ANA, filiale portugaise de VINCI Airports, a remis le 16 juillet au ministère des Infrastructures et du Logement le rapport d’ingénierie, de coûts et de construction du futur aéroport de Lisbonne, baptisé Luís de Camões. Cette étape, présentée par le groupe comme décisive, confirme l’entrée du projet dans une séquence technique plus détaillée, alors que l’étude d’impact environnemental doit être transmise d’ici la fin juillet aux autorités portugaises.
Un jalon technique majeur
Le document remis à Lisbonne consolide les études de conception préliminaire, en particulier sur le programme fonctionnel, la capacité opérationnelle, la connectivité multimodale et les solutions structurelles de long terme. Une fois ces éléments examinés par les autorités compétentes, la phase de conception détaillée et d’architecture pourra commencer, ce qui marque le passage d’un projet encore conceptuel à une logique de préparation industrielle plus avancée.
Dans son communiqué, VINCI Airports insiste sur la continuité de son engagement au Portugal, où ANA exploite déjà un réseau de 10 aéroports. Le groupe affirme poursuivre simultanément la modernisation de l’existant, avec plusieurs chantiers à Lisbonne, Porto, Faro, ainsi que dans les Açores et à Madère.
Lisbonne sous tension capacitaire
L’intérêt du projet se lit aussi à la lumière de la pression exercée sur l’aéroport Humberto Delgado, l’actuelle plate-forme lisboète. En 2024, l’aéroport de Lisbonne a franchi pour la première fois le seuil des 35 millions de passagers, sur un total de 69,2 millions pour l’ensemble du réseau ANA, selon le rapport de gestion 2024 du concessionnaire.
Cette croissance intervient dans un aéroport déjà contraint par sa configuration urbaine et ses limites d’extension, ce qui explique la priorité donnée, depuis des années, à une solution de remplacement à plus grande échelle. Le plan actuellement porté par ANA et le gouvernement vise donc à traiter à la fois la saturation de Lisbonne et la montée durable du trafic aérien portugais.
Capacités et calendrier
Le futur aéroport Luís de Camões est conçu pour accueillir 56 millions de passagers par an dès son ouverture, avec deux pistes, 120 postes de stationnement avions, 194 bornes de self check-in et un terminal d’environ 500 000 m². Le projet s’appuie aussi sur un schéma multimodal comprenant le troisième pont sur le Tage, une liaison ferroviaire à grande vitesse et de nouvelles connexions routières.
Le calendrier reste toutefois soumis à plusieurs jalons administratifs. Selon les éléments publiés autour du dossier, la validation environnementale, les arbitrages de l’État portugais et la définition finale du montage financier restent déterminants avant l’entrée dans la phase de construction proprement dite.
Moderniser le réseau existant
VINCI Airports met aussi en avant un programme d’investissements continu sur le réseau portugais. À Lisbonne, les travaux incluent notamment la nouvelle jetée sud, la rénovation de la jetée centrale, le parking avions sud du terminal 2 et la zone de contrôle aux frontières ; à Porto, la réhabilitation complète de la piste, le centre de contrôle des opérations et la modernisation du terminal ; à Faro, aux Açores et à Madère, d’autres opérations d’expansion et de modernisation sont également prévues.
Un projet encore sous surveillance
Le futur aéroport de Lisbonne n’a jamais été un dossier purement technique. Depuis plusieurs années, il cristallise des enjeux environnementaux, territoriaux et politiques, notamment en raison de son implantation à Alcochete, sur la rive sud du Tage. Les autorités examinent de près l’impact du projet sur les milieux naturels et sur sa desserte, ce qui rend l’étude d’impact environnemental déterminante dans le calendrier actuel.
Pour VINCI Airports, l’enjeu est désormais de démontrer que le projet peut concilier capacité, compétitivité et durabilité. Nicolas Notebaert, directeur général Concessions de VINCI et président de VINCI Airports, résume cette ligne : « Avec cette nouvelle avancée significative, nous franchissons une étape clé dans la préparation du futur aéroport de Lisbonne tout en continuant d’investir massivement dans les infrastructures aéroportuaires actuelles du pays ». « VINCI Airports réaffirme ainsi son engagement à mettre son expertise, son savoir-faire et sa capacité d’investissement au service des ambitions du Portugal, en développant des plateformes aéroportuaires modernes, compétitives et durables, capables de répondre à la demande croissante de mobilité, de soutenir le développement économique et d’accompagner la transition environnementale du pays », ajoute-t-il.

Ibrahim a commenté :
25 juillet 2026 - 15 h 51 min
L’ensemble des aéroports géré par le groupe Vinci sont une calamité