La compagnie britannique low cost easyJet a réceptionné à Hambourg son 100e appareil de la famille Airbus A320neo, marquant une étape clé dans le renouvellement de sa flotte.
Cette livraison s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les coûts d’exploitation et l’empreinte carbone, tout en améliorant l’expérience passager.
Une flotte Airbus en pleine mutation
Avec cette livraison, easyJet porte sa flotte à 359 appareils, tous issus du constructeur européen Airbus. La famille A320neo représente désormais plus d’un quart de l’ensemble, confirmant l’accélération du renouvellement des monocouloirs de la compagnie. L’avionneur souligne que les A320neo permettent de réduire jusqu’à 20% la consommation de carburant et les émissions de CO₂ par siège, ainsi que 50% de l’empreinte sonore par rapport à la génération précédente (Airbus). Ces performances reposent notamment sur les motorisations de nouvelle génération, en l’occurrence ici les CFM LEAP-1A.
Pour easyJet, ce cap est stratégique. « L’arrivée de notre 100e appareil de la famille A320neo marque une étape importante pour easyJet. Ces appareils sont au cœur de notre stratégie visant à exploiter une flotte plus efficace et à réduire notre impact environnemental », souligne David Morgan, directeur des opérations, cité dans le communiqué.
Cabine Airspace et montée en gamme produit
Ce 100e appareil inaugure aussi une évolution notable côté cabine. easyJet a décidé de généraliser la cabine Airspace d’Airbus à toutes ses futures livraisons, ainsi que de moderniser 81 A320neo et A321neo déjà en service. Parmi les principales évolutions, la low cost met en avant de nouveaux compartiments à bagages Airspace, offrant davantage de capacité ; un éclairage cabine repensé avec ambiance lumineuse et palette de couleurs modernisée ; des toilettes redessinées avec fonctions sans contact, des indicateurs en braille pour améliorer l’accessibilité et des galleys optimisés avec, fait notable sur A320/A321neo, l’introduction de fours doubles à l’avant et à l’arrière.
Ces évolutions traduisent une tendance de fond dans le segment low-cost : une montée en gamme progressive de l’expérience passager, sous contrainte de densité cabine élevée.
Optimisations techniques et gains opérationnels
Au-delà de la cabine, easyJet introduit plusieurs améliorations techniques. Les nouveaux appareils seront équipés de feux LED multifonction non rétractables, remplaçant les systèmes du train avant, avec à la clé une réduction de la traînée et du poids. Les avions sont également compatibles avec jusqu’à 50% de carburant aviation durable (SAF), avec un objectif de montée à 100% à horizon 2030, en ligne avec les capacités certifiées par Airbus et les motoristes (Airbus, CFM International). La compagnie mise aussi sur les outils numériques, notamment la plateforme Skywise, pour optimiser la maintenance prédictive et les opérations.
Une stratégie carbone fondée sur les gains marginaux
Le renouvellement de flotte s’inscrit dans un objectif plus large : réduire de 35% l’intensité carbone d’ici 2035, affirme easyJet. Mais la compagnie britannique mise aussi sur une accumulation de gains opérationnels :
- Sièges ultra-légers Kestrel à partir de 2028 (–20% de poids, +5 cm d’espace jambes)
- Rétrofit de sharklets avancés sur A320ceo (jusqu’à 970 tonnes de CO₂ économisées par avion et par an selon easyJet/Airbus)
- Roulage sur un seul moteur et optimisation du carburant embarqué
- Nouvelle peinture allégée (gain estimé à plus de 4 000 tonnes de CO₂ d’ici 2030)
- Réduction de l’usage de l’APU, notamment à Milan Malpensa
- Déploiement du système de communication FANS-Cpour optimiser les trajectoires en Europe
- Aménagement SpaceFlex pour augmenter la capacité et réduire l’empreinte par siège
Un partenariat industriel renforcé
La livraison du 100e appareil illustre également la solidité des partenariats industriels. « La livraison du 100e A320neo témoigne de l’ADN commun d’innovation qui lie Airbus et easyJet », déclare Johan Pelissier, président Europe d’Airbus Commercial Aircraft. Même tonalité chez le motoriste : « Cette étape importante témoigne de plus de 25 ans de partenariat de confiance », souligne Gaël Méheust, président de CFM International.

