Une famille noire réclame 1,2 million de dollars de dommages et intérêts à Southwest Airlines, qu’elle accuse de discrimination et d’humiliation publique lors d’un embarquement à l’aéroport de Portland, dans l’Oregon.

L’affaire, qui porte sur la gestion d’une arme correctement déclarée selon les plaignants, illustre la sensibilité extrême des procédures de sûreté lorsqu’elles se déplacent du comptoir d’enregistrement jusqu’à la porte d’embarquement.

Southwest poursuivie après un incident à Portland

Southwest Airlines fait l’objet d’une plainte civile déposée le 11 août devant le tribunal du comté de Multnomah, dans l’Oregon. La famille DeWeese, qui devait voyager de Portland International Airport (PDX) à destination de New Orleans (MSY) en août 2025, réclame 1,2 million de dollars à la compagnie américaine. Selon la plainte, relayée par la chaîne locale KATU, le père de famille avait signalé et enregistré une arme à feu au comptoir Southwest, conformément aux formalités prévues. Il aurait ensuite été invité à revenir au comptoir afin de régler un problème lié à cette arme, tandis que le reste de sa famille poursuivait son chemin vers la porte d’embarquement.

C’est à ce moment que la situation aurait dégénéré. D’après les éléments rapportés par KATU, l’agente de porte mise en cause, Melissa Stallcup, aurait appelé le nom de famille à voix haute et déclaré que les passagers ne pourraient pas embarquer, affirmant qu’une des filles transportait une arme. La plainte conteste formellement cette version : l’arme se trouvait, selon la famille, dans le circuit d’enregistrement et son propriétaire était alors au comptoir.

Des propos présumés humiliants à la porte

Les plaignants affirment également que l’agente aurait indiqué aux filles que leur père se trouvait « en garde à vue », ce qu’ils jugent faux. Lorsque ce dernier a rejoint la porte, il aurait trouvé ses enfants « stressées, effrayées et bouleversées » par l’échange, selon le récit de la plainte repris par KATU. L’altercation se serait poursuivie devant les autres voyageurs. La procédure fait état de la phrase : « vous faites toujours tout tourner autour de la race », selon la plainte citée par KATU.

La famille reproche à Southwest non seulement les paroles imputées à son employée, mais aussi l’exposition publique d’une question de sûreté particulièrement sensible. Dans un aéroport, toute référence audible à une arme ou à une interpellation policière peut susciter inquiétude parmi les passagers, mobilisation d’agents de sûreté et perturbation de l’embarquement. La plainte soutient par ailleurs qu’une fille de la famille a été accusée à tort de ne pas avoir acquitté le supplément pour transporter un chat en cabine. La famille assure que ce paiement avait déjà été effectué.

Arme enregistrée : les règles de Southwest

Sur le fond, le transport d’une arme par un passager n’est pas interdit aux États-Unis, mais il obéit à un protocole strict. Southwest précise que les armes sont prohibées en cabine, sauf cas spécifiques concernant certains personnels des forces de l’ordre autorisés à voyager armés. Elles peuvent en revanche être placées en soute à condition d’être déclarées au comptoir, déchargées, et rangées dans un étui rigide verrouillé.

La compagnie indique aussi la déclaration de l’arme doit être faite à un agent Southwest au comptoir. Ces dispositions visent à maintenir la traçabilité de l’objet et à éviter toute ambiguïté entre une arme enregistrée légalement et un objet susceptible de poser une menace dans la zone d’embarquement.

C’est précisément ce point qui pourrait compter dans l’examen de l’affaire. Si l’arme avait bien été déclarée et conditionnée conformément aux règles de la compagnie, comme l’allègue la famille, le dossier portera moins sur la légitimité du contrôle initial que sur la manière dont l’incident a été communiqué et traité à la porte d’embarquement.

Le transport du chat également évoqué

La plainte indique également qu’une représentante de Southwest aurait reproché à la famille de ne pas avoir réglé les frais liés au transport de son chat en cabine. Les plaignants contestent cette affirmation, soutenant que le supplément avait déjà été acquitté.

Southwest autorise le transport en cabine de petits chats et chiens domestiques, sous réserve qu’ils voyagent dans une caisse adaptée. La compagnie affiche actuellement un tarif de 125 dollars par caisse de transport et par trajet intérieur aux États-Unis continentaux ; la caisse est comptabilisée comme bagage cabine ou objet personnel. Le tarif qui était en vigueur lors des faits allégués, en août 2025, devra toutefois être établi à partir des pièces versées à la procédure. Cet élément figure parmi les griefs présentés par la famille dans son action contre la compagnie.

Une procédure de sûreté vire à l’affrontement : Southwest accusée de discrimination à Portland aux Etats-Unis 1 Air Journal

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