L’aéroport international du Koweït a été touché à l’aube par une attaque de drones et de missiles attribuée à l’Iran, qui a fait au moins un mort et plusieurs blessés, et provoqué la suspension du trafic aérien et le déroutement de vols vers d’autres plateformes régionales.

L’épisode marque une nouvelle escalade du conflit régional et pose, pour les compagnies comme pour les autorités de l’aviation civile, la question de la protection des infrastructures aéroportuaires du Golfe face aux menaces aériennes.

Guerre au Moyen-Orient : l’aéroport du Koweït pris pour cible

Selon le ministère koweïtien des Affaires étrangères, des drones et missiles iraniens ont visé « des installations civiles et vitales, notamment l’aéroport international du Koweït », causant la mort d’une personne, plusieurs blessés et des dégâts matériels sur des infrastructures jugées critiques, y compris des missions diplomatiques. Le communiqué officiel condamne des « agressions iraniennes » et insiste sur le fait que « la sécurité de l’État du Koweït, sa souveraineté ainsi que la sûreté de ses citoyens et des résidents sur son territoire constituent une ligne rouge ».

L’attaque est intervenue à l’aube, dans un contexte de forte tension entre Téhéran, Washington et plusieurs monarchies du Golfe, alors que la région est déjà déstabilisée par une succession d’échanges de frappes et de menaces de part et d’autre. Les autorités koweïtiennes ont immédiatement saisi les organisations internationales et régionales pour dénoncer l’atteinte à des installations civiles et demander un arrêt de ces attaques.

Terminal 1 visé : dégâts matériels et blessés

L’état-major de l’armée koweïtienne a confirmé que « des drones ennemis ont ciblé aujourd’hui le terminal passagers (T1) de l’aéroport international du Koweït, dans le cadre d’une agression iranienne, ce qui a entraîné d’importants dégâts matériels et blessé plusieurs personnes », dans un message publié sur son compte X. Des images diffusées sur les réseaux sociaux et par les télévisions régionales montrent des façades endommagées, des vitres soufflées et des débris dans les zones publiques et opérationnelles du terminal.

Les premières évaluations évoquent des dommages « significatifs » à la structure du bâtiment, sans destruction complète de la zone aérogares ni incendie majeur sur les pistes ou les voies de circulation. L’aéroport, qui avait accueilli près de 15 millions de passagers en 2025, venait de reprendre pleinement ses opérations au début du mois après une précédente série de frappes et la mise en place d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis le 8 avril.

Trafic suspendu et vols déroutés

La Direction générale de l’aviation civile (DGCA) du Koweït a immédiatement activé son plan d’urgence, annonçant la suspension de tous les vols commerciaux « jusqu’à nouvel ordre » et le déroutement des appareils vers d’autres aéroports de la région. « Le trafic aérien à l’aéroport international du Koweït est suspendu et les vols sont détournés vers des aéroports voisins jusqu’à nouvel ordre », a déclaré un porte-parole de la DGCA, cité par l’agence de presse officielle KUNA.

Dans un second temps, les autorités ont indiqué que le trafic reprenait partiellement dans la matinée, certaines opérations étant relocalisées ou reconfigurées en fonction de la disponibilité des infrastructures et des évaluations techniques. Les passagers ont été invités par plusieurs compagnies à vérifier l’état de leurs vols et, lorsque cela était possible, à différer leurs déplacements.

Compagnies aériennes et impact opérationnel

Kuwait Airways a annoncé la suspension de ses opérations « jusqu’à nouvel ordre », en coordination avec la DGCA et dans le respect des standards de sécurité. D’autres transporteurs, notamment des compagnies du Golfe et des transporteurs asiatiques présents à Koweït, ont indiqué suspendre ou détourner leurs rotations vers des aéroports alternatifs, comme Dubaï, Doha ou Dammam, le temps d’y voir plus clair sur la situation sécuritaire et la capacité de l’aéroport à reprendre ses activités.

Des compagnies internationales, telle que la low-cost indienne IndiGo, ont également annoncé geler leurs vols vers le Koweït « jusqu’au 4 juin à minuit » ou jusqu’à ce que des couloirs aériens sûrs soient à nouveau disponibles. Les effets en cascade se font sentir sur les réseaux de correspondances, la plateforme koweïtienne jouant un rôle de point de passage pour le trafic régional et des flux de travailleurs expatriés.

Un hub régional déjà fragilisé

Kuwait International Airport, avant cette nouvelle attaque, avait déjà été visé à plusieurs reprises par des tirs ou des tentatives de frappes de représailles de Téhéran dans le cadre du conflit, conduisant à des suspensions temporaires d’activité et à des inspections de sécurité renforcées. La reprise complète des opérations début avril, quelques jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, devait marquer un retour progressif à la normale pour les compagnies basées sur la plateforme et leurs partenaires.

Sécurité des infrastructures aéroportuaires du Golfe

Pour les autorités de l’aviation civile de la région, l’attaque contre l’aéroport du Koweït illustre la vulnérabilité persistante des infrastructures aéroportuaires face aux drones et missiles de croisière, malgré les investissements consentis dans les systèmes de défense anti‑aérienne et les dispositifs de surveillance. Les drones kamikazes, déjà largement utilisés au Moyen‑Orient, offrent à leurs opérateurs la possibilité de viser des terminaux, hangars ou installations de carburant, avec des trajectoires complexes et parfois à très basse altitude.