L’avion présidentiel américain offert par le Qatar à Donald Trump a décollé avec retard hier de la base d’Andrews, près de Washington. Un toboggan d’évacuation s’est déployé accidentellement avant l’embarquement du Président américain, entraînant une vérification de l’appareil.
Le Boeing 747-8, utilisé comme Air Force One temporaire, devait emmener Donald Trump à Dallas, au Texas. Il devait y participer à une convention républicaine en vue des élections de mi-mandat de novembre. Alors que le Président américain s’apprêtait à monter à bord, des journalistes présents sur le tarmac ont observé un toboggan gonflable déployé sur un côté de l’avion.
Donald Trump a alors indiqué que les équipes techniques procédaient à des contrôles. « Ils sont en train de vérifier le toboggan et je pense qu’il y en a pour quinze minutes », a-t-il déclaré à la presse. En fait, l’équipement d’évacuation a été déclenché par erreur par du personnel militaire américain. Le toboggan a ensuite été retiré et l’avion a finalement quitté la base d’Andrews à destination du Texas.
Le cadeau qatari, estimé par plusieurs médias américains à environ 400 millions de dollars, avait déjà suscité une controverse politique et juridique aux États-Unis. La Maison-Blanche a ensuite confirmé que l’avion serait soumis à des travaux de conversion et de sécurisation avant son emploi présidentiel.
Des capacités de défense contestées
L’incident de ce mercredi 9 septembre est sans gravité apparente et ne constitue pas, en lui-même, une défaillance de sécurité en vol. Il relance toutefois les interrogations sur la mise en service rapide de l’avion qatari et sur son niveau d’équipement par rapport aux Boeing 747-200B (VC-25A) qu’il complète provisoirement, en attendant la livraison des nouveaux 747-8 officiels (VC-25B).
Les Air Force One, appareils présidentiels américains, disposent habituellement de moyens de communication protégés, de systèmes de défense et de contre-mesures adaptés aux menaces visant le chef de l’État. Plusieurs médias américains ont rapporté que le Boeing offert par le Qatar ne possédait pas encore toutes les capacités défensives de la flotte présidentielle plus ancienne.
La Maison-Blanche a néanmoins assuré que l’appareil avait reçu des adaptations de sécurité. Steven Cheung, directeur de la communication de la présidence américaine, avait affirmé que le nouvel avion avait été équipé de « protocoles de sécurité de haut niveau » destinés à « assurer la sécurité du Président et de son équipe ». Donald Trump, interrogé mercredi sur la sûreté de l’avion après le déploiement accidentel du toboggan, a répondu : « Oui, sinon je ne le prendrais pas. »
L’épisode turc toujours sensible
Le précédent le plus marquant remonte à juillet, lors du sommet de l’OTAN organisé en Turquie. Donald Trump était arrivé à Ankara à bord du Boeing 747-8 qatari, mais il n’a finalement pas quitté le pays avec cet appareil. Le président avait publiquement embarqué sur un ancien Air Force One. Selon les informations rapportées ensuite par plusieurs médias, il avait été discrètement transféré par un véhicule de catering vers un troisième appareil militaire, un C-32A dérivé du Boeing 757.
Ce changement d’avion avait été décidé après l’apparition d’une menace potentielle contre le président américain. Les services de sécurité estimaient alors plus prudent de le faire voyager dans un appareil présentant les capacités de protection propres à la flotte présidentielle existante.

@US Air Force
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