Easyjeten sursis? a commenté :
12 juin 2026 - 11 h 30 min
Le fond d’investissement US Castlelake serait en pleine phase de préparation d’un rachat en bourse d’une grosse part d’Easyjet et de s’en assurer le contrôle avec un coup de main d’AFKLM…
J’ai déjà communiqué sur ce sujet dans un post après l’article « des passagers Easy refuse d’embarquement à Nice », il y a quelques jours. Reportez vous-y pour plus d’info.
Tony de Brest a commenté :
12 juin 2026 - 17 h 08 min
Dans un article publié jeudi 4 juin 2026, le Corriere della Sera révèle que Castlelake mise sur Mediterranean Shipping Company (MSC) pour former une « cordée » en vue de tenter de prendre le contrôle d’easyJet. Le fonds d’investissement américain devra arrêter sa décision d’ici l’après‑midi du 26 juin : soit déposer une offre formelle sur la compagnie britannique, soit renoncer. S’il choisit d’aller de l’avant, il entendrait se présenter aux côtés du géant mondial de la logistique contrôlé par la famille Aponte.
Cette alliance répond à une nécessité réglementaire : pour qu’une offre soit recevable, la majorité du capital d’une compagnie aérienne doit être détenue par des acteurs européens — une règle qui s’applique également aux transporteurs britanniques depuis le Brexit. Castlelake a donc besoin d’un partenaire communautaire pour garantir la conformité de son projet.
Le quotidien italien ajoute : « Tandis que Castlelake valoriserait les actifs, une participation minoritaire confiée à Air France‑KLM comme partenaire opérationnel — sans pouvoir de contrôle — permettrait au groupe franco‑néerlandais d’accéder à des créneaux sans enfreindre les règles antitrust. »
Easyjet: démantèlement en vue? a commenté :
13 juin 2026 - 8 h 04 min
Oui, Tony de Brest ( moi, mes origines c’est le Relecq Kerhuon 😉😉😉) ,vous avez raison.
Mais Castlelake + MSC + AFKLM ce sera bien assez pour pouvoir faire de Easyjet ce que Castle voudra en faire, et que veut il: » valoriser les actifs »
Si vous êtes allé relire mes interventions ( lors de l’article sur les pax non embarqués sur Easy à Nice), vous avez vu que j’en parlais:
Castlelake voudrait maximiser ses gains par une vente à la découpe du groupe Easy et MSC vise d’abord la partie tour operator du groupe ( avec peut être Easyjet suisse également) .
Une partie des créneaux sur tel ou tel aéroport , la où ils valent très chers, peut être vendue séparément, à l’unité en quelque sorte.
Reste ensuite les deux autres grosses unités: Easyjet-UK et Easyjet-UE.
C’est là où la participation initiale minoritaire sans contrôle sur le groupe Easy de AFKLM peut se transformer en une participation majoritaire avec contrôle sur l’une ou l’autre – voire les deux!- de ces entités,selon l’objectif réel potentiellement visé par Ben Smith.
Quant à la relation Transavia – Easy ( FR et NL) , quelques suppressions de liaisons et quelques abandons de slots ici ou là feront sûrement l’affaire au regards de l’UE)…À noter toutefois que les deux Transavia étant absentes del’UK, une prise de contrôle par AFKLM de Easyjet-UK ne présente à cet égard aucun problème de concurrence affaiblie…Le point de friction avec l’UE serait plutôt sur Easyjet-UE il me semble.
Mamadou DIALLO a commenté :
13 juin 2026 - 10 h 20 min
Précisions intéressantes, merci.