Les syndicats SNPNC-FO et CGT ont reconduit jusqu’au 6 septembre inclus le mouvement de grève des personnels navigants commerciaux (PNC) de French Bee. Des perturbations, voire des annulations ponctuelles, restent possibles sur le réseau long-courrier de la compagnie aérienne française, qui a déjà recouru à des affrètements pour maintenir son programme de vols.

Après un premier mouvement engagé du 27 au 31 août 2026, les deux syndicats ont annoncé hier la reconduction de la grève des hôtesses et stewards du lundi 1er septembre à 00h01 au dimanche 6 septembre à 23h59. Dans leur communiqué, ils expliquent cette décision par l’absence de négociations avec la direction malgré une mobilisation qui « ne cesse de progresser ». Ils dénoncent notamment une dégradation des conditions de travail des PNC, avec des plannings jugés instables, des changements tardifs, des difficultés à bénéficier de repos fiables, une fatigue croissante et un manque de reconnaissance.

Des vols maintenus, mais sous surveillance
Lors du lancement de la grève, French Bee indiquait maintenir l’ensemble de son programme de vols et se disait mobilisée pour assurer la continuité de ses opérations. Elle avait toutefois recours à des avions affrétés avec équipage, notamment auprès de l’espagnole Wamos Air, afin de préserver son programme.

Cette organisation n’a pas empêché des ajustements. Un vol Paris-Orly–Los Angeles avait été annulé, les voyageurs devant être réacheminés vees New York-Newark Liberty et ensuite sur un vol d’Alaska Airlines. Les lignes transatlantiques figurent ainsi parmi celles susceptibles d’être les plus exposées lorsque la disponibilité des équipages est réduite.

Le SNPNC-FO affirme de son côté que des « moyens opérationnels et financiers considérables » sont mobilisés pour maintenir les vols, notamment grâce aux affrètements, alors qu’aucune solution négociée n’aurait été recherchée avec les représentants des salariés.

A ce stade, aucune liste consolidée d’annulations ou de rotations modifiées pour la période du 1er au 6 septembre n’a été publiée. Les passagers doivent donc vérifier régulièrement le statut de leur vol auprès de French Bee, surveiller leurs courriels et anticiper davantage de temps à l’aéroport en cas de modification de programme.

Tahiti, La Réunion et l’Amérique du Nord concernées
La mobilisation concerne les PNC de French Bee, notamment basés à Paris-Orly et à La Réunion. Elle est donc susceptible d’affecter les dessertes long-courriers de la compagnie aérienne, dont les liaisons entre Paris et La Réunion, Tahiti, New York-Newark Liberty, Miami, Los Angeles, San Francisco, Montréal et Punta Cana.

Avant le début du premier préavis, des médias polynésiens évoquaient déjà un risque sur la régularité des rotations à destination et au départ de Tahiti, sans que French bee ne communique alors sur l’ampleur possible des perturbations.

Les syndicats avaient initialement fait savoir que les passagers pourraient subir les conséquences du conflit faute d’avancées concrètes. La prolongation du mouvement jusqu’au 6 septembre augmente donc le risque de retards, de changements d’appareil, de réacheminements ou d’annulations ciblées, même si elle ne signifie pas que tous les vols French Bee seront supprimés.

Les revendications du personnel navigant
Au-delà des salaires, évoqués dans les premiers éléments du conflit, les syndicats mettent en avant l’organisation du travail. Ils réclament une meilleure stabilité des plannings, le respect effectif des périodes de repos et une prise en compte de la fatigue liée aux rotations long-courriers.

Dans le communiqué annonçant la reconduction, le SNPNC-FO conteste aussi les communications faisant porter aux salariés la responsabilité des conséquences économiques du mouvement. Le syndicat refuse par ailleurs que les difficultés d’exploitation soient attribuées aux seuls arrêts maladie de dernière minute, estimant qu’une hausse de ces absences devrait conduire à examiner les causes liées à l’organisation du travail et aux conditions de santé des personnels.

« Nous ne sommes pas les adversaires de French Bee. Nous sommes French Bee », souligne le syndicat, qui se dit disponible pour l’ouverture immédiate de négociations sérieuses afin de mettre fin au conflit.

Une compagnie aérienne sous contrainte
Filiale du Groupe Dubreuil, également propriétaire d’Air Caraïbes, French Bee opère une flotte de six Airbus A350 depuis Paris-Orly vers des destinations long-courriers en Amérique du Nord, dans l’océan Indien et dans le Pacifique. Elle a transporté 1,2 million de passagers en 2025, pour un chiffre d’affaires de 494 millions d’euros, mais a enregistré une perte nette de 7 millions d’euros sur l’exercice.

Dans ce contexte, la capacité de French Bee à préserver son programme de vols pendant la nouvelle séquence de grève dépendra du niveau de mobilisation des équipages et de ses possibilités d’affrètement ou de réacheminement.

French Bee : la grève des hôtesses et stewards prolongée jusqu’au 6 septembre 1 Air Journal

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