Selon le rapport « Baggage IT Insights » 2026 de SITA, quelque 24  millions de bagages enregistrés en soute ont été perdus, endommagés ou livrés en retard en 2025, soit encore 6,3 milliards de dollars de coûts pour les compagnies aériennes malgré une nette amélioration des performances. L’Europe apparaît comme la région la plus problématique, tandis que l’Asie-Pacifique et le Moyen-Orient tirent profit d’infrastructures plus récentes et de solutions technologiques avancées.

Un volume de bagages mal gérés en baisse, mais encore massif

L’an dernier, 5 milliards de passagers ont voyagé dans le monde, et 24 millions de bagages « mal traités » ont été recensés par SITA, contre 30 millions en 2024, soit une baisse de 19 %. Le taux de bagages mal gérés est tombé à 4,9 pour mille voyageurs, après une réduction de 23 % en un an selon l’édition 2026 du rapport, qui fait office de référence pour le secteur. Vu sur le temps long, la progression est spectaculaire : « Depuis 2007, le taux de bagages mal gérés a chuté d’environ trois quarts, alors que le trafic a doublé », rappelle SITA dans son analyse.

L’Europe concentre près de la moitié des incidents de bagages

La modernisation inégale des infrastructures aéroportuaires se traduit dans la géographie des incidents. L’Asie-Pacifique affiche le taux le plus bas, autour de 3 à 3,5 bagages mal gérés pour mille passagers, quand le Moyen-Orient et l’Afrique se situent autour de 5 à 6, en ligne ou en dessous de la moyenne mondiale. L’Europe, en revanche, demeure la région la plus exposée avec un taux supérieur à 10 bagages mal gérés pour mille passagers, ce qui en fait le principal contributeur aux 12 millions de valises mal aiguillées recensées en 2025, principalement sur les vols internationaux.

Transferts en correspondance et coûts économiques élevés

Dans le détail, SITA confirme que les retards représentent près de 75 % des cas de bagages mal gérés, devant les dommages (environ 20 %) et les pertes définitives (4 %). La cause principale reste les transferts en correspondance, qui concentrent 39 % des incidents, loin devant les erreurs de billetterie et de sûreté (18 %) ou les bagages non chargés (16 %). Pour les compagnies, la facture reste lourde : « Les bagages mal gérés coûtent encore 6,3 milliards de dollars par an à l’industrie, avec un coût moyen estimé à 260 dollars par bagage », souligne SITA, en rappelant qu’un seul bagage perdu « efface le profit de plus de trente sièges » et que « cinq bagages perdus peuvent annuler le gain d’un vol entier ».

L’IA et le suivi en temps réel au cœur des solutions

Face à ces montants, compagnies aériennes et aéroports accélèrent le déploiement de solutions numériques pour automatiser le ré-acheminement des bagages lors de changements de porte ou d’annulations, optimiser les flux sur les tapis convoyeurs et détecter les pannes avant qu’elles ne surviennent. SITA met en avant les systèmes de suivi en temps réel, la généralisation des bagages « reconciliés » électroniquement et l’usage d’outils grand public comme les balises de type AirTag, intégrées à son outil WorldTracer, qui auraient permis de réduire de 90 % le nombre de bagages définitivement perdus dans certaines opérations pilotes. Pour les passagers, ces évolutions promettent une plus grande transparence sur le parcours de leur valise et une réduction progressive de ces incidents qui restent, malgré les progrès, l’une des sources majeures d’insatisfaction dans l’expérience de voyage.

En 2025, 2 500 bagages perdus chaque jour dans le monde, l’Europe mauvais élève 1 Air Journal

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