Un hélicoptère présidentiel américain transportant Donald Trump et un Embraer E170 d’Envoy Air se sont trouvés trop proches le 4 août près de l’aéroport Ronald-Reagan de Washington. Selon le rapport préliminaire du National Transportation Safety Board (NTSB), l’organisme américain chargé de la sécurité des transports, les difficultés de communication entre Marine One et la tour de contrôle ont été favorisées par le déplacement temporaire du point de décollage de l’appareil, dans le contexte de travaux à la Maison Blanche.

L’incident, qui n’a fait ni blessé ni dégât matériel, s’est produit vers 14h34 locales, environ deux miles — soit 3,2 km — au nord de l’aéroport Ronald Reagan de Washington (DCA). Marine One, un Sikorsky VH-3D exploité par les forces américaines, décollait alors de l’Ellipse, vaste parc situé au sud de la Maison Blanche, tandis que le vol 3742 d’Envoy Air, opéré en Embraer E170, venait de quitter la piste 1 à destination de Pensacola, en Floride.

Appels radio non reçus
Le (NTSB) indique que l’équipage de Marine One avait tenté à deux reprises de prévenir la tour de contrôle de Reagan National de l’imminence de son décollage. La première transmission n’a pas été reçue ; la seconde est arrivée brouillée et totalement inaudible, selon l’analyse des enregistrements audio du contrôle aérien.

Cette notification devait être transmise trois minutes avant le départ de l’hélicoptère présidentiel. Faute de communication correctement établie, la tour n’a pas reçu l’avertissement requis avant que Marine One ne décolle de l’Ellipse, alors que l’avion régional d’Envoy Air était autorisé à partir de DCA.

Les enquêteurs précisent que le point de décollage temporaire utilisé par l’hélicoptère présidentiel pendant les travaux en cours à la Maison Blanche ne permettait pas d’assurer une couverture radio fiable avec les services du contrôle aérien. Les vérifications menées par la Federal Aviation Administration (FAA) ont ensuite établi que le déplacement de l’équipement de réception radio vers le sommet de la tour de contrôle avait supprimé le problème lors des essais ultérieurs.

Une séparation examinée
Au plus près, les deux aéronefs auraient été séparés d’environ 0,82 mile nautique — près de 1,5 km — horizontalement et de 700 pieds, soit environ 213 mètres, verticalement, selon une première estimation de la FAA. Le NTSB poursuit toutefois l’analyse des données de surveillance afin de calculer et de confirmer la distance minimale effectivement observée.

La FAA avait précédemment qualifié l’événement de « perte momentanée de séparation ». Il importe cependant de nuancer l’interprétation des chiffres : dans l’espace aérien de classe B concerné, la règle applicable prévoit une séparation de 1,5 mile nautique latéralement ou de 500 pieds verticalement entre un aéronef évoluant en VFR et un avion à réaction ou de plus de 19 000 livres. Avec une estimation verticale de 700 pieds, le seuil vertical aurait été respecté, même si l’écart horizontal était inférieur à 1,5 mile nautique.

Le rapport du NTSB est préliminaire et ne désigne donc pas encore de cause probable. Les enquêteurs doivent notamment vérifier la trajectoire des deux appareils, la distance minimale exacte et les conditions de communication au départ de l’Ellipse.

Contexte aérien sensible à Washington
L’incident survient dans un espace aérien particulièrement dense et sensible. L’aéroport Washington-Ronald Reagan est implanté à proximité immédiate du centre fédéral de Washington, avec des trajectoires de départ et d’arrivée contraintes par la présence de zones militaires, gouvernementales et monumentales. Les mouvements présidentiels en hélicoptère s’ajoutent à un trafic commercial soutenu sur l’une des plates-formes les plus fréquentées de la côte Est américaine.

Il intervient aussi moins de deux ans après la collision du 29 janvier 2025 entre un avion de ligne en approche de Washington-Ronald Reagan et un hélicoptère Black Hawk de l’armée américaine. L’accident avait fait 67 morts et entraîné un vaste examen des procédures de circulation aérienne et des vols d’hélicoptères dans la région de Washington.

Dans le cas du 4 août, les deux vols se sont poursuivis sans autre incident : Marine One a achevé sa mission locale et le vol Envoy Air 3742 a continué vers Pensacola. La FAA et le NTSB poursuivent leurs investigations ; d’éventuelles recommandations de sécurité ou conclusions sur les responsabilités ne pourront intervenir qu’à l’issue de l’enquête.

États-Unis : l'hélicoptère de Donald Trump trop proche d’un avion de ligne après un problème radio 1 Air Journal

@Ronald Reagan Washington National Airport