Un Airbus A350‑1000 de Cathay Pacific assurant la liaison Hong Kong–Londres a déclenché, samedi 4 juillet, une alerte « Quick Reaction Alert » de l’OTAN après une brève perte de contact radio avec le contrôle aérien civil roumain.
Deux JAS‑39 Gripen hongrois ont été envoyés en interception près de la frontière hongroise, avant que l’équipage ne rétablisse les communications et que le vol n’atterrisse sans incident à Londres-Heathrow.
Un long‑courrier Cathay escorté par des Gripen
Le vol concerné était opéré par un Airbus A350‑1000 immatriculé B‑LXA, un biréacteur long‑courrier que Cathay Pacific déploie sur ses liaisons premium, notamment entre Hong Kong (HKG) et Londres-Heathrow (LHR). Selon les données de suivi de vol, l’appareil a mis environ 13 h 40 pour relier les deux aéroports et s’est posé à Heathrow vers 15 h 20, heure GMT, le 4 juillet.
D’après les autorités hongroises de la défense, l’alerte a été déclenchée en début d’après-midi lorsque l’A350, décrit comme un appareil « enregistré en Chine » effectuant une rotation Hong Kong–Londres, n’a pas établi de contact avec le contrôle aérien civil roumain alors qu’il se trouvait encore dans l’espace aérien de la Roumanie. Le ministre hongrois de la défense, Romulusz Ruszin‑Szendi, a précisé que l’ordre de décollage avait été donné à 13 h 42 (heure d’Europe centrale) dans le cadre de la posture de « Quick Reaction Alert » (QRA) de l’OTAN.
Déroulé de l’incident au‑dessus de l’Europe centrale
Deux avions de chasse JAS‑39 Gripen, en alerte permanente au sein de la défense aérienne hongroise et intégrés au dispositif OTAN, ont décollé de la base de Kecskemét à 13 h 51, soit neuf minutes après le déclenchement de l’alerte. Les deux appareils ont intercepté le vol Cathay à proximité de la frontière hongroise, réalisant une identification visuelle et des signaux standard destinés à attirer l’attention de l’équipage.
À la suite de cette interception, les pilotes de l’A350 ont rétabli la liaison radio avec le contrôle aérien, ce qui a permis de clore la mission QRA et de renvoyer les Gripen vers leur base. « De tels décollages d’alerte visent à vérifier le statut et les intentions de tout appareil qui cesse de répondre aux contrôleurs, dans le cadre de procédures de sûreté aérienne strictement encadrées », rappelle la presse hongkongaise, citant l’OTAN.
Cathay Pacific a confirmé que l’un de ses vols à destination de Londres avait « brièvement perdu le contact avec le contrôle aérien pendant le survol de l’Europe » et que l’incident faisait l’objet d’une enquête interne. La compagnie a insisté sur le fait que « la sécurité de l’appareil et des personnes à bord n’a jamais été compromise à aucun moment », sans fournir davantage de détails opérationnels.
Le dispositif OTAN de réaction rapide en toile de fond
L’activation d’une alerte QRA (« Quick Reaction Alert ») est une procédure standard de l’OTAN dès lors qu’un aéronef — civil ou militaire — devient non identifié, non réactif ou sort des paramètres attendus en termes de trajectoire ou de communication. Les chasseurs affectés à la mission QRA se tiennent en alerte permanente, prêts à décoller en quelques minutes pour intercepter, identifier visuellement et, le cas échéant, escorter l’appareil hors de l’espace aérien concerné.
Pour les passagers, la vue de chasseurs en rapprochement peut être impressionnante, mais elle ne signifie pas nécessairement une situation d’urgence critique à bord. L’objectif premier de la procédure est de restaurer la conscience de la situation côté défense aérienne, d’établir un contact visuel et, si possible, de rétablir la communication radio avec l’équipage. Dans le cas du vol opéré par le B‑LXA, aucun déroutement ni atterrissage d’urgence n’a été jugé nécessaire : l’appareil a poursuivi son plan de vol jusqu’à Londres et s’est posé à l’heure prévue, selon les données de suivi en ligne.
Cathay Pacific, l’A350 et la fiabilité des communications
L’Airbus A350‑1000, version allongée de la famille A350 XWB, est conçu pour des liaisons très long‑courrier à haut rendement, avec des systèmes avioniques de dernière génération et des liaisons de données multiples (VHF, HF, satcom) permettant de maintenir le contact avec les centres de contrôle. La redondance des moyens de communication réduit fortement la probabilité d’une perte durable de contact, mais n’exclut pas des coupures temporaires liées à des basculements de fréquence, à des zones de couverture ou à la charge de travail dans le poste de pilotage.

