Selon des projections internes présentées aux salariés, Air India Express devrait dégager un bénéfice d’exploitation au second semestre de l’exercice fiscal en cours, qui s’achève fin mars. Ce serait une première depuis la reprise d’Air India et de ses filiales par Tata Group, finalisée début 2022, après des années de pertes sous pavillon public.

Les dirigeants ont détaillé ces perspectives en interne, en mettant en avant la montée en puissance de la capacité, une meilleure utilisation de la flotte et un gain de parts de marché sur les axes domestiques et régionaux. « Le redressement d’Air India Express repose sur une combinaison de croissance disciplinée et de contrôle des coûts », résume un document interne cité par la presse économique indienne.

Une low cost au cœur de la stratégie Tata dans le ciel indien

Basée à Kochi, Air India Express est la branche à bas coûts du groupe Air India, opérant principalement des lignes intérieures et des liaisons court-courrier vers le Golfe, l’Asie du Sud-Est et le sous-continent. Elle exploite aujourd’hui une flotte de plus de 100 monocouloirs Boeing et Airbus, reflet de l’intégration progressive des anciens appareils d’AirAsia India au sein d’une seule plateforme low cost.

Dans le cadre du vaste plan de transformation d’Air India, Tata mise sur cette entité pour capter la croissance explosive du marché domestique indien, portée par l’essor des villes de rang 2 et 3 et par une clientèle très sensible au prix. « Notre priorité est d’augmenter la présence domestique tout en consolant le réseau international de courte distance », a expliqué le directeur général Aloke Singh, précisant que la part du domestique doit atteindre environ 60% de la capacité dans les prochaines années, contre un partage actuellement plus équilibré.

Cap sur plus de 200 avions et une offre rehaussée

Air India Express prévoit de doubler sa capacité au cours des quatre à cinq prochaines années, avec un objectif de flotte supérieure à 200 appareils monocouloirs. Ce développement s’appuie notamment sur l’arrivée d’une trentaine de Boeing 737 MAX supplémentaires, annoncée récemment, et sur la poursuite des livraisons d’Airbus A320/A321 déjà engagées au niveau du groupe.

Parallèlement, la compagnie investit plus de 70 millions de dollars dans un vaste programme de rétrofit pour moderniser les cabines, améliorer le confort et harmoniser le produit à bord. L’objectif est de rehausser l’expérience passager sur un segment low cost très concurrentiel, marqué par la domination du géant IndiGo et la montée en puissance d’autres acteurs comme Akasa Air.

Un contraste avec les difficultés de la maison mère Air India

Cette embellie intervient alors que le transporteur historique Air India, en cours de fusion avec Vistara, reste pénalisé par les conséquences financières de la fermeture de l’espace aérien pakistanais aux compagnies indiennes. Pour ses vols long-courriers vers l’Europe et l’Amérique du Nord, la compagnie doit emprunter des routes plus longues via le sud ou contourner par d’autres corridors, allongeant les temps de vol de plusieurs heures et renchérissant la facture carburant.

Selon des estimations transmises aux autorités indiennes, l’impact de ces détours sur le résultat avant impôt d’Air India atteindrait environ 455 millions de dollars par an, soit plus que la perte enregistrée sur l’exercice 2024‑2025. Dans ce contexte, la perspective d’un retour aux bénéfices d’Air India Express apporte « un répit bienvenu au groupe Air India », souligne une note interne relayée par la presse économique.

Air India Express renoue avec les bénéfices : premier profit depuis la privatisation 1 Air Journal

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