Air Congo va lancer une liaison Kinshasa–Bruxelles à partir du 1er juillet 2026, avec cinq vols hebdomadaires opérés en Boeing 787‑8 fourni par Ethiopian Airlines. La compagnie nationale congolaise affiche aussi des ambitions vers Paris‑Charles de Gaulle et Dubaï.
Air Congo a été fondée en 2024 sous la forme d’une coentreprise entre la République démocratique du Congo (RDC), actionnaire à 51%, et Ethiopian Airlines, qui détient 49% du capital. Elle a débuté ses opérations le 1er décembre 2024 avec des vols domestiques entre Kinshasa et Lubumbashi, avant d’étendre progressivement son réseau intérieur.
Sa flotte initiale repose sur des Boeing 737‑800, fournis et exploités avec le soutien d’Ethiopian Airlines. En douze mois d’activité, Air Congo revendique 11 destinations domestiques et un taux de remplissage autour de 70%, signe d’une montée en puissance progressive sur le marché congolais. Le partenariat avec Ethiopian Airlines est présenté comme un levier majeur pour accélérer le développement d’Air Congo, tant sur le plan opérationnel que commercial.
Pour ses premiers vols long‑courriers, la compagnie nationale congolaise s’appuie ainsi sur deux Boeing 787‑8 Dreamliner en contrat ACMI (wet lease) fournis par la compagnie éthiopienne.
Bruxelles, première étape de l’internationalisation
La liaison Kinshasa–Bruxelles sera opérée cinq fois par semaine, en Boeing 787‑8, depuis l’aéroport international N’djili de la capitale congolaise Kinshasa vers Brussels Airport (Bruxelles-National). Ce choix de Bruxelles n’est pas anodin : la capitale belge compte une importante diaspora congolaise et un trafic historique avec Kinshasa.
La nouvelle ligne doit ainsi répondre à une demande à la fois affinitaire, business et institutionnelle, et repositionner la RDC sur la carte des liaisons directes Europe–Afrique centrale. Les autorités congolaises présentent d’ailleurs l’ouverture de cette route comme une étape stratégique pour faire de Kinshasa un hub régional et renforcer la connectivité du pays.
Paris et Dubaï dans le viseur
Pour le ministre congolais des Transports, Jean‑Pierre Bemba, Bruxelles est le premier jalon d’un plan de développement international plus large. Au‑delà de la capitale, Air Congo cite également Paris et Dubaï parmi ses ambitions long‑courrier, selon des informations de l’agence Ecofin.
Paris‑Charles de Gaulle est mentionné comme prochaine destination prioritaire vers l’Europe, sans calendrier opérationnel officiellement communiqué à ce stade. Dubaï, de son côté, apparaît comme une cible pour une desserte vers le Moyen‑Orient, en lien avec la montée en puissance des flux commerciaux et touristiques entre la RDC et la région du Golfe. Bien entendu, les projets vers Dubaï restent conditionnés à l’évolution du contexte sécuritaire et réglementaire, selon les déclarations des autorités congolaises.
Une histoire qui renoue avec l’ère d’Air Zaïre
Avec Air Congo, la RDC cherche à renouer avec une tradition de compagnie nationale capable de relier Kinshasa aux grandes capitales régionales et mondiales, dans le sillage de l’ancienne Air Zaïre. La création d’Air Congo intervient après plusieurs années sans véritable transporteur national structuré, sur un marché congolais marqué par la fragmentation et les difficultés des acteurs privés.
Soutenue par Ethiopian Airlines, la compagnie nationale congolaise prévoit de bâtir une flotte d’au moins huit Boeing 737 et deux Boeing 787 pour couvrir des destinations nationales, régionales et internationales comme Paris, Bruxelles, Dubaï, Johannesburg, Luanda ou Dar es‑Salaam. Elle mise sur une montée en gamme progressive, en commençant par consolider son réseau intérieur et africain avant de se déployer sur les grands axes intercontinentaux. Pour l’heure, Bruxelles est la seule destination intercontinentale à disposer d’un calendrier précis, avec une date de lancement et une fréquence annoncées.
Ebola : une liaison sous surveillance sanitaire
L’arrivée d’Air Congo à Bruxelles intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola, dont plusieurs foyers restent sous surveillance renforcée. En France, Air France a ainsi suspendu temporairement sa liaison Paris–Kinshasa après la confirmation d’un cas positif à bord d’un vol arrivé le 23 juin 2026, avant d’annoncer une reprise progressive sous conditions sanitaires renforcées.
L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappellent toutefois que les vols restent considérés comme sûrs et ne recommandent ni fermeture générale des frontières ni interdiction systématique de voyager.

@Air Congo
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