La Malaisie a annoncé la prolongation des recherches du vol MH370 jusqu’au 30 juin 2027, plus de dix ans après la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines. Malgré plusieurs campagnes d’exploration parmi les plus vastes jamais menées en aviation civile, l’épave demeure introuvable, entretenant l’un des plus grands mystères de l’histoire aéronautique.

Une disparition sans précédent dans l’aviation civile

Le 8 mars 2014, le vol MH370 de Malaysia Airlines, un Boeing 777-200ER assurant la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin, disparaît des écrans radars avec 239 personnes à bord. Parmi elles, une majorité de passagers chinois, mais également des ressortissants malaisiens, indonésiens, australiens, indiens, américains, néerlandais et français. Malgré l’ampleur des moyens déployés — impliquant notamment l’Australie, la Malaisie et la Chine — l’appareil n’a jamais été localisé avec certitude. Quelques débris, confirmés ou probables, ont été retrouvés sur les côtes de l’océan Indien, notamment à La Réunion en 2015, sans permettre de localiser précisément l’épave.

Une nouvelle prolongation jusqu’en 2027, sur le modèle économique : “no find, no fee”

Le ministre malaisien des Transports, Anthony Loke, a confirmé le 30 juin 2026 la prolongation de l’accord avec la société américaine Ocean Infinity pour une durée supplémentaire d’un an. « L’approbation de cette prolongation vise à permettre à la société de terminer entièrement la zone de recherche restante », a déclaré Anthony Loke, cité par l’agence Bernama. La zone concernée couvre environ 7 400 km² dans le sud de l’océan Indien, une région particulièrement isolée et difficile d’accès, identifiée sur la base d’analyses satellitaires et de modélisations dérivées des communications Inmarsat.

L’accord maintient le principe dit « no find, no fee » : Ocean Infinity ne percevra une rémunération estimée à 70 millions de dollars que si l’épave est effectivement localisée. Ce modèle, déjà utilisé lors des recherches menées en 2018, illustre la difficulté pour les États de justifier des dépenses publiques supplémentaires dans un dossier ancien et incertain. Il transfère le risque financier à l’opérateur privé, en échange d’un potentiel gain élevé.

Des recherches interrompues et relancées

La dernière campagne d’exploration, lancée en mars 2025, s’est déroulée en deux phases sans résultat. Ocean Infinity a néanmoins dû interrompre temporairement ses opérations pour redéployer ses moyens vers d’autres missions commerciales. Cette interruption, évoquée par les autorités malaisiennes, explique en partie la nécessité d’une prolongation du calendrier. Ocean Infinity utilise une flotte de véhicules sous-marins autonomes (AUV) capables de cartographier les fonds marins à grande profondeur avec une précision accrue.

Entre 2014 et 2017, l’Australie a coordonné une vaste opération de recherche sur plus de 120 000 km², sans succès. Ocean Infinity avait déjà conduit une mission privée en 2018, également infructueuse.

Une pression persistante des familles

Douze ans après la disparition, les proches des victimes continuent toujours de réclamer des réponses. Le 8 mars 2026, à l’occasion de l’anniversaire du drame, des familles chinoises ont publié une lettre ouverte dénonçant un manque de transparence dans la communication autour des dernières recherches. Elles y exprimaient leur frustration face à « l’absence d’informations détaillées sur les zones explorées et les résultats obtenus ».

MH370 : la Malaisie prolonge les recherches jusqu’à fin juin 2027 1 Air Journal