Dix ans après son lancement, le programme Boeing 737-800BCF atteint les 200 appareils livrés. Le dernier exemplaire, baptisé « Florence », rejoint Texel Air Australasia en Nouvelle-Zélande. Un jalon qui illustre la place prise par cet ancien best-seller du transport de passagers dans les réseaux de fret express : les seules conversions réalisées sous le label de Boeing représentent désormais environ 4% des 737-800 commerciaux produits.
Un 200e Boeing 737-800BCF pour Texel Air Australasia
Après les passagers, les palettes. Boeing a livré son 200e 737-800 Boeing Converted Freighter, ou BCF, un appareil transformé en avion-cargo après une première carrière dans le transport de voyageurs. Immatriculé ZK-TXH et baptisé « Florence », ce biréacteur a été livré au loueur Babcock & Brown Aircraft Management (BBAM), puis loué à Texel Air Australasia. Il a été présenté le 10 octobre à l’aéroport d’Auckland, avec un marquage soulignant son rang dans le programme de conversion. « Le 200e Boeing 737-800 Converted Freighter constitue une étape importante, et nous sommes heureux de la célébrer avec Texel Air, un partenaire de longue date », a déclaré Lindsey Douglas, vice-présidente de Boeing chargée notamment des modifications et de la maintenance.
L’appareil doit initialement assurer des vols à la demande, afin de renforcer les capacités de transport de marchandises à l’intérieur de la Nouvelle-Zélande et sur des liaisons internationales. Son arrivée suit celle de « Karen », un autre 737-800BCF réceptionné en août. Texel Air compte désormais trois avions basés en Nouvelle-Zélande et sept dans l’ensemble de son dispositif australasien. À l’échelle du groupe, la flotte comprend douze Boeing 737, dont dix 737-800BCF, les cinq autres appareils étant basés à Bahreïn.
« Disposer d’un appareil supplémentaire basé en Nouvelle-Zélande nous donne davantage de souplesse pour répondre aux besoins des entreprises, qu’il s’agisse d’acheminer du fret urgent, de satisfaire des demandes d’affrètement spécialisées ou de relier les communautés et les entreprises qui dépendent du fret aérien », explique John Chisholm, fondateur et président de Texel Air.
Dix ans de programme et environ 4% des 737-800 reconvertis par Boeing
Lancé en février 2016, le programme 737-800BCF avait démarré avec des commandes et engagements portant sur un maximum de 55 conversions auprès de sept clients. Le 737-800 devenait alors le premier modèle de la famille Next Generation proposé par Boeing pour une transformation en cargo. Dès l’origine, l’avionneur visait principalement le transport express sur les réseaux intérieurs. La première livraison est intervenue en 2018, puis le programme a atteint son centième appareil en septembre 2022. Il aura donc fallu environ quatre années supplémentaires pour doubler ce total. Le cap des 200 avions intervient dix ans après le lancement commercial, et non dix ans après la première livraison.
Ce volume prend une dimension particulière au regard de la production du modèle d’origine. Car Boeing a construit 4 991 exemplaires commerciaux du 737-800, la variante la plus produite de la famille 737 Next Generation. Les 200 conversions BCF représentent ainsi environ 4% de ce total.
Ce ratio ne constitue toutefois pas le bilan de toutes les conversions cargo du 737-800. Il ne couvre que le programme de Boeing : Aeronautical Engineers Inc. (AEI) commercialise également le 737-800SF, tandis qu’Israel Aerospace Industries (IAI) propose le 737-800BDSF. Le nombre de 737-800 transformés en avions-cargos dépasse donc celui des seuls BCF.
Conversion cargo : une transformation bien plus lourde qu’un retrait des sièges
Le passage du transport de passagers au fret suppose une modification profonde de l’appareil. L’aménagement intérieur est retiré, le plancher renforcé et un système de manutention du fret installé. Une grande porte cargo est également aménagée dans le fuselage pour permettre le chargement du pont principal.
Dans sa documentation technique actuelle, Boeing annonce pour le 737-800BCF une charge maximale structurale d’environ 24 tonnes et une distance franchissable de 2 000 milles nautiques, soit quelque 3 700 kilomètres, avec cette charge. La masse maximale au décollage atteint 79 010 kg. Ces caractéristiques le positionnent sur les dessertes de fret court et moyen-courriers, plutôt que sur les grandes liaisons intercontinentales des cargos gros-porteurs.
Le principe industriel consiste à valoriser un avion existant en lui ouvrant un nouveau marché. « Florence » en offre une illustration : construit en 2008, l’appareil a auparavant transporté des passagers sous les couleurs de Virgin Blue, Pacific Blue et Virgin Australia, avant sa conversion.
Le 737-800, un réservoir d’avions pour le fret express
L’intérêt du programme tient aussi à l’ampleur du parc d’origine. Avec près de 5 000 appareils commerciaux construits, le 737-800 représente un important réservoir potentiel d’avions à convertir, au fur et à mesure de leur sortie des flottes de transport de passagers. Selon Boeing, 33% des appareils entrés dans le programme BCF depuis 2021 avaient déjà plus de vingt ans.
Cette seconde carrière répond notamment aux besoins des réseaux express et du commerce en ligne, auxquels le 737-800BCF fournit une capacité de transport adaptée aux flux régionaux. Boeing avait d’ailleurs conçu son offre autour de ces missions, en complément des gros-porteurs destinés aux marchandises plus denses et aux longues distances.
Pour Texel Air, l’arrivée du 200e exemplaire est donc autant un symbole industriel qu’un renfort opérationnel. Le groupe exploite désormais dix des 200 appareils livrés sous le label BCF, soit 5% du total du programme. Une place significative pour cet opérateur présent à Bahreïn et en Australasie, qui fait de la conversion du 737-800 l’un des leviers de son développement.

Pierre a commenté :
24 octobre 2026 - 12 h 29 min
Les 737 sont indestructibles….surtout les NG…
Peu d’electronique embarquè. Une maintenance abordable….et un reseau mondial qui connait parfaitement le modèle….l’avenir du NG en Cargo a de belles années devant lui