En mars 2026, l’aéroport de Francfort a accueilli environ 4,7 millions de passagers, soit une progression de 2,1 % sur un an, en dépit de deux jours de grève et de fortes perturbations du trafic vers le Moyen-Orient.

La crise iranienne, qui a entraîné des fermetures d’espaces aériens et de nombreuses annulations de vols dans la région, a fait chuter de près de 70 % les flux entre Francfort et le Golfe. Mais la montée en puissance des marchés africains et asiatiques, combinée à un trafic globalement résilient à l’échelle mondiale, a permis à Fraport de clore le premier trimestre sur une croissance modérée à son hub et plus marquée dans ses aéroports internationaux.

Francfort résiste aux grèves et au chaos au Moyen-Orient

Selon les données publiées par Fraport, le hub de Francfort a vu son trafic passagers progresser en mars à environ 4,7 millions de voyageurs, soit +2,1 % par rapport à mars 2025. Ce résultat intervient dans un contexte très dégradé : environ 100 000 passagers ont été directement touchés par deux jours de grève liés à Lufthansa, entraînant annulations et reprogrammations en chaîne.

La situation géopolitique au Moyen-Orient a porté un second coup aux statistiques de l’aéroport. Depuis fin février, la région est frappée par l’escalade du conflit impliquant l’Iran, qui a conduit à la fermeture ou à des restrictions sur plusieurs espaces aériens et à la suspension de nombreux vols européens vers Israël, le Golfe et certaines capitales régionales. « En quelques heures, le ciel du Moyen-Orient s’est presque entièrement vidé », résume un article spécialisé, évoquant des annulations en série de compagnies comme British Airways, Aegean ou encore KLM.

Pour Francfort, cela se traduit par un effondrement du trafic vers le Moyen-Orient, en baisse de 68,6 % sur le mois. Ce recul spectaculaire illustre une tendance plus large en Europe, où plusieurs gestionnaires aéroportuaires, comme le Groupe ADP, anticipent un impact durable des restrictions d’accès à certains espaces aériens à partir de mars 2026.

L’Afrique et l’Asie prennent le relais

Si le Moyen-Orient se contracte brutalement, d’autres régions montent en puissance et soutiennent la courbe de trafic de Francfort. En mars, Fraport indique que le nombre de passagers vers l’Afrique a bondi de plus de 22 %, porté par la consolidation des liaisons de loisirs et la reprise de certaines dessertes affaires.

L’Asie confirme, elle, son rôle de moteur de la croissance mondiale du transport aérien. À Francfort, les flux vers la Thaïlande, l’Inde ou encore la Chine progressent nettement, dans le sillage d’une demande soutenue pour les voyages long-courriers et d’une normalisation progressive des capacités sur ces marchés. L’Association internationale du transport aérien (IATA) anticipe d’ailleurs pour 2026 une croissance de près de 5 % du trafic passagers mondial, tirée essentiellement par l’Asie‑Pacifique, même si les tensions géopolitiques et le coût du carburant restent des facteurs de risque.

Cette recomposition géographique du trafic n’est pas propre à Francfort. En France, les statistiques publiques de la DGAC montrent par exemple un repli persistant du trafic intérieur, quand l’international, notamment vers les destinations de loisirs, demeure orienté à la hausse. De même, les grands hubs européens enregistrent une progression globalement modérée mais régulière, de l’ordre de 3 à 4 % en 2025‑2026, malgré les crises successives.

Trafic stable en cargo, mouvements en légère baisse

Sur le segment cargo, Francfort confirme son rôle de plateforme majeure mais sans véritable envol. Les volumes de fret et de courrier se sont établis à environ 185 000 tonnes en mars, en légère hausse de 0,4 % seulement. Ce quasi‑statu quo intervient alors que le fret mondial reste pénalisé par la faiblesse de certains échanges et les perturbations logistiques, mais bénéficie en parallèle d’une demande soutenue pour certaines filières industrielles et pharmaceutiques.

Plus révélateur encore de l’évolution du modèle opérationnel, le nombre de mouvements d’avions à Francfort recule de 1,1 % sur un an. Autrement dit, l’aéroport accueille moins de décollages et d’atterrissages, mais avec des coefficients de remplissage plus élevés et des appareils souvent de plus grande capacité, ce qui permet de concilier croissance modérée du trafic et maîtrise des créneaux.

Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, Francfort a traité 12,7 millions de passagers, soit une hausse de 2,3 % par rapport à la même période de 2025. Une progression modeste, mais qui s’inscrit dans la tendance d’un trafic européen « bridé » par les tensions géopolitiques, les contraintes environnementales et les limites de capacité de certaines flottes.

Fraport dopé par ses aéroports internationaux

Là où Francfort avance à petits pas, les autres plateformes du groupe Fraport affichent une dynamique plus soutenue. En mars 2026, le trafic total de l’ensemble des aéroports gérés par Fraport dans le monde a atteint 10,3 millions de passagers, en hausse de 5,1 % sur un an. Sur le premier trimestre, le groupe revendique 28,6 millions de voyageurs, soit +5,2 %.

Les croissances les plus marquées proviennent de plusieurs marchés clés : le Brésil, la Grèce, la Bulgarie et la Turquie. Fraport gère notamment les aéroports de Fortaleza et Porto Alegre au Brésil, qui ont déjà connu des progressions à deux chiffres ces dernières années, portées par la vigueur du marché intérieur. En Grèce, ses 14 aéroports régionaux bénéficient de la désaisonnalisation progressive du tourisme, avec un étalement des flux au‑delà de la haute saison estivale. Les plateformes bulgares de Burgas et Varna, ainsi que les aéroports turcs du réseau Fraport, profitent, eux, d’un positionnement fort sur les trafics loisirs et de correspondance, notamment à destination des marchés européens et russophones.

Francfort freiné par les grèves et le Moyen‑Orient, Fraport porté par ses aéroports étrangers  1 Air Journal

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