La commande de 200 avions Boeing par la Chine n’est pas toujours acquise. Washington et Pékin restent en désaccord sur la maintenance des moteurs et le service après-vente des pièces détachées, rapporte le site Politico, généralement bien informé auprès de la Maison Blanche.

L’accord avait été l’une des rares annonces lors du sommet de Pékin entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping en mai dernier. La Maison Blanche l’avait alors présenté comme “un franc succès“. La commande, estimée entre 17 et 19 milliards de dollars, portait sur au moins 200 appareils commerciaux de l’avionneur américain Boeing.

Donald Trump était allé plus loin. Il avait évoqué un engagement chinois à acheter jusqu’à 750 avions au total. Mais la version officielle chinoise indiquait vaguement jusqu’ici 200 appareils. En effet, aucun accord formel n’a été signé lors du sommet. Ce flou a ouvert la porte aux désaccords sur les modalités de la vente. “L’accord Boeing est en train de s’effondrer. Ils ont du mal à s’en sortir“, confie une source proche des discussions américaines, citée par Politico. Comprendre : l’accord est en train de s’effondrer.

Le vrai point de friction : moteurs et pièces détachées
Le prix des avions n’est pas en cause. C’est la question du service après-vente qui bloque. “Les points de blocage concernent moins le prix des avions que le paquet de long terme portant sur les moteurs, les pièces détachées, la maintenance et l’entretien“, précise la même source à Politico. Autrement dit, les points de blocage concernent moins le prix des appareils que la garantie à long terme autour des moteurs, des pièces détachées, de la maintenance et de l’entretien.

La Chine réclame des garanties fermes. Elle veut s’assurer que ses compagnies aériennes ne dépendront pas d’un soutien technique que Washington pourrait un jour restreindre ou s’arrêter. Cette prudence chinoise s’explique facilement. Une flotte de 200 avions ou plus lierait les compagnies aériennes chinoises à des pièces et à un support technique américains pendant 20 à 30 ans. La Chine ne veut pas se retrouver otage d’une future décision politique de Washington, à l’exemple de flotte russe en manque de pièces détachées en raison des sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine

Le ministère chinois du Commerce avait pourtant assuré, au moment de l’annonce, que l’accord incluait des “garanties d’approvisionnement adéquates en moteurs et pièces de rechange“, soit des garanties d’approvisionnement adéquates en moteurs et pièces de rechange. La Maison Blanche, elle, n’a jamais confirmé ce point, rappelle Politico.

Un contexte de méfiance ancien
Cette prudence chinoise n’est pas nouvelle. En mai 2025, Washington avait brièvement suspendu des licences d’exportation pour des technologies aéronautiques sensibles, dont des moteurs comme le CFM International LEAP-1C destiné au Comac C919. Ces licences ont depuis été rétablies, en juillet.

Sollicités par Politico, la Maison Blanche, l’ambassade de Chine à Washington et Boeing n’ont pas répondu. Washington attribue pour l’instant le retard à Pékin. L’enjeu dépasse le simple contrat. Cette commande représenterait la première grande vente de Boeing à la Chine depuis 2017. Le PDG de Boeing, Kelly Ortberg, a présenté cet engagement chinois comme une première tranche, avec l’espoir de voir d’autres commandes suivre.

Sur le marché chinois, Boeing part de loin. Airbus y détient environ 55 % de parts de marché, avec plus de 2 200 appareils en service chez les transporteurs chinois, selon un décompte du site Simple Flying. L’avionneur européen a d’ailleurs signé en avril un accord de 21,4 milliards de dollars avec China Southern Airlines pour 137 A320neo, et un autre de 15,8 milliards de dollars avec China Eastern Airlines pour 101 appareils de la même famille.

Reste à savoir si Washington et Pékin parviendront à s’entendre sur les garanties de maintenance. De cet accord dépend aussi la fragile trêve commerciale conclue par les deux premières puissances économiques au monde.

200 Boeing pour la Chine : l’accord bloque sur la maintenance et la garantie de pièces détachées 1 Air Journal

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