boursiers et assouplissement des règles juste avant son départ — soulève inévitablement des questions sur la gouvernance de la compagnie à la feuille d’érable. Le dossier risque d’alimenter le débat public dans les mois à venir, alors que le processus de succession à la tête d’Air Canada se met en branle…

Air Canada : départ controversé du PDG Michael Rousseau avec des millions en titres et une rente à vie 1 Air Journal

Michel Rousseau @Air Canada