Le processus de privatisation partielle de TAP Air Portugal entre dans une phase décisive. Le gouvernement portugais a annoncé avoir demandé à Air France-KLM et au groupe Lufthansa de revoir leurs propositions à la hausse pour entrer au capital de la compagnie nationale portugaise.
Les deux groupes aériens européens avaient remis, fin juillet, des offres fermes en vue d’acquérir une participation de 44,9% dans TAP Air Portugal. Lisbonne souhaite désormais obtenir des conditions améliorées avant de sélectionner le partenaire appelé à accompagner la compagnie aérienne portugaise dans sa prochaine phase de développement.
Jusqu’à 49,9% du capital cédés
Le Portugal a relancé en juillet 2025 la privatisation de TAP, un dossier plusieurs fois repoussé depuis la renationalisation de l’entreprise durant la crise Covid. Le projet porte sur la cession de 49,9% du capital de la compagnie.
Dans ce dispositif, 44,9% sont destinés à un investisseur stratégique, tandis que les 5% restants doivent être réservés aux salariés. L’État portugais entend donc conserver le contrôle de TAP et préserver son influence sur les orientations de la compagnie, notamment sur les liaisons jugées essentielles pour la connectivité du pays.
La demande adressée à Air France-KLM et à Lufthansa confirme que les autorités portugaises veulent mettre en concurrence les deux candidats afin d’obtenir un engagement industriel, commercial et financier plus favorable. Le contenu précis des propositions initiales, comme celui des améliorations demandées, n’a pas été rendu public.
Une cible stratégique en Europe du Sud
TAP constitue l’une des dernières compagnies aériennes nationales européennes d’envergure encore indépendantes. Sa position à Lisbonne, entre l’Europe, le Brésil, l’Afrique lusophone et l’Amérique du Nord, représente un intérêt particulier pour les grands groupes européens cherchant à renforcer leur présence sur les marchés transatlantiques.
Pour Air France-KLM, une entrée au capital de TAP permettrait de consolider l’accès du groupe franco-néerlandais à la péninsule Ibérique et, surtout, à un réseau historiquement dense vers le Brésil et les pays africains de langue portugaise. Le hub de Lisbonne offrirait également des complémentarités avec Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol.
Lufthansa y verrait, de son côté, l’occasion de compléter son maillage en Europe du Sud et sur l’Atlantique, tout en renforçant son accès aux marchés lusophones. Le groupe allemand s’appuie déjà sur plusieurs compagnies aériennes, dont Lufthansa, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways et SWISS, ce qui pourrait nourrir des synergies commerciales et opérationnelles avec TAP.
Le gouvernement portugais garde la main
Le choix du futur investisseur ne reposera pas uniquement sur le montant financier proposé. Lisbonne avait insisté, lors du lancement du processus, sur la nécessité de préserver l’identité de TAP Air Portugal, le rôle de Lisbonne comme hub international ainsi que la desserte des régions autonomes des Açores et de Madère.
La connectivité du Portugal avec ses principaux marchés touristiques et économiques, particulièrement le Brésil, l’Afrique lusophone, l’Amérique du Nord et l’Europe, devrait également peser dans l’évaluation des offres. Le gouvernement entend éviter un scénario dans lequel TAP deviendrait un simple transporteur régional intégré à un grand groupe européen, au détriment de son réseau long-courrier et de l’activité à Lisbonne.
Le dossier reste donc éminemment politique. Après avoir été sauvée par l’État pendant la pandémie, TAP demeure un actif stratégique pour le Portugal, notamment pour son tourisme, son économie exportatrice et les liens historiques du pays avec les communautés lusophones.
Une décision attendue
À ce stade, aucune indication n’a été donnée sur le calendrier précis d’une sélection entre Air France-KLM et Lufthansa, ni sur la possibilité de négociations supplémentaires. La demande d’offres améliorées laisse cependant entendre que Lisbonne n’a pas encore arrêté son choix.
La procédure pourrait accélérer une fois les propositions révisées remises par les deux candidats. Pour Air France-KLM comme pour Lufthansa, l’enjeu dépasse l’acquisition d’une participation de 44,9% : il s’agit de s’allier à une compagnie aérienne dotée d’un hub atlantique stratégique, d’une marque reconnue et d’un réseau particulièrement solide vers le Brésil et l’Afrique lusophone.

@TAP Air Portugal
Réponse a commenté :
5 septembre 2026 - 17 h 58 min
Les Portuguais ne sont pas dupes. Si AFKL prend une participation dans TAP, les escales citées plus Porto perdront tout. MR Smith a des précédents en France. Il a tout fermé partout privilégiant le seul hub de CDG.
LH est leur meilleure solution.
Jojo a commenté :
6 septembre 2026 - 9 h 06 min
N’importe quoi …
Quand on voit comment Spohr a géré ses filiales 🙂
Ce que vous dites est ridicule. a commenté :
6 septembre 2026 - 9 h 54 min
Pour l’exploitation d’Air France seule, il est vrai que c’est le recentrage sur le hub de CDG.
Mais pour ce qui est de celle de KLM, il n’y a eu aucune fermeture sur AMS au profit de CDG: chacune des deux compagnies est centrée sur son hub: CDG pour AF et AMS pour KLM, avec pour les deux compagnies une autonomie assez forte…même si l’on ne peut plus parler d’indépendance, appartenance à un groupe obligé!
C’est justement ce modèle qui a séduit en Europe du Nord et au gouvernement danois lorsqu’il fut décidé de vendre jusqu’à 65% de SAS au groupe AFKLM ( pas à AF seule, ni à KLM seule, mais bien au groupe : c’est important!), car il apportait l’assurance du maintien de Copenhague comme hub de SAS et permettait de conserver une autonomie à la compagnie scandinave.
C’est exactement le même modèle que le groupe a proposé au gouvernement portugais. Que ce dernier face monter les enchères est juste normal: rien qu’une préoccupation louable de tous les bons vendeurs!
Donald Trump a commenté :
6 septembre 2026 - 14 h 13 min
Je pense que AFKLM aurait mieux fait de s’allier à delta prendre des parts dans LATAM et les faire entrer dans skyteam