Aircalin a finalisé le montage financier lui permettant de prendre livraison en décembre 2026 de son premier Airbus A350‑900, sans solliciter les finances publiques de la Nouvelle‑Calédonie. Ce long‑courrier « nouvelle génération » doit devenir la nouvelle colonne vertébrale de la desserte Nouméa‑Bangkok‑Paris et accélérer la montée en gamme de la compagnie calédonienne sur le segment intercontinental.

Un montage financier sans argent public calédonien

Dans son communiqué du 9 juillet, Aircalin indique avoir « sécurisé » le financement du premier A350‑900 grâce à la signature d’accords avec un pool conduit par le groupe BPCE‑Natixis CIB, auquel se joignent la BCI, la BNC, la BRED et le CIC. La compagnie précise que « grâce à ce montage financier associant établissements bancaires internationaux, calédoniens, investisseurs privés et soutien fiscal de l’État, Aircalin finance intégralement son premier Airbus A350‑900 sans mobilisation des financements publics de la Nouvelle‑Calédonie ».

Aircalin insiste sur le fait que la collectivité calédonienne n’apporte « ni participation financière, ni garantie bancaire, ni contribution exceptionnelle » dans l’opération. Les garanties du prêt sont assurées par un pool d’assureurs spécialisés, tandis que le montant global de l’investissement reste confidentiel en raison d’une clause contractuelle.

Un schéma révisé après les émeutes de 2024

Aircalin rappelle que « les premières études relatives au financement des Airbus A350‑900 avaient été engagées dès 2023, à la suite de la décision du conseil d’administration d’acquérir deux appareils ». La trajectoire a toutefois été bouleversée par les événements de mai 2024 en Nouvelle‑Calédonie, qui ont fortement tendu la situation économique et les finances publiques du territoire. La compagnie aérienne internationale de la Nouvelle-Calédonie annoncera finalement en décembre 2024 sa commande auprès d’Airbus pour les deux A350-900, l’enjeu étant de maintenir le calendrier de livraison des appareils.

A350‑900 : montée en gamme et gains opérationnels

Le premier Airbus A350‑900 doit être livré en décembre 2026, avec un second exemplaire attendu à la mi‑2028, confirmant la bascule progressive de la flotte long‑courrier vers la dernière génération de gros‑porteurs d’Airbus. Aircalin exploite aujourd’hui deux A330‑900neo et deux A320neo sur un réseau de dix lignes en son nom propre, principalement vers l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, le Pacifique, l’Asie et la France. D’après la compagnie, ce type d’avion comparé aux A330neo « offre + 15% de capacité fret et passagers, une consommation de carburant réduite de 25%, un rayon d’action accru (de 13 300 km à 15 000 km) et un niveau de confort passager renforcé ».

Aircalin présente le futur A350‑900 comme un appareil « conçu pour assurer la desserte Nouméa‑Bangkok‑Paris », qui deviendra la vitrine long‑courrier de la compagnie. Avec un rayon d’action porté à 15 000 km, le profil de vol Nouméa–Asie–Europe se trouve davantage sécurisé en cas de vents contraires ou de contraintes opérationnelles, tout en laissant des marges pour l’optimisation du fret. La compagnie met également en avant le « niveau de confort passager renforcé » du type, notamment grâce à la cabine Airspace d’Airbus, à des systèmes de pressurisation et d’humidification améliorés et à une réduction du bruit ambiant par rapport aux générations précédentes.

Au‑delà de l’exercice financier, Aircalin souligne que ces deux A350‑900 « permettront de renforcer la desserte entre la Nouvelle‑Calédonie, le Pacifique, l’Asie et l’Europe, [et] de soutenir le développement économique et touristique » du territoire. Pour un opérateur dont la flotte actuelle repose sur deux A330neo et deux A320neo, l’arrivée d’un A350, puis d’un second, marque une montée en capacité et en image.

Aircalin sécurise le financement de son premier Airbus A350‑900, sans argent public calédonien 1 Air Journal

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