Les quatre aéroports de Moscou ont de nouveau subi des interruptions de trafic les 23 et 24 octobre, sur fond d’alertes aux drones attribués à l’Ukraine. Des centaines de vols ont été retardés ou annulés. À Chérémétiévo, des passagers ont été dirigés vers des zones protégées. Aeroflot indique avoir hébergé plus de 2 600 voyageurs et distribué près de 11 000 bons de repas pour faire face aux conséquences des restrictions.
Les quatre aéroports moscovites touchés
Chérémétiévo, Vnoukovo, Domodedovo et Joukovski ont temporairement suspendu les arrivées et les départs vendredi 23 octobre. À un moment de la journée, le site Airports.ru recensait 69 vols annulés et 164 retardés dans les aéroports de la capitale. D’autres décomptes publiés dans la presse russe ont ensuite fait état de plus de 340 vols perturbés.
Les difficultés se sont prolongées samedi 24 octobre. À la mi-journée, plus de 210 vols étaient annoncés comme retardés ou annulés, selon un relevé du média russe Ostorojno Novosti. Chérémétiévo concentrait l’essentiel des perturbations, devant Vnoukovo. Les quatre aéroports moscouvites indiquaient fonctionner avec un programme de vols ajusté en raison des restrictions affectant l’espace aérien de plusieurs régions russes.
Des passagers mis à l’abri à Chérémétiévo
L’alerte du 23 octobre a entraîné des mesures particulières à Chérémétiévo, le principal aéroport de Moscou. Des voyageurs ont été invités à rejoindre des zones sûres. Certaines parties des terminaux ont été évacuées et des passagers déjà embarqués ont dû quitter leur avion, selon les informations de l’aéroport rapportées par The Moscow Times.
« Les passagers sont évacués et l’accès aux zones réservées de tous les terminaux est actuellement restreint », avait alors indiqué le service de presse de l’aéroport. Les voyageurs ont notamment reçu pour consigne de s’éloigner des fenêtres et de rester dans les espaces protégés ou les abris. Des images présentées sur les réseaux sociaux comme montrant des débris de drone sur une piste de Chérémétiévo ont également circulé, mais leur authenticité n’est pas établie. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a pour sa part annoncé plusieurs interceptions de drones se dirigeant vers la capitale.
Des déroutements vers d’autres villes
La fermeture simultanée des plateformes moscovites a obligé des avions à rejoindre des aéroports de dégagement. Le 23 octobre, l’aéroport Pulkovo, à Saint-Pétersbourg, a accueilli 25 vols déroutés depuis Moscou, selon le média local Fontanka, cité par The Moscow Times. Selon les décisions prises par les compagnies aériennes, les passagers sont restés à bord ou ont été autorisés à se mettre à l’abri dans le terminal de Pulkovo.
Une semaine auparavant, les restrictions avaient déjà provoqué d’importants changements d’itinéraire. Dans la nuit du 16 au 17 octobre, des vols d’Aeroflot et de flydubai avaient notamment été déroutés vers Nijni Novgorod. Des transferts en autocar vers Moscou avaient été organisés. Un vol en provenance d’Antalya (en Turquie) avait, lui, atterri à Saint-Pétersbourg dans l’attente d’une amélioration de la situation.
La réouverture d’un aéroport ne permet pas un retour immédiat à la normale. Après les restrictions du 17 octobre, Vnoukovo avait expliqué que la reprise des départs dépendait aussi de la disponibilité des avions et des équipages. Les services aéroportuaires et les transporteurs devaient donc réorganiser progressivement les rotations.
Aeroflot annonce une assistance renforcée
Aeroflot affirme avoir travaillé « en mode renforcé » pour gérer les conséquences des restrictions à Chérémétiévo. Entre 14 heures le 23 octobre et le matin du 24 octobre, la compagnie nationale russe indique avoir assuré plus de 200 vols à l’arrivée et au départ, et mis en place plusieurs mesures d’assistance : plus de 2 600 passagers hébergés à l’hôtel ; près de 11 000 bons de repas distribués ; 6 200 bouteilles d’eau et 2 000 sandwichs fournis à l’aéroport ; et près de 500 voyageurs acheminés vers leur destination par transport terrestre.
Ces données correspondent au bilan communiqué par Aeroflot, et non à l’ensemble des passagers affectés dans les quatre aéroports de Moscou. Des témoignages recueillis dans les terminaux font par ailleurs état de longues attentes et de difficultés pour obtenir des informations ou des repas.
Une succession de restrictions depuis la mi-octobre
Les perturbations des 23 et 24 octobre interviennent après un premier épisode majeur les 16 et 17 octobre. Plus de 350 vols avaient alors été retardés ou annulés le 17 octobre, principalement à Chérémétiévo. Plus de 200 vols avaient déjà été retardés la veille. Les conséquences avaient dépassé la région de Moscou. Le 17 octobre, des retards et des annulations étaient également signalés à Saint-Pétersbourg, Sotchi et Novossibirsk. À Sotchi, les arrivées et les départs avaient été interrompus pendant près de sept heures.
Ces suspensions relèvent du protocole de sécurité russe dit « Kover » (ou « tapis »). Il permet de fermer une portion d’espace aérien en présence d’une menace militaire ou d’objets non identifiés. Les restrictions s’appliquent alors au trafic civil pendant l’alerte. Selon le média d’investigation Agentstvo, les quatre aéroports moscovites ont connu des interruptions presque quotidiennes en octobre, parfois jusqu’à neuf heures sur une journée.
Moscou dit surveiller la situation financière du secteur
Malgré ces interruptions répétées, les autorités russes affirment ne pas constater, à ce stade, de dégradation financière justifiant des compensations spécifiques aux compagnies aériennes et aux aéroports.
« Nous surveillons en permanence la situation financière de nos entreprises aéronautiques, aéroports et compagnies aériennes, et nous ne constatons actuellement aucun écart », a déclaré Dmitri Iadrov, directeur de l’Agence fédérale des transports aériens russes, Rosaviatsia, selon l’agence Interfax. Il a précisé que la question de compensations liées aux restrictions de vol n’était pas à l’ordre du jour.
Andreï Nikitine, ministre russe des Transports, a évoqué les dispositifs de soutien existants, notamment les liaisons subventionnées. « Si nous estimons qu’une aide est nécessaire, nous chercherons bien sûr des mécanismes de soutien », a-t-il promis, selon l’agence TASS. Ces propos n’étaient toutefois pas accompagnés de l’annonce d’une enveloppe nouvelle destinée à couvrir les pertes provoquées par les alertes aux drones.
Serge13 a commenté :
25 octobre 2026 - 10 h 03 min
Parfait.