Le trafic de passagers poursuit sa progression en Turquie, tandis que l’aéroport d’Istanbul a dépassé Londres-Heathrow en juillet.

Entre janvier et juillet 2026, les aéroports turcs ont enregistré 138,76 millions de passagers, transit compris. Ce trafic a progressé de 2,6% par rapport à la même période de 2025, selon les données de la Direction générale de l’Autorité des aéroports de l’État (DHMİ). Le réseau intérieur a totalisé 60,48 millions de passagers. Les vols internationaux ont représenté 78,22 millions de voyageurs. En juillet seul, les aéroports du pays ont accueilli 26,8 millions de passagers, dont 16,31 millions sur les liaisons internationales.

« Le nombre de passagers ayant voyagé par voie aérienne a dépassé la population cumulée de 18 pays membres de l’Union européenne » au cours des sept premiers mois de 2026, a souligné le ministre turc des Transports et des Infrastructures, Abdulkadir Uraloğlu, cité par l’agence Anadolu. Les aéroports des principales destinations touristiques ont participé à cette dynamique. Antalya, Izmir, Dalaman, Milas-Bodrum et Gazipaşa-Alanya ont accueilli ensemble 32,19 millions de voyageurs sur les sept premiers mois de l’année.

Istanbul devant Londres-Heathrow
En juillet, l’aéroport d’Istanbul a accueilli 8,15 millions de passagers, dont 6,33 millions sur les vols internationaux. Londres-Heathrow, jusqu’ici première plateforme européenne, en a reçu 7,86 millions durant le même mois. Le hub turc devance ainsi la plateforme britannique au plus fort de la saison estivale.
De janvier à juillet, Istanbul a traité 48,07 millions de voyageurs. Le trafic international a représenté 38,02 millions de passagers, contre 10,05 millions sur le réseau intérieur. « À l’aéroport d’Istanbul, le trafic de passagers s’est établi à 48 068 524 personnes », a indiqué le ministre Abdulkadir Uraloğlu, dont 38 016 797 sur les liaisons internationales.
Sabiha-Gökçen, deuxième aéroport d’Istanbul, a de son côté accueilli 28,01 millions de voyageurs sur les sept premiers mois de l’année. Les deux plateformes de la métropole turque totalisent donc plus de 76 millions de passagers depuis janvier.

Un hub favorisé par les détours
La progression d’Istanbul, premier aéroport international turc, intervient dans un contexte de recomposition des flux aériens. La guerre entre les États-Unis et l’Iran perturbe les opérations et les correspondances dans plusieurs hubs du Moyen-Orient. Les restrictions de survol, les modifications de routes et l’incertitude sur certains marchés ont entraîné un recul des liaisons vers le Moyen-Orient. La fréquentation des principaux hubs du Golfe, Doha, Abou Dhabi et Dubaï, a diminué d’environ 20% sur un an en juillet.
Situé au carrefour de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et du Moyen-Orient, l’aéroport d’Istanbul peut capter une partie des voyageurs qui évitent ou ne peuvent plus utiliser les plateformes du Golfe. La compagnie nationale Turkish Airlines y dispose d’un vaste réseau de correspondances, soutenu par une capacité aéroportuaire importante et une exploitation ouverte 24h/24.
Le dépassement de Londres- Heathrow en juillet ne préjuge pas du classement annuel. Il confirme toutefois la montée en puissance du hub d’Istanbul, dans un marché aérien turc porté à la fois par le tourisme, le trafic domestique et l’envolée des vols de correspondance.

La Turquie en pleine ascension : Istanbul dépasse Londres-Heathrow sur fond de perturbations au Moyen-Orient 1 Air Journal

@AJ/DR