La compagnie australienne a conclu un accord portant sur la vente de 44 Boeing 737NG et de leurs 88 moteurs au spécialiste britannique des actifs aéronautiques AerFin. Les transferts s’échelonneront sur sept ans, à mesure du renouvellement de la flotte de Qantas.
Qantas prépare la fin de carrière d’une grande partie de ses Boeing 737, sans précipiter leur départ. AerFin a annoncé, le 4 novembre 2026, l’acquisition de 44 appareils de la famille 737 Next Generation et de leurs 88 moteurs CFM International CFM56-7B. L’entreprise britannique présente cette opération comme la plus importante de son histoire. Le premier avion doit lui être transféré avant la fin de 2026, les suivants devant rejoindre son portefeuille progressivement, sur une période de sept ans. L’accord porte sur des 737-800, la version exploitée par Qantas sur son réseau principal. Selon la base Fleet Discovery d’Aviation Week, la compagnie en compte actuellement 79 : les 44 appareils concernés représentent donc un peu plus de la moitié de cette flotte. Les conditions financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques.
Boeing 737 de Qantas : une cession étalée sur sept ans
Cette vente ne signifie pas que les avions vont quitter immédiatement les lignes australiennes. Leur transfert accompagnera leur retrait du service chez Qantas, avec un calendrier adaptable à l’arrivée des appareils de remplacement. La compagnie conserve ainsi une marge de manœuvre pour organiser la transition sans retirer trop rapidement des capacités de son réseau. « Cet accord nous permet de planifier le retrait de la majorité de notre flotte de 737, tout en conservant la souplesse nécessaire pour en ajuster le calendrier à mesure que de nouveaux appareils arrivent », explique Markus Svensson, directeur général de Qantas Domestic. Le dirigeant précise que les 737 continueront de voler « pendant encore de nombreuses années, aux côtés de notre flotte croissante d’appareils de nouvelle génération ». La cession à AerFin fixe donc un débouché pour ces avions à leur sortie de flotte, plutôt qu’une échéance de retrait commune aux 44 exemplaires.
L’Airbus A321XLR prend progressivement la relève
Le remplacement des 737 s’appuie sur l’Airbus A321XLR. Qantas avait commandé 28 exemplaires en 2022, avant d’en ajouter 20, portant son engagement à 48 appareils. Au moment de l’annonce de l’accord avec AerFin, sept avaient été livrés et 41 restaient à recevoir pour Qantas.
L’arrivée de l’A321XLR ne se limite pas à un changement de constructeur. Dans sa configuration intérieure actuelle, l’Airbus accueille 197 passagers, contre 174 à bord du 737-800 de Qantas. Cette capacité supérieure permet d’offrir davantage de sièges par vol, tandis que l’autonomie du XLR élargit les possibilités d’emploi de l’appareil au-delà du seul marché intérieur australien.
Le passage d’une flotte à l’autre restera néanmoins progressif. Qantas avait annoncé dès février 2025 un programme de modernisation des cabines de 737, précisant que les appareils concernés quitteraient la flotte vers la fin du renouvellement. Certains avions promis à un retrait plus précoce devaient également bénéficier d’améliorations. La compagnie prépare ainsi la relève tout en continuant d’investir dans une partie de ses Boeing.
AerFin : des avions et des moteurs pour le marché de la maintenance
Pour AerFin, l’intérêt de l’opération dépasse les seules cellules. Les 88 CFM56-7B inclus dans l’accord constituent un ensemble important de moteurs et de composants susceptibles d’alimenter ses activités de soutien aux compagnies aériennes et aux entreprises de maintenance, réparation et révision — le secteur dit MRO. L’entreprise indique que les actifs acquis auprès de Qantas serviront ses clients dans le monde entier, au travers de fournitures de matériels aéronautiques et de solutions de soutien adaptées.
Le métier d’AerFin consiste à acheter, vendre, louer et réparer des avions, des moteurs et des pièces. Elle fournit notamment des matériels d’occasion aptes au service, afin de prolonger l’exploitation d’autres appareils et de répondre aux besoins des ateliers de maintenance. « Des transactions de cette ampleur exigent une expertise technique approfondie, une solide capacité financière et des partenariats de confiance », souligne Simon Goodson, directeur général d’AerFin. « Nous sommes fiers de travailler avec Qantas dans le cadre de cet accord et nous nous réjouissons de tirer le meilleur parti de ces actifs, tout en continuant à accompagner nos clients sur le marché mondial du soutien aéronautique. »

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