Tony de Brest a commenté :
8 juillet 2026 - 16 h 41 min
Interrogé ce mercredi 8 juillet par le South China Morning Post, l’analyste aéronautique indépendant Jason Li Hanming a rappelé que la communication entre un avion et le sol repose sur des liaisons radio, susceptibles d’être brouillées par des phénomènes naturels ou par des interférences d’origine humaine.
« Géographiquement, la Roumanie est proche de l’Ukraine. Il est très probable que la communication radio ait été perturbée en raison du conflit », a‑t‑il expliqué.
« Lorsqu’un appareil ne réagit plus ou n’exécute pas les instructions, l’interception devient la seule option. Impossible alors de savoir s’il s’agit d’un chasseur camouflé ou d’un avion détourné. »
Li a précisé que les vols reliant l’Europe à l’Asie sans traverser l’espace aérien ukrainien ou russe doivent survoler la mer Noire, entre la Roumanie et la Géorgie.
Il a ajouté que les contrôleurs aériens épuisent généralement toutes les solutions possibles — notamment en tentant de relayer les communications via d’autres avions — avant de décider de faire décoller des chasseurs. Dans le cas du vol CX257, tout indique que l’appareil a bel et bien été victime d’un brouillage.
HJDB a commenté :
23 septembre 2026 - 16 h 47 min
Après enquête de la CAD, il ne s’agissait pas d’un brouillage.
Comme souvent certains “experts” veulent donner un avis trop rapidement, ils se trompent
Or l’expertise consiste à faire preuve de prudence et dire: “une enquête est en cours attendons”.
En attendant cela fait plaisir de lire un commentaire d’une personne qui cite ses sources et ne fait pas dans le jugement de valeur. Merci!!
derner a commenté :
8 juillet 2026 - 17 h 01 min
Juste un petit test de nos amis chinois (chinois malgré eux)
Vincent a commenté :
8 juillet 2026 - 22 h 09 min
Nous ne serons jamais la vérité ou peut-être dans 25 ans…
Greg765 a commenté :
9 juillet 2026 - 12 h 42 min
En même temps c’est un non événement.
Du Pilot Loss of Communications (PLOC) ça arrive régulièrement peu importe les raisons. Souvent une erreur des équipages, plus rarement problème technique, mais ça n’a en général pas trop de conséquences. La communication a été rétablie, fin de l’histoire b
HJDB a commenté :
23 septembre 2026 - 16 h 41 min
L’enquête officielle de la Direction de l’aviation civile (CAD) a révélé qu’il n’y avait aucun problème technique et aucun détournement
Le PNT a simplement commis une erreur de fréquence radio.
Une confusion dans le cockpit alors que lA350 volait dans l’espace aérien de la Roumanie, les contrôleurs aériens ont donné une instruction radio un changement de fréquence destinée à un autre avion.
Les PNT de Cathay ont cru à tort que le message s’adressait à eux. Ils ont répondu à la radio, puis ont entré la mauvaise fréquence sur leur radio commerciale VHF.
Les PNT ne s’en sont pas rendu compte immédiatement. Pour eux, la radio fonctionnait elle n’était pas en panne.
N’ayant pas conscience de leur erreur, ils n’avaient aucune raison d’afficher le code 7600 panne radio ou 7500 détournement.
Leur transpondeur a continué d’émettre leur code de vol normal, indiquant leur position, leur altitude, mais montrant qu’ils ne répondaient plus aux appels
L’intervention des chasseurs de l’OTAN pour le contrôle aérien Roumain et les structures de l’OTAN qui surveillent la région très sensible en raison de la proximité avec l’Ukraine, un avion qui pénètre dans l’espace aérien sans répondre aux appels radio est traité comme une menace potentielle ou un cas d’urgence.
N’ayant aucun moyen de savoir si l’avion était détourné puisqu’aucun code d’alerte n’était affiché mais que la radio restait muette, l’OTAN a déclenché une procédure d’alerte rapide QRA.
Deux avions de chasse Hongrois ont décollé en urgence pour intercepter l’A 350 près de la frontière afin de procéder à une vérification visuelle. Les pilotes de chasse se sont positionnés à côté du cockpit de l’A 350 pour s’assurer que tout était normal à bord, pas de pirates dans le cockpit et faire des signes visuels réglementaires aux pilotes.
En conclusion cet incident montre bien que le silence radio combiné à un transpondeur “normal” crée une incertitude majeure pour la défense aérienne.
Parce que le contrôle ne pouvait pas savoir s’il s’agissait d’un détournement silencieux ou d’une simple maladresse que des avions de combat ont dû intervenir pour vérifier de visu. Une fois le contact visuel établi, la communication a été rétablie sur la bonne fréquence, et l’avion a poursuivivers Londres .
Pas besoin d’attendre 25 ans voici les conclusions de l’enquête