Lufthansa et le syndicat allemand de pilotes Vereinigung Cockpit (VC) ont conclu un accord de principe pour encadrer leurs différends par l’arbitrage et la médiation. Le dispositif, qui concerne Lufthansa Airlines, Lufthansa Cargo, Lufthansa CityLine et Eurowings, doit réduire le risque de nouveaux mouvements sociaux après un premier semestre particulièrement coûteux et perturbateur pour les passagers.

Lufthansa et les pilotes VC misent sur l’arbitrage

Lufthansa tente de refermer une séquence sociale particulièrement mouvementée. La compagnie allemande et le syndicat de pilotes Vereinigung Cockpit (VC) sont convenus d’un cadre destiné à traiter leurs litiges par des procédures d’arbitrage et de médiation, plutôt que par une nouvelle escalade vers la grève.

Selon une communication de VC rapportée par Reuters, la procédure d’arbitrage couvrira Lufthansa Airlines — la compagnie historique du groupe — mais aussi Lufthansa Cargo, Lufthansa CityLine et Eurowings. La médiation doit, elle, aller au-delà des seuls dossiers contractuels et s’attaquer aux difficultés plus générales qui minent la relation entre la direction et le syndicat. Lufthansa a confirmé l’existence d’un accord de principe, sans en détailler le contenu.

L’enjeu est considérable pour le transporteur : dans un réseau organisé autour des hubs de Francfort et Munich, une grève des personnels navigants techniques désorganise rapidement les rotations, les correspondances européennes et intercontinentales, ainsi que les activités cargo.

Les retraites au cœur du conflit

Le différend ne se résume pas à la rémunération des pilotes. Il porte notamment sur le régime de retraite d’entreprise des équipages de cockpit, un sujet récurrent dans les relations sociales de Lufthansa avec VC.

En mars, le groupe avait proposé de transférer certains droits liés au régime de transition vers le dispositif de retraite d’entreprise. Lufthansa estimait alors qu’un tel mécanisme pouvait améliorer les prestations de retraite jusqu’à 50%, sans accroître le coût total des régimes pour l’entreprise. La direction soulignait aussi la nécessité de préserver une visibilité suffisante pour les personnels proches du départ à la retraite.

Cette architecture reste néanmoins sensible : pour les pilotes, la protection sociale et les garanties de carrière constituent des éléments centraux du contrat de travail ; pour Lufthansa, elles pèsent sur la structure de coûts d’une compagnie historique soumise à une concurrence intense en Europe et sur le long-courrier.

Des grèves au lourd impact opérationnel

L’accord intervient après six jours consécutifs de grève en avril, déclenchés autour des retraites des pilotes et d’autres questions contractuelles. Ces mouvements ont perturbé les voyages de centaines de milliers de passagers. Lufthansa estime que les conflits sociaux ont coûté près de 200 millions d’euros au groupe au premier semestre.

Le 13 avril, une seule journée de grève avait déjà entraîné l’annulation de centaines de vols. À Francfort, 570 décollages ou atterrissages — majoritairement opérés par Lufthansa — avaient été supprimés, affectant plus de 50 000 voyageurs. À Munich, 720 annulations avaient été recensées sur deux jours. Lufthansa avait dû réduire environ deux tiers de son programme court et moyen-courrier et la moitié de son offre long-courrier ; Eurowings avait maintenu environ 60% de ses vols programmés.

Pour les passagers, le nouveau cadre ne vaut donc pas encore garantie absolue de régularité. Mais il offre une voie de dialogue structurée, susceptible d’éviter que chaque désaccord tarifaire ne se traduise immédiatement par une réduction massive du programme de vols.

Une paix sociale encore conditionnelle

L’accord ne règle pas, à ce stade, les litiges de fond. VC a précisé qu’il comportait des clauses permettant aux deux parties de se retirer si la procédure n’atteint pas ses objectifs. Il s’agit donc davantage d’un mécanisme de sortie de crise que d’un règlement définitif.

Le précédent accord collectif conclu en 2023 entre Lufthansa Group et VC concernait environ 5 200 pilotes de Lufthansa Airlines et Lufthansa Cargo. Il prévoyait des hausses de salaire cumulées de plus de 18% entre décembre 2023 et janvier 2026, ainsi que davantage de prévisibilité dans les plannings, notamment dix jours de repos garantis par mois. Son volet salarial court au moins jusqu’au 31 décembre 2026, tandis que l’accord sur les conditions de travail s’étend jusqu’à fin 2027.

Lufthansa et ses pilotes choisissent l’arbitrage pour éviter de nouvelles grèves 1 Air Journal

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