L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a durci ses recommandations pour les transporteurs de l’Union européenne et les compagnies non européennes opérant sous autorisation européenne, leur enjoignant d’éviter l’espace aérien de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis et une portion du golfe d’Oman dans la FIR de Mascate.
Ce nouveau bulletin CZIB, valable jusqu’au 29 juillet 2026 sauf révision anticipée, intervient alors que les échanges de missiles et de drones entre les États-Unis et l’Iran se multiplient et que le détroit d’Ormuz est à nouveau au cœur des tensions.
Un CZIB élargi à tout le Golfe
Dans son dernier Conflict Zone Information Bulletin consacré au Moyen-Orient et au Golfe, EASA estime que « le niveau de risque pour l’aviation civile est élevé » dans les espaces aériens de Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis, y compris au‑dessus du golfe d’Oman à l’ouest du méridien 58°E au sein de la FIR de Mascate. L’agence recommande aux opérateurs « de ne pas effectuer d’opérations » dans ces espaces à quelque altitude que ce soit et de contourner également la zone définie du golfe d’Oman, tout en surveillant de près les NOTAM et les avis des autorités nationales.
Cet avertissement élargi complète des avis déjà en vigueur sur l’Iran, l’Irak et le Liban, pour lesquels EASA demande depuis début juillet aux compagnies de « ne pas opérer dans les espaces aériens iranien et irakien jusqu’au 31 août », là encore en raison de risques jugés trop élevés pour le trafic civil. L’agence rappelle qu’elle « continue de surveiller heure par heure l’évolution de la situation avec les institutions de l’UE et les États membres » et qu’elle ajustera ses évaluations en fonction du contexte sécuritaire.
Missiles, drones et risque de mauvaise identification
EASA fonde son avertissement sur une combinaison de facteurs militaires et techniques, parmi lesquels la multiplication des frappes de missiles balistiques iraniens contre des bases américaines en Jordanie et dans le Golfe, et les ripostes répétées des forces américaines. L’agence souligne que « la présence d’importantes installations militaires américaines dans la région augmente le risque que les États concernés par ce bulletin […] soient directement exposés à des attaques de missiles et de drones iraniens », avec en corollaire un danger accru pour les aéronefs civils.
Des corridors Europe–Asie de plus en plus étroits
Pour les transporteurs européens, l’effet immédiat de ces recommandations est de restreindre encore davantage des corridors déjà mis à mal par les fermetures ou restrictions d’espaces aériens en Iran, en Irak, en Israël, en Jordanie, au Liban et dans une large partie de l’Arabie saoudite depuis la fin février. Comme le constatait récemment EASA, « les conflits, et surtout l’extension de la guerre au Moyen-Orient impliquant l’Iran, rétrécissent dangereusement les couloirs de vol entre l’Europe et l’Asie », obligeant les compagnies à rallonger leurs routes et à multiplier les contournements.

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