Le vol AF966 d’Air France, parti de Paris-Charles-de-Gaulle jeudi matin à destination de Tel Aviv, a fait demi-tour alors qu’il survolait la Turquie. La décision intervient dans le contexte d’une interruption soudaine des opérations à l’aéroport Ben Gourion, provoquée par un mouvement social et par des difficultés de gestion des flux en pleine période de pointe estivale.
Air France AF966 fait demi-tour au-dessus de la Turquie
Ils se rapprochaient de leur destination, mais ont finalement dû repartir dans l’autre sens. Le vol AF966 d’Air France, reliant Paris-Charles-de-Gaulle à Tel Aviv-Ben Gourion ce jeudi 20 août, a été contraint de rebrousser chemin au-dessus de la Turquie, à la suite de la suspension temporaire des arrivées à l’aéroport israélien.
Selon les données rapportées par le site spécialisé Airlive, le Boeing 777-300ER immatriculé F-GSQB avait décollé de Roissy vers 9 h 30, heure de Paris. L’équipage aurait pris connaissance des restrictions opérationnelles alors que l’appareil approchait déjà de la Méditerranée orientale, après environ trois heures de vol. Plutôt que de se placer en attente ou de se dérouter vers une escale régionale, le vol a fait route vers son aéroport de départ.
Cette décision illustre la marge de manœuvre limitée des compagnies lorsque l’aéroport de destination cesse, même brièvement, d’accepter les vols. À ce stade d’un Paris–Tel Aviv, poursuivre le voyage suppose de pouvoir atterrir, disposer d’un poste de stationnement et d’une assistance au sol ; une attente prolongée ou un déroutement doit aussi rester compatible avec les réserves de carburant, les contraintes d’équipage et les capacités des aéroports alternatifs.
Ben Gourion brièvement fermé aux arrivées
La perturbation a débuté jeudi après-midi à l’aéroport Ben Gourion. L’Israel Airports Authority (IAA), l’autorité aéroportuaire israélienne, a fait état de perturbations liées à une action des salariés : les comptoirs d’enregistrement ont été fermés et les arrivées suspendues à partir de 14 heures, heure locale, tandis que les départs devaient se poursuivre selon un programme réduit.
L’exploitation a ensuite repris progressivement à partir de 15 heures. Une interruption relativement courte, mais aux effets immédiats sur le programme des compagnies : dans un système aéroportuaire très cadencé, quelques dizaines de minutes de fermeture peuvent suffire à désorganiser les rotations, les créneaux d’arrivée et l’utilisation des postes de stationnement.
Les vols en route ont, selon leur position et leurs contraintes opérationnelles, dû patienter, se dérouter ou retourner vers leur point de départ. Air France n’a pas été la seule compagnie concernée : des vols de Lufthansa, Swiss et LOT auraient également rebroussé chemin, tandis qu’un avion de Wizz Air venant de Londres s’est posé à Paphos, à Chypre.
Une journée de très forte affluence
L’incident est intervenu lors de l’une des journées les plus chargées de l’été pour la principale plate-forme internationale israélienne. Environ 107 000 passagers et quelque 610 mouvements étaient attendus jeudi à Ben Gourion.
Le fond du conflit porte sur les effectifs et les conditions de travail. L’autorité aéroportuaire a mis en cause le comité des salariés, estimant que l’arrêt de travail avait désorganisé le fonctionnement de la plate-forme. De son côté, la Histadrut, la centrale syndicale israélienne, a contesté l’expression de « grève surprise ». L’IAA assure avoir engagé de nouveaux recrutements et juge qu’une interruption de l’activité « au plus fort de la saison estivale » pénalise d’abord les voyageurs.

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