Brussels Airport a annoncé l’installation de huit postes de contrôle supplémentaires aux arrivées en décembre, puis de six portiques automatiques début 2027. L’aéroport de la capitale belge veut réduire les files liées au système européen d’entrée et de sortie (EES). Fin septembre, certains voyageurs non européens ont attendu jusqu’à cinq heures pour franchir les contrôle aux frontières.
Malgré de premiers aménagements réalisés avant le déploiement de l’EES, Brussels Airport reconnaît que les délais restent excessifs. « Les temps d’attente restent trop élevés », reconnaît l’aéroport de Bruxelles dans un communiqué. En cause, selon l’exploitant aéroportuaire, les formalités supplémentaires imposées par le nouveau dispositif européen.
« Durant le pic du matin, le temps de traitement moyen par passager soumis à l’obligation de visa est deux à trois fois plus long… Cela a pour conséquence de longs temps d’attente au contrôle aux frontières au niveau des arrivées pour les passagers non européens à Brussels Airport », explique l’aéroport. Ce contrôle lié à l’EES dépasse les prévisions initiales et ralentit l’écoulement des passagers aux guichets. L’enregistrement des données biométriques, avec la prise d’une photographie du visage et le relevé des empreintes digitales, contribue à ces délais. Certains voyageurs qui pouvaient auparavant utiliser les portiques automatiques doivent aussi passer par un poste tenu par un agent. Après une légère amélioration en août, les attentes sont reparties à la hausse en septembre.
Huit guichets supplémentaires en décembre
Brussels Airport prévoit d’ajouter huit postes de contrôle avec personnel pour les passagers à l’arrivée en décembre. Leur nombre passera ainsi de douze à vingt. L’aéroport annonce une augmentation d’environ 66% de cette capacité de contrôle. La mise en service doit être organisée avec les autorités et les autres partenaires concernés. Cette extension fait suite à de premiers investissements en 2025. L’aéroport avait alors augmenté de 20% le nombre de postes manuels aux arrivées et de 25% celui des postes aux départs. Ces renforts n’ont pas suffi à absorber l’allongement des formalités lié à l’EES.
Six portiques automatiques supplémentaires doivent également être livrés début 2027. Ils s’ajouteront aux douze équipements existants, soit une hausse de 50% de leur nombre. Leur utilisation reste toutefois soumise aux conditions d’éligibilité des voyageurs et, pour certains ressortissants de pays tiers, à un enregistrement préalable dans l’EES. Le renforcement des installations doit s’accompagner de moyens humains. Selon l’agence Belga, des policiers supplémentaires sont en cours de formation pour renforcer les effectifs aux postes de contrôle.
Soixante bornes de pré-enregistrement toujours inutilisables
Un autre équipement reste attendu pour fluidifier le parcours des voyageurs. Brussels Airport a installé l’an dernier soixante bornes de pré-enregistrement. Elles doivent permettre d’accomplir une partie des formalités EES avant le passage au contrôle frontalier, afin de réduire le travail effectué aux guichets. Mais ces bornes ne sont toujours pas opérationnelles. L’aéroport de Bruxelles invoque des « problèmes techniques chez les fournisseurs des autorités publiques », selon les propos rapportés par l’agence Belga. Leur mise en service pourrait notamment contribuer à réduire les délais pour les passagers au départ.
L’enjeu dépasse donc l’ajout de guichets. Pour Brussels Airport, une meilleure utilisation des équipements automatiques et le fonctionnement des outils de pré-enregistrement sont également nécessaires pour réduire durablement les files.
L’aéroport demande davantage de souplesse
Brussels Airport plaide aussi pour des adaptations à l’échelle européenne. La plateforme souhaite faciliter l’accès des voyageurs non européens aux portiques automatiques. Elle demande également une application permettant d’effectuer certaines démarches avant l’arrivée à l’aéroport. Ces demandes rejoignent celles des organisations professionnelles ACI Europe, qui représente les aéroports, et Airlines for Europe, qui représente des compagnies aériennes. Toutes réclament que l’enregistrement des données biométriques puisse être temporairement suspendu lorsque les files deviennent excessives, tout en maintenant les contrôles de sécurité nécessaires.

@C.Denise/capture Facebook
Aucun commentaire !