Fragilisée par une dette élevée, les immobilisations de ses Airbus A220 et l’envolée du coût du carburant dans le contexte de la guerre avec l’Iran, airBaltic a déposé le 14 septembre une demande volontaire de protection sous le régime américain du Chapitre 11. La compagnie nationale lettone veut poursuivre ses opérations sans interruption, réduire ses engagements et redimensionner un modèle de croissance devenu trop ambitieux.
AirBaltic sous Chapitre 11 : les vols maintenus
AirBaltic a engagé une procédure de restructuration sous le régime du Chapitre 11 auprès du tribunal des faillites du district sud de New York. Ce mécanisme américain ne signifie pas l’arrêt immédiat de l’activité : il protège temporairement l’entreprise des recours de ses créanciers afin de négocier une réduction ou une réorganisation de ses obligations financières.
La compagnie, ses filiales AirBaltic Training et Baltijas Kravu Centrs — Baltic Cargo Center — sont concernées. AirBaltic indique que les vols continueront d’être opérés normalement, que les billets et réservations resteront valides, et que les voyageurs n’ont aucune démarche particulière à entreprendre. La sortie de procédure est visée autour de juin 2027. « Pour nos passagers, nos opérations continuent normalement. Nous volons, vendons des billets et préparons notre futur programme de vols », a déclaré Erno Hildén, président-directeur général d’airBaltic.
Un financement de 350 millions d’euros
Pour financer l’exploitation durant cette phase, la compagnie dit avoir obtenu un engagement de financement de 350 millions d’euros, sous forme de prêt DIP (debtor-in-possession), soit un financement prioritaire accordé à une entreprise sous protection judiciaire. Strategic Value Partners en est l’arrangeur, aux côtés de Barclays, Hayfin Capital Management, Morgan Stanley et Oaktree Capital Management. Ce financement, soumis à l’approbation du tribunal, à un taux proche de 12%, doit permettre à airBaltic de maintenir ses opérations pendant la restructuration.
Le président du conseil de surveillance, Andrejs Martinovs, résume l’objectif : « La priorité centrale donnée au directoire d’airBaltic est de continuer à voler et de préserver la connectivité de la Lettonie. »
La solution à 25% rejetée
Cette procédure intervient quelques jours après l’échec apparent d’une solution de trésorerie très coûteuse. AirBaltic souhaitait lever jusqu’à 257 millions d’euros via de nouvelles obligations dites super senior, à échéance du 26 février 2027 et assorties d’un taux annuel de 25%. Le vote des porteurs de dette, initialement prévu le 11 septembre puis repoussé au 15 septembre, devait conditionner l’accès à ce financement.
D’après Reuters, les détenteurs de plus de 70% de la dette auraient refusé le prêt de sauvetage envisagé, certains privilégiant une liquidation. Le gouvernement letton estime au contraire que le Chapitre 11 donne à la compagnie le temps et les outils nécessaires pour négocier une issue ordonnée. Cette impasse s’ajoute à une situation déjà dégradée : airBaltic portait notamment une dette obligataire de 380 millions d’euros, rémunérée à 14,5% et arrivant à échéance en 2029. En août, les créanciers avaient accepté la capitalisation temporaire de certains intérêts afin de préserver la trésorerie.
Une flotte A220 à redimensionner
AirBaltic exploite une flotte homogène d’Airbus A220-300, pilier de sa stratégie de montée en puissance depuis Riga et ses autres bases baltes. Mais cette spécialisation l’a rendue particulièrement exposée aux problèmes de disponibilité des moteurs Pratt & Whitney PW1500G, liés notamment à la question de la poudre métallique. La compagnie compte actuellement 54 A220-300 en service et deux appareils stockés ; seuls 15 seraient détenus en propre, les autres étant loués.
La crise de liquidité a été aggravée par le renchérissement du kérosène, Reuters évoquant un doublement des prix sous l’effet du conflit avec l’Iran. La compagnie avait déjà reçu un prêt d’urgence de 30 millions d’euros de l’Etat letton en avril.
La restructuration devrait donc s’accompagner d’une réduction de flotte, de restitutions ou réaménagements de locations, ainsi que d’un recentrage sur le hub de Riga. La recherche d’un investisseur stratégique demeure ouverte. Lufthansa détient déjà 10% du capital de la compagnie, dont l’Etat letton reste l’actionnaire majoritaire.

NDR a commenté :
14 septembre 2026 - 13 h 40 min
La faute à qui ? et a qui seul ??
La faute au Bus de l’ Air ! si elle avait acheté des Boeîg B627 cad des Embraers E2 elle aurait vécu longtemps..
Affreux affreux 😢
Kyle a commenté :
14 septembre 2026 - 13 h 54 min
Désole de ma remarque stupide,
Mais une compagnie européenne, qui achète des avions d’un constructeur européen construits au Canada,
Qui ne fait pas de vols Outre-Atlantique,
Met en place une procédure américaine pour se restructurer ?
Même si possiblement une partie des créanciers est américain.
Le droit Letton, siège de la compagnie n’offre pas d’alternative pour une une restructuration ?