La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé, le 15 octobre 2026, que le plafond annuel de 32 millions de passagers à Dublin pouvait être pris en compte dans l’attribution des créneaux aéroportuaires. Ryanair demande au gouvernement irlandais de supprimer cette restriction, alors qu’une loi adoptée en juillet lui en donne désormais la possibilité.
Ryanair accentue la pression sur le gouvernement de Micheál Martin. Dans un communiqué publié le 15 octobre, la compagnie irlandaise réclame la suppression du plafond de 32 millions de passagers applicable aux terminaux de Dublin. Elle réagit à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui conforte la prise en compte de cette limite dans la détermination des capacités offertes aux compagnies aériennes. « Le temps des tergiversations et des nouveaux retards du gouvernement de Micheál Martin est révolu », déclare Michael O’Leary, directeur général du groupe Ryanair. Il reproche aux deux principales formations de la coalition, Fine Gael et Fianna Fáil, de ne pas avoir concrétisé leur engagement de supprimer cette restriction.
Créneaux à Dublin : ce que dit la justice européenne
L’arrêt rendu dans l’affaire C-857/24, daa e.a., n’impose pas un nouveau plafond à Dublin. Il précise comment une limitation inscrite dans une autorisation d’aménagement doit être prise en compte dans l’application des règles européennes d’attribution des créneaux de décollage et d’atterrissage. Une telle contrainte ne peut être écartée lorsqu’elle limite effectivement la capacité opérationnelle de l’aéroport et s’impose à son exploitant.
Le contentieux porte sur des décisions prises en 2024 par l’Irish Aviation Authority (IAA) pour limiter les capacités proposées à Dublin afin de respecter le plafond. Ryanair et Aer Lingus les avaient notamment contestées devant la High Court irlandaise, qui avait saisi la CJUE. La juridiction nationale doit désormais trancher les recours à la lumière de cet arrêt. La décision concerne aussi les compagnies déjà présentes : le respect du plafond peut exceptionnellement conduire à ne pas réattribuer certaines séries de créneaux historiques, ou une partie de celles-ci. La Cour rappelle que ces allocations sont temporaires et ne constituent pas un droit de propriété définitivement acquis.
Deux pistes principales, mais une limite liée aux terminaux
Le plafond résulte des autorisations d’aménagement des terminaux accordées en 2007 et 2008. Fixé à 32 millions de passagers annuels pour leur fréquentation combinée, il répondait notamment à des préoccupations concernant les accès terrestres. Il ne correspond donc pas simplement à la capacité technique des pistes. Ryanair souligne néanmoins que l’ouverture de la piste nord, le 24 août 2022, a accru les possibilités d’exploitation de Dublin. La compagnie affirme que les deux pistes principales permettraient d’accueillir 60 millions de passagers par an. « Nous, les compagnies aériennes et nos passagers, payons des redevances aéroportuaires plus élevées à Dublin pour financer le développement de la deuxième piste, et nous devrions pouvoir l’utiliser », soutient Michael O’Leary dans le communiqué.
Une loi permet désormais de lever le plafond
Selon RTÉ, une loi promulguée en juillet donne au ministre des Transports et du Climat, Darragh O’Brien, le pouvoir de supprimer cette limite. Le ministre a indiqué vouloir agir aussi rapidement que possible, après une évaluation environnementale. L’adoption du texte n’a donc pas automatiquement aboli le plafond. Après l’arrêt européen, le ministère a pris acte de la décision sans autre commentaire, invoquant les procédures toujours pendantes devant la High Court. L’exploitant daa a, pour sa part, salué « une clarification bienvenue des différents régimes réglementaires qui concernent l’aviation en Irlande », selon sa déclaration rapportée par RTÉ. Il met également en avant son dossier d’aménagement de 2 milliards d’euros destiné à développer les capacités et les installations de Dublin.
Ryanair prévoit 40 millions de passagers en 2027
Pour appuyer sa demande, Ryanair affirme que Dublin dépassera 36 millions de passagers en 2026 et atteindra 40 millions en 2027. Michael O’Leary associe cette dernière projection à une baisse des redevances aéroportuaires décidée par l’IAA. « Nous devrions être autorisés à développer de nouvelles lignes, à proposer des tarifs plus bas et davantage de choix aux consommateurs irlandais et aux visiteurs », plaide le dirigeant. Mais tant que le plafond reste juridiquement applicable, l’arrêt européen confirme qu’il ne peut être ignoré dans l’attribution des créneaux. Le calendrier de sa suppression demeure donc déterminant pour les futurs programmes des compagnies à Dublin.

Le roi mol a commenté :
16 octobre 2026 - 20 h 58 min
Voilas ce qui vous attend les beauvaisiens !!!!!