Airbus prévoit de faire voler pour la première fois son avion de fret gros-porteur A350F à la fin du mois de septembre. Ce jalon très attendu doit ouvrir la campagne d’essais et de certification du nouveau gros-porteur cargo européen, dont l’entrée en service reste programmée au second semestre 2027.
Airbus prépare le premier vol de l’A350F, sa future version cargo de l’A350, pour la fin septembre à Toulouse. Le constructeur a confirmé mardi viser cette fenêtre, tout en précisant que le calendrier reste soumis à des aléas, notamment météorologiques. Selon des sources industrielles citées par Reuters, le 29 septembre est pour l’heure la date retenue à titre provisoire. Le rendez-vous ne doit donc pas être considéré comme définitif : les derniers essais sol, la disponibilité de l’avion et les conditions météo peuvent encore entraîner un décalage. Airbus s’en tenait encore, en août, à un engagement plus large : un premier vol « avant la fin de l’année », suivi des premières livraisons au cours du second semestre 2027.
Une campagne d’essais sous contrainte
Ce vol inaugural marque une étape décisive, mais non l’aboutissement du programme. Il ouvrira une campagne d’essais en vol, préalable à la certification puis à l’entrée en service commerciale. L’A350F accuse déjà du retard sur sa feuille de route initiale : le programme, lancé en 2021, visait à l’origine une mise en service en 2025.
Le calendrier est désormais plus resserré. Airbus devra mener les essais, achever la certification et préparer les premières livraisons en un peu plus d’un an après le vol inaugural. Pour l’avionneur européen, l’enjeu est aussi commercial : il s’agit de s’installer plus solidement sur le segment des très gros cargos long-courriers, historiquement dominé par Boeing et ses 747F et 777F.
111 tonnes de fret et une porte cargo géante
Dérivé de l’A350-1000, l’A350F est conçu pour emporter jusqu’à 111 tonnes de fret sur 8 700 kilomètres. Il sera motorisé par deux Rolls-Royce Trent XWB-97 et disposera de la plus grande porte cargo de pont principal du marché, un équipement déterminant pour charger palettes, conteneurs et marchandises hors format.
Airbus met également en avant une cellule constituée à plus de 70% de matériaux avancés, ainsi qu’une masse au décollage annoncée inférieure de 46 tonnes à celle de l’appareil concurrent de référence. Le constructeur affirme que l’avion sera le seul cargo de nouvelle génération à satisfaire pleinement les normes renforcées d’émissions de CO₂ de l’OACI applicables à partir de 2027. Il doit pouvoir utiliser jusqu’à 50% de carburant d’aviation durable (SAF) dès son entrée en service.
« L’A350F est conçu pour répondre aux besoins changeants du marché mondial du fret aérien », souligne Airbus, qui insiste sur son aptitude aux opérations long-courriers internationales.
Un carnet de commandes qui se renforce
Le programme arrive à ce premier essai avec une base commerciale déjà conséquente. Airbus totalisait 101 commandes fermes auprès de 14 clients fin avril ; ce chiffre avait notamment été porté par Air China Cargo, dont l’engagement a atteint dix exemplaires, et par Atlas Air Worldwide, qui a commandé 20 A350F en mars.
Huit appareils supplémentaires ont été enregistrés fin août pour un client non identifié, ce qui porterait le carnet de commandes à 115 exemplaires selon les données rapportées par la presse spécialisée. À Toulouse, le premier A350F s’apprête ainsi à devenir bien davantage qu’un prototype : le premier acte industriel d’une offensive d’Airbus sur le marché stratégique du fret aérien.

Bencello a commenté :
10 septembre 2026 - 11 h 12 min
Hâte de voir cette livrée “colis” dans le ciel toulousain, et de connaître la compagnie cliente de ces 8 appareils supplémentaires.
Avec ses 115 commandes, l’appareil fait la course en tête, face aux 81 commandes affichées par le B777-8X. Une première pour Airbus dans le marché du fret aérien.