Une hôtesse de l’air expérimentée de British Airways a vu sa demande d’indemnisation rejetée par un tribunal londonien, après avoir été gravement blessée lors d’un épisode de turbulences sur un vol en 2019.

Laura Lanigan, âgée de 56 ans et employée par la compagnie aérienne britannique depuis près de 30 ans, réclamait 72 500 livres sterling (environ 83 000 euros) pour des blessures subies lors d’un atterrissage mouvementé à Mumbai, en Inde. Le juge a qualifié l’incident d’accident « imprévisible » et non imputable à une faute des pilotes.

L’incident s’est produit en juin 2019 à bord d’un Boeing 777 reliant l’aéroport de Heathrow, à Londres, à Mumbai. Alors que l’avion approchait de sa destination après un vol de neuf heures, il a traversé des turbulences soudaines et sévères. Laura Lanigan a été projetée en l’air avant de retomber lourdement au sol. Elle a souffert d’une fracture au genou gauche, d’une luxation de l’épaule et a été heurtée par une bonbonne de boisson mal fixée. Après l’atterrissage, elle a dû être évacuée en fauteuil roulant. Selon son témoignage, ces turbulences étaient « les pires qu’elle ait connues en près de 30 ans de vol ».

Un vol trop proche d’un cumulonimbus, selon l’hôtesse
Devant le tribunal du comté central de Londres, l’hôtesse a accusé l’équipage navigant d’avoir volé dans une « zone dangereuse », trop près d’un cumulonimbus – un nuage d’orage – sans respecter les protocoles de sécurité, qui recommandent une distance d’au moins 32 kilomètres. Son avocat, Sinclair Cramsie, a plaidé que « le chemin emprunté était suffisamment proche du cumulonimbus pour se trouver dans la zone de danger », ajoutant que « les nuages devaient être suffisamment proches pour avoir provoqué ces fortes turbulences ». En tant que membre d’équipage, Laura Lanigan avait continué à travailler malgré les signaux de ceinture allumés pour les passagers.

Un cumulonimbus imprévisible, selon British Airways
British Airways a vigoureusement contesté ces allégations. Ses avocats ont affirmé qu’il n’y avait aucune preuve visuelle ni radar d’un nuage d’orage à proximité, et que les pilotes n’avaient observé que des « nuages blancs et duveteux ». Un avocat a décrit l’épisode comme « un simple soubresaut, rien de plus », soulignant que des avertissements météo avaient été donnés deux heures avant l’arrivée à Mumbai et que le signal de ceinture avait été activé 40 à 45 minutes plus tôt. Mercredi 21 janvier, le juge David Saunders a finalement donné raison à la défense, déclarant : « À mon avis, en considérant l’ensemble, il s’agissait d’un accident très malheureux, mais inattendu et non raisonnablement prévisible. » Il a ajouté que les pilotes avaient « géré la situation de manière entièrement professionnelle » et qu’il n’y avait « aucune raison de douter de leur témoignage clair et cohérent ». En conséquence, la demande d’indemnisation a été rejetée, soulignant la difficulté de prouver une négligence dans de tels cas.

Une multiplication des incidents liés aux turbulences
Ce verdict intervient alors que les incidents liés aux turbulences aériennes se multiplient, souvent sans avertissement préalable. Par exemple, en janvier 2026, deux passagers d’un vol British Airways ont subi des fractures aux chevilles après des turbulences sévères sur un vol entre Los Angeles et Londres. Fin décembre 2025, un vol Ryanair de Birmingham à Tenerife a rencontré des turbulences intenses au-dessus de la Bretagne, blessant plusieurs personnes à bord. Plus tôt, en septembre 2025, un avion Delta Air Lines de Salt Lake City à destination d’Amsterdam a dû atterrir en urgence après des secousses violentes qui ont envoyé des dizaines de passagers et d’équipiers à l’hôpital, avec deux membres d’équipage gravement blessés. En mars 2025, un vol United Airlines au-dessus des Philippines a causé six blessures, dont une grave pour une hôtesse de l’air. Ces événements rappellent que les turbulences, potentiellement aggravées par le changement climatique, peuvent entraîner des poursuites judiciaires, bien que les compagnies aériennes soulignent souvent leur imprévisibilité.

Turbulences et responsabilité : une hôtesse blessée lors d'un vol perd son procès contre British Airways 1 Air Journal

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