Volotea et ITA Airways franchissent une nouvelle étape dans leur rapprochement en lançant un accord de partage de codes bilatéral, effectif depuis le 15 avril 2026, qui doit porter à 104 le nombre de combinaisons origine‑destination possibles entre l’Italie et le reste de l’Europe.
Volotea, spécialiste des liaisons entre villes européennes de petite et moyenne taille, et ITA Airways, compagnie de référence italienne, annoncent la mise en œuvre de leur accord de partage de codes bilatéral, entré en vigueur le 15 avril 2026. Ce partenariat, présenté comme une évolution naturelle de la coopération engagée entre les deux groupes, vise à « renforcer les liens entre l’Italie et l’Europe » tout en élargissant les possibilités de voyage pour les passagers. Concrètement, les vols de Volotea vers Rome‑Fiumicino seront intégrés au réseau d’ITA Airways au départ de son hub romain, avec jusqu’à 104 combinaisons origine‑destination (O&D) proposées sur un seul billet. Cette mise en commun permet de combiner l’ancrage régional de Volotea en Espagne et en France avec le maillage domestique et international d’ITA depuis Fiumicino et Milan‑Linate.
Rome‑Fiumicino au cœur du dispositif
Une fois la mise en œuvre technique finalisée, Rome‑Fiumicino deviendra le principal point de correspondance entre le réseau de Volotea et celui d’ITA Airways. Les passagers pourront ainsi combiner les vols Volotea avec des destinations italiennes desservies par ITA comme Milan‑Linate, Catane, Palerme, Brindisi, Trieste, Gênes ou Reggio de Calabre, ainsi qu’avec plusieurs métropoles européennes, dont Francfort, Paris, Londres, Zurich, Tirana ou Amsterdam.
Dans l’autre sens, l’accord doit faciliter l’accès à de petites et moyennes villes ibériques via les hubs de Madrid et Barcelone, vers des destinations telles que Murcie, les Asturies ou Vitoria, opérées par Volotea. « Avec l’accord de codeshare avec Volotea, un partenaire hautement fiable, nous élargissons encore les possibilités de voyage pour nos clients, améliorons la connectivité vers et depuis Rome Fiumicino, et facilitons l’accès à de nombreuses destinations en Italie et en Europe avec un billet unique », souligne Joerg Eberhart, Directeur général d’ITA Airways.
Une alliance déjà éprouvée en Sardaigne
Ce rapprochement s’inscrit dans la continuité d’une coopération déjà engagée autour de la continuité territoriale en Sardaigne. Les deux compagnies ont en effet déposé une offre conjointe aux appels d’offres publics sur certaines lignes subventionnées entre l’île et la péninsule, notamment Cagliari–Rome‑Fiumicino et Olbia–Milan‑Linate, afin de garantir « des liaisons régulières, fiables et accessibles » pour les résidents sardes.
« Après l’accord d’interline signé l’an dernier et l’offre commune soumise pour participer aux appels d’offres publics pour la continuité territoriale en Sardaigne, ce partenariat représente l’évolution naturelle d’un processus qui nous permet d’offrir à nos passagers un nombre encore plus important de destinations et de combinaisons de voyage, tout en maintenant la commodité, l’accessibilité et la qualité de service au cœur de notre démarche », explique Carlos Muñoz, fondateur et CEO de Volotea. Cette stratégie illustre la complémentarité entre une low‑cost régionale très présente sur les marchés de niche et un transporteur réseau en phase de montée en puissance sur son hub.
ITA Airways, un hub en croissance et des comptes dans le vert
Née en 2021 sur les décombres d’Alitalia, ITA Airways s’est rapidement recentrée sur un modèle de compagnie de réseau, exclusivement Airbus, adossée à un hub principal à Rome‑Fiumicino et un pôle important à Milan‑Linate. La compagnie exploite aujourd’hui une flotte d’environ 87 appareils – A220, A319, A320, A321neo, A330 et A350 – et prévoit d’atteindre 120 avions à l’horizon 2030, conformément à son plan stratégique 2026‑2030.
Sur le plan financier, ITA a basculé dans le vert en 2025, avec un bénéfice net de 209 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros, dont 2,8 milliards issus du transport de passagers. La compagnie a opéré plus de 123 000 vols réguliers et transporté 16,2 millions de passagers, avec un coefficient de remplissage en progression à 83,4%, tout en réduisant de 11% son offre de vols par rapport à 2024, signe d’un recentrage sur les liaisons les plus profitables.
Volotea, maillage fin de l’Italie et de l’Europe
Active en Italie depuis 2012, Volotea y déploie un réseau très dense, avec une présence dans 23 aéroports et 7 bases opérationnelles, dont Florence, Naples, Olbia, Palerme, Venise, Vérone et Bari. La compagnie relie les plateformes italiennes à 56 villes européennes dans 8 pays, contribuant à la connectivité régionale et aux flux touristiques entrants et sortants.
Au niveau du groupe, Volotea exploite une flotte homogène d’Airbus A319 et A320, qui doit atteindre environ 45 à 46 appareils à l’horizon 2026, contre 44 avions (20 A319 et 24 A320) annoncés après l’ajout de trois A320 supplémentaires en 2024. Pour la saison 2026, la low‑cost prévoit plus de 430 routes, dont plus de la moitié exclusives, près de 14 millions de sièges offerts (en hausse d’environ 12% par rapport à 2025) et plus de 80 000 vols opérés. Fin 2025, Volotea revendiquait aussi avoir transporté 80 millions de passagers depuis sa création.
Un partenariat stratégique dans un ciel européen très concurrentiel
En additionnant leurs forces, ITA Airways et Volotea entendent répondre à « un marché en constante évolution » en proposant des solutions de voyage « plus flexibles et plus connectées », tout en soutenant le développement de la mobilité aérienne en Europe. Ce codeshare bilatéral renforce la visibilité commerciale de Volotea sur de nouveaux marchés européens et permet à ITA de compléter son offre avec des destinations régionales comme les Asturies, Bilbao, Bordeaux, Lourdes/Tarbes, Nantes ou Strasbourg, via les bases espagnoles de la low‑cost.

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