Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et plusieurs organisations internationales alertent sur un risque de pénurie de pétrole dès cet été si le trafic maritime ne revient pas à la normale dans le détroit d’Ormuz. Un scénario qui ferait flamber le prix du kérosène et pèserait lourdement sur le transport aérien civil.
Le cœur des inquiétudes se situe dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20% des hydrocarbures mondiaux. La guerre opposant les États‑Unis et Israël à l’Iran a entraîné des fermetures et de lourdes restrictions sur ce couloir stratégique.
« Les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme record du fait de la perte majeure de livraisons passant par le détroit d’Ormuz », avertissent dans un communiqué commun le FMI, la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon ces institutions, si la circulation maritime ne revient pas rapidement à la normale, la baisse continue des réserves « représenterait un risque accru en termes de sécurité énergétique et plus largement de résistance de l’économie ».
Un risque de pénurie dès l’été
Les organisations internationales pointent un horizon de plus en plus proche : celui du pic de demande de l’été dans l’hémisphère Nord. Elles estiment que, sans normalisation rapide du trafic maritime dans le Golfe, les stocks pourraient être insuffisants pour absorber ce surcroît de consommation, kérosène pour l’aviation, essence pour véhicules terrestres, etc.
Pour l’heure, le recours aux réserves stratégiques et un tassement partiel de la demande ont permis de contenir le choc, même si « cela ne signifie pas que cette adaptation s’est faite sans difficultés partout ». Mais ces marges de manœuvre ne sont pas illimitées. L’AIE souligne que l’absence de nouvelles cargaisons chargées dans le Golfe depuis le début de la guerre rend la situation « plus critique en avril qu’en mars ».
Le kérosène, nerf de la guerre pour l’aviation
Dans ce contexte, le transport aérien civil se trouve en première ligne. Le kérosène représente souvent entre 25% et 35% des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, un poste extrêmement sensible à la volatilité du baril. Depuis le début de la crise au Moyen‑Orient, plusieurs rapports soulignent que le coût du carburéacteur a « plus que doublé » sur certaines périodes, entraînant une pression immédiate sur les tarifs aériens.
En mai, la flambée du kérosène poussait des compagnies aériennes à réduire leur offre de sièges et à ajuster leurs programmes de vols, afin de préserver leur rentabilité. Une pénurie de pétrole ou une nouvelle envolée des prix rendraient ces arbitrages encore plus brutaux, avec à la clé des coupes de capacité, des reroutages coûteux et des hausses de prix pour les passagers. Les compagnies aériennes asiatiques, qui dépendent largement des approvisionnements de pétrole du Golfe, sont les exposées.
Tarifs sous pression et risques sur l’offre de vols
Une raréfaction de l’offre de pétrole, même temporaire, renchérirait directement le kérosène livré aux compagnies. Pour absorber ce choc, les transporteurs disposent de quelques leviers : recourir à des couvertures financières, optimiser les plans de vol, utiliser des avions plus économes, ou réduire les fréquences sur les routes les moins rentables.
Mais ces marges de manœuvre ont leurs limites. Les organisations internationales préviennent qu’une baisse prolongée des stocks « avant le pic de demande de l’été » pourrait contraindre certains opérateurs à réduire fortement leur activité. Les lignes longues et gourmandes en carburant, comme les vols intercontinentaux, seraient particulièrement exposées, avec un risque de voir les prix des billets grimper et l’offre se concentrer sur les routes les plus demandées.

@AirAsia
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