Le groupe aérien IAG, maison mère de British Airways et Iberia, a publié un bénéfice net en forte hausse au premier trimestre 2026, mais prévient que la flambée du kérosène et la guerre au Moyen-Orient pèseront sur ses résultats annuels.
Sur les trois premiers mois de l’année, IAG a dégagé un bénéfice net après impôts de 301 millions d’euros, en hausse d’environ 71% sur un an. Le bénéfice net par action de base ressort à 0,065 euro, contre 0,037 euro un an plus tôt, signe d’une amélioration marquée de la rentabilité. Le chiffre d’affaires du groupe atteint un peu plus de 7,1 milliards d’euros, en progression d’environ 2%.
Les revenus passagers représentent plus de 6,2 milliards d’euros, portés par une demande toujours solide sur les grandes lignes européennes et transatlantiques. Le bénéfice opérationnel atteint 351 millions d’euros, en hausse de plus de 70% sur un an. « Le premier trimestre a été relativement peu affecté par le conflit », souligne IAG dans son communiqué, mettant en avant une performance commerciale « robuste » dans un contexte économique pourtant incertain.
Mieux qu’Air France-KLM et Lufthansa Group
Par comparaison, IAG réalise une performance nettement supérieure à celle de ses grands concurrents européens en ce début d’année. Air France-KLM affiche un résultat d’exploitation légèrement négatif au premier trimestre, à –27 millions d’euros (avec des variations selon les périmètres retenus, jusqu’à environ –90 millions d’euros), tandis que Lufthansa Group enregistre une perte opérationnelle plus importante (–612 millions d’euros en résultat ajusté), malgré une activité soutenue. Le groupe aérien anglo-espagnol est ainsi le seul des trois grands groupes historiques européens à publier un bénéfice net trimestriel positif et significatif (+301 millions d’euros), alors que tous restent confrontés à la hausse du prix du kérosène et à la volatilité géopolitique.
Avertissement sur le bénéfice annuel
Malgré ces bons chiffres, le groupe aérien anglo-espagnol a lancé un avertissement sur ses perspectives pour l’ensemble de l’année 2026. IAG indique que son bénéfice annuel devrait finalement ressortir « inférieur à ce que nous avions initialement anticipé ». La direction pointe directement la hausse des coûts de carburant, conséquence de la guerre au Moyen-Orient et des tensions sur l’approvisionnement en kérosène. Elle n’a toutefois pas publié de nouvel objectif chiffré de bénéfice, se contentant de signaler une trajectoire moins favorable qu’espéré.
« Nous nous attendons à ce que le conflit ait un impact plus important sur le reste de l’année, à mesure que la hausse du coût du carburant se fait sentir », explique le groupe. Selon la presse économique espagnole, IAG estime à environ 2 milliards d’euros le surcoût de fuel auquel il devra faire face sur l’année, malgré une couverture à près de 70%.
Une demande encore bien orientée
Malgré ce contexte, la demande de voyages reste bien orientée, notamment sur les marchés loisirs et affaires sur lesquels opèrent British Airways, Iberia, Vueling, Level et Aer Lingus.
IAG rappelle avoir déjà nettement amélioré ses résultats en 2025, avec un bénéfice annuel en hausse de près d’un quart grâce à la baisse passée de la facture carburant. Le groupe dit rester « confiant dans la solidité de la demande » et dans sa capacité à adapter son offre de sièges et sa politique de prix.
« Nos résultats du premier trimestre démontrent la résilience de notre modèle et la qualité de nos marques, même dans un environnement plus volatil », insiste IAG. Pour 2026, la question n’est donc pas tant celle de l’activité commerciale que celle du coût de l’énergie, désormais au cœur des équations de rentabilité des compagnies aériennes européennes.

©IAG
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