La grève de douze contrôleurs aériens norvégiens a entraîné la fermeture d’Oslo-Gardermoen au trafic commercial régulier, dimanche 23 août, de 6h30 à 11h30. Si l’aéroport a repris progressivement ses opérations à la mi-journée, la désorganisation s’est prolongée sur l’ensemble du réseau, avec annulations, retards en cascade et une capacité du contrôle aérien durablement réduite.
Oslo-Gardermoen fermé cinq heures par la grève des contrôleurs
Le principal aéroport de Norvège, Oslo-Gardermoen (OSL), a été fermé au trafic aérien régulier dimanche matin entre 6h30 et 11h30, conséquence directe d’un mouvement social entamé vendredi par les contrôleurs aériens norvégiens. La mesure concernait les vols commerciaux. Les missions médicales, de recherche et sauvetage, de police ou militaires restaient prioritaires, tandis que la capacité disponible du contrôle aérien était consacrée aux opérations considérées comme essentielles.
L’aéroport a rouvert vers 11h30, mais le redémarrage a été nécessairement progressif. Le premier départ a été enregistré à 11h36, puis la première arrivée à 11h43, selon les données de trafic. Une fermeture de cinq heures au cœur de la rotation matinale ne se rattrape pas en quelques minutes : avions et équipages sont déplacés, créneaux de stationnement occupés, correspondances perdues et programmes de vols réorganisés.
Près de 140 mouvements annulés à Oslo
Dimanche soir, environ 140 mouvements programmés à Oslo-Gardermoen apparaissaient annulés. Norwegian aurait concentré la plus forte part des suppressions enregistrées à Oslo, avec 64 mouvements annulés dans le flux de données d’Avinor, devant SAS avec 47 et Widerøe avec six. Norwegian a, de son côté, indiqué que la fermeture dominicale avait affecté environ 9 000 de ses passagers.
La perturbation est d’autant plus sensible qu’Oslo-Gardermoen constitue le pivot des liaisons domestiques norvégiennes et une plateforme majeure pour les liaisons scandinaves et européennes. L’aéroport devait accueillir ce dimanche-là quelque 95 500 passagers, selon une prévision estivale d’Avinor.
Bergen, Stavanger et l’espace aérien de l’Ouest également touchés
Le conflit ne se limite pas à Gardermoen. Les douze contrôleurs initialement appelés à la grève travaillent dans des unités liées à Oslo-Gardermoen, à son contrôle d’approche, à Bergen-Flesland et au contrôle régional de l’ouest de la Norvège. La réduction des effectifs affecte donc à la fois les aéroports et l’espace aérien qu’ils desservent. Samedi soir, l’espace aérien desservant notamment Bergen-Flesland (BGO) et Stavanger-Sola (SVG) a ainsi été fermé au trafic régulier entre 18h45 et 22h20. Plus de 300 passagers ont dû passer la nuit à l’aéroport de Bergen, où Avinor a mis à disposition des lits de camp et ouvert des espaces supplémentaires après les contrôles de sûreté.
Un conflit sur les pauses et les conditions de travail
La grève est intervenue après l’échec de la médiation entre le syndicat des contrôleurs aériens, le Norsk Flygelederforening (NFF), et l’organisation patronale Spekter, liée à Avinor Flysikring, prestataire des services de navigation aérienne en Norvège. Le médiateur national Mats Wilhelm Ruland a estimé que les positions demeuraient trop éloignées pour permettre de soumettre une proposition susceptible d’être acceptée par les deux camps.
Selon Spekter, l’accord rejeté comprenait notamment des hausses salariales conformes au cadre général des négociations nationales, évaluées à environ 62 000 couronnes norvégiennes, soit près de 5 300 euros, en moyenne par contrôleur. Le syndicat affirme toutefois que le cœur du différend porte moins sur les salaires que sur l’organisation du travail, les pauses et les conditions d’exercice. « Les contrôleurs peuvent risquer de travailler entre huit et seize heures sans pause, ce que nous jugeons inacceptable », a déclaré Robert Gjønnes, dirigeant du syndicat. Une nouvelle escalade a été annoncée à partir de mardi, avec huit contrôleurs supplémentaires susceptibles de rejoindre le mouvement. Avinor anticipait alors des effets directs à Tromsø ainsi que dans l’espace aérien du centre et du nord du pays.
Passagers : remboursement ou réacheminement, mais pas d’indemnité forfaitaire
Avinor recommande aux voyageurs de contrôler en priorité le statut de leur vol auprès de la compagnie, via son application, son site internet, ses SMS ou ses courriels. En l’absence d’avis d’annulation ou de consigne contraire, les passagers doivent se présenter normalement à l’aéroport. L’exploitant insiste également sur un point crucial : le voyageur ne doit pas annuler lui-même une réservation simplement par crainte de la grève. « Si vous annulez de votre propre initiative, cela peut affecter votre droit à un remboursement ou à une autre assistance », avertit Avinor.
En cas d’annulation ou de retard important, la compagnie demeure l’interlocuteur responsable pour le réacheminement, le remboursement, l’assistance — restauration, hébergement et transport vers l’hôtel lorsque les conditions sont réunies — et l’information au passager. Le droit européen applicable en Norvège permet notamment de choisir entre remboursement et réacheminement lorsqu’un vol est annulé.
En revanche, l’indemnité forfaitaire prévue par le règlement européen 261/2004 n’est en principe pas due lorsqu’une grève externe des services de contrôle aérien est qualifiée de circonstance extraordinaire échappant à la maîtrise de la compagnie. Cela ne dispense pas pour autant le transporteur de ses obligations de prise en charge et de ré-acheminement.

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