Les États-Unis s’apprêtent à tourner la page de l’emblématique Boeing 747 VC‑25A, incarnation d’Air Force One depuis plus de trente ans, en introduisant temporairement dans la flotte présidentielle un 747-8 luxueusement aménagé, offert par le Qatar au président Donald Trump. Cet appareil doit assurer la transition jusqu’à l’arrivée des futurs Boeing 747 VC‑25B, dont le programme accumule retards et surcoûts.
Jeudi, la Maison‑Blanche et des membres de l’équipe présidentielle ont fait leurs adieux à l’un des deux Air Force One VC‑25A, en service depuis 1990. L’appareil, reconnaissable à sa livrée bleu et blanc « United States of America », venait d’effectuer son « dernier voyage » au retour du sommet du G7 en France. La cheffe du protocole Monica Crowley a rendu hommage au vénérable Boeing 747‑200, expliquant avoir été « honorée d’être à bord d’Air Force One la nuit dernière pour son dernier vol » et rappelant qu’« il a transporté chaque président depuis George Bush ». En fait, selon la chaîne NBC News, l’avion ne sera pas retiré, mais placé en réserve au sein de la flotte présidentielle et pourront toujours être utilisés comme Air Force One en cas de besoin.
Un 747-8 qatari pour assurer la transition
Pour soulager une flotte présidentielle vieillissante, l’US Air Force a confirmé l’arrivée d’un Boeing 747-8 offert par le Qatar, destiné à intégrer la flotte de transport aérien exécutif et à servir d’Air Force One temporaire. Le long-courrier, autrefois propriété de la famille royale qatarie, a été profondément modifié et reconfiguré pour répondre aux exigences de sécurité et de communications d’un appareil présidentiel. Il a été repeint dans une nouvelle livrée en rouge, blanc, bleu et or, les couleurs préférées de Donald Trump.
« La livraison de cet avion de transition répond à la nécessité de soulager la flotte vieillissante de VC‑25A (…) jusqu’à la mise en service des futurs Boeing VC‑25B », a annoncé l’US Air Force, précisant qu’il est opérationnel pour entrer en service.
Ce Boeing 747‑8 qatari, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars – certains médias évoquent près de 400 millions –, est décrit comme un don de la famille royale du Qatar aux États‑Unis. Ce « cadeau » avait suscité un vif débat à Washington sur les limites encadrant les avantages offerts par des puissances étrangères au Président américain. Donald Trump avait défendu ce choix en expliquant qu’il serait « stupide » de ne pas accepter un avion présenté comme « gratuit », insistant sur le fait qu’il devra « remplacer temporairement » les VC‑25A vieillissants.
747-8 VIP : un « palais volant » pour le Président
Le 747-8 se distingue par son aménagement intérieur de très haut luxe, héritage de son utilisation précédente en avion VIP de l’État qatari. Cabines privées, salons, salle de conférence et suites présidentielles composent ce que certains médias américains décrivent comme un « palais volant » ou une « Maison Blanche volante ».
Le « palais volant » qatari a été équipé de systèmes de protection comparables à ceux des VC‑25A : dispositifs de brouillage des radars et capteurs infrarouges, moyens de dispersion de paillettes métalliques pour détourner les missiles guidés par radar, leurres infrarouges contre les missiles à guidage thermique. « Ces modifications garantissent que l’appareil satisfait aux standards de sécurité les plus élevés pour le transport du président des États‑Unis », selon l’US Air Force.
D’après des responsables cités par les médias américains, Donald Trump envisagerait d’utiliser ce 747-8 VIP pour un vol inaugural lors d’un déplacement au Mont Rushmore, le 3 juillet 2026, dans le cadre des célébrations des 250 ans de la déclaration d’indépendance.
En attendant le nouveau VC‑25B
Parallèlement, le programme de remplacement officiel des VC‑25A suit son cours chez Boeing avec la future version VC‑25B, dérivée du 747‑8 mais spécifiquement conçue pour les besoins de la présidence américaine. Commandés depuis plusieurs années, les deux VC‑25B ont accumulé retards et dépassements de budget, repoussant leur mise en service vers la fin de la décennie.
« La livraison de cet avion de transition [747-8 qatari, ndlr] répond à la nécessité de maintenir une capacité de transport présidentielle sûre et fiable en attendant les futurs VC‑25B », a inssité l’US Air Force dans son communiqué. À terme, Donald Trump a indiqué que ce Boeing qatari pourrait rejoindre sa future bibliothèque présidentielle à Miami comme pièce d’exposition, une fois remplacé à son tour par les nouveaux avions dédiés.

@US Air Force

VC‑25A ©Air Force One
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