Flydubai boucle 2025 sur un nouveau record, avec un bénéfice avant impôts de 2,2 milliards de dirhams (environ 591 millions de dollars) et un trafic porté à 15,7 millions de passagers, confirmant le rôle central du transporteur dans la stratégie aérienne de Dubaï.

Derrière ces chiffres, la low-cost hybride accélère sa montée en gamme, diversifie sa flotte et se projette déjà vers l’Airbus A321neo, tout en consolidant son rôle de second pilier du hub dubaiote aux côtés d’Emirates.

Pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, flydubai annonce un bénéfice avant impôts de 2,2 milliards de dirhams (591 millions de dollars) pour un chiffre d’affaires de 13,6 milliards de dirhams, en hausse de 6 % par rapport aux 12,8 milliards de 2024. Le résultat net s’établit à 1,9 milliard de dirhams (531 millions de dollars), soit une marge nette d’environ 14 %, remarquable pour un transporteur à coûts unitaires contenus. L’EBITDA atteint 4 milliards de dirhams (1,1 milliard de dollars), tandis que la facture carburant représente 25 % des charges d’exploitation, un niveau élevé mais cohérent dans un environnement de prix du pétrole encore tendu.

Le transporteur basé à Dubaï revendique ainsi sa cinquième année consécutive de forte profitabilité, malgré un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des contraintes persistantes sur la chaîne d’approvisionnement aéronautique et la hausse des coûts de maintenance. « Rapporter une cinquième année consécutive de forte rentabilité est un témoignage clair de la discipline stratégique et de la résilience opérationnelle de flydubai », souligne Sheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum, président de la compagnie.

Un trafic record et une montée en puissance du moyen-courrier premium

En 2025, flydubai a transporté 15,7 millions de passagers, un record pour la compagnie, sur 126 604 vols, ce qui en fait le deuxième opérateur en volume à Dubaï derrière Emirates, son partenaire stratégique. La demande en classe Affaires progresse de 19 % sur un an, illustrant l’ancrage du modèle dit « hybride » de flydubai, qui combine une base de coûts proche de celle d’une low-cost avec une offre cabine à deux classes, incluant sièges-lits sur certains 737 et services proches du full-service sur les routes à plus forte yields.

La demande est particulièrement dynamique au Moyen-Orient, où le trafic progresse de 17 %, suivie par l’Afrique et l’Europe, toutes deux en hausse de 12 %. La capacité, mesurée en sièges-kilomètres offerts (ASK), augmente de 6 %, tout comme les passagers-kilomètres transportés (RPK), tandis que le yield passager progresse de 3 % par rapport à 2024, ce qui suggère un remplissage globalement stable et une amélioration du revenu moyen par passager malgré un environnement concurrentiel toujours intense dans le Golfe.

Hub de Dubaï : connecter les marchés non desservis

Flydubai se positionne comme un complément naturel d’Emirates en reliant Dubaï à 140 destinations dans 58 pays, souvent sur des marchés secondaires ou insuffisamment desservis par les majors. « En connectant la ville à plus de 100 marchés sous-desservis, flydubai a contribué à attirer davantage de visiteurs et à renforcer la position de Dubaï comme porte d’entrée pour le commerce, le tourisme et les opportunités », insiste Sheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum.

En 2025, la compagnie a lancé neuf nouvelles destinations : Al Alamein (Égypte), Antalya (Turquie), Bushehr et Qeshm (Iran), Iași (Roumanie), Nairobi (Kenya), Peshawar (Pakistan), Riga (Lettonie) et Vilnius (Lituanie). Elle a également repris ses opérations vers Chișinău (Moldavie), Damas (Syrie) et Tabriz (Iran), consolidant un maillage régional qui fait de Dubaï un hub de correspondance vers des villes de taille moyenne en Europe de l’Est, au Levant et en Asie centrale.

Une flotte de 737 modernisée… en attendant l’A321neo

À fin 2025, flydubai exploite une flotte de 97 Boeing 737, composée de 26 737-800 de génération précédente, 68 737 MAX 8 et 3 737 MAX 9, pour un âge moyen de 5,5 ans. Sur le seul exercice, la compagnie a réceptionné 12 737 MAX 8 et restitué trois 737-800 à leurs bailleurs, tout en finalisant un programme de rétrofit portant à 25 le nombre d’appareils NG dotés d’une cabine harmonisée avec IFE et produit Business modernisé.

Le 737 MAX reste au cœur de la stratégie d’efficacité énergétique du transporteur, avec des gains de consommation annoncés de l’ordre de 14 % par rapport au 737-800, un atout majeur alors que le kérosène pèse un quart des coûts d’exploitation. En parallèle, flydubai a marqué un tournant à l’occasion du Dubai Airshow 2025 en signant un protocole d’accord avec Airbus pour 150 A321neo, une première pour la compagnie, complété par une commande de 75 737 MAX supplémentaires auprès de Boeing.

L’Airbus A321neo, symbole d’une nouvelle phase de développement

L’acquisition de l’A321neo, best-seller de la famille A320, marque la fin de l’exclusivité Boeing chez flydubai et ouvre la voie à une diversification de la flotte de monocouloirs du transporteur. L’accord, signé le 18 novembre 2025, prévoit des livraisons à partir de 2031, ce qui positionne ces appareils pour la prochaine phase de croissance du réseau moyen-courrier de Dubaï, avec davantage d’autonomie, de capacité et de flexibilité de déploiement sur les marchés à forte densité ou à longue portée intra-régionale. « Le choix d’investir dans l’A321neo et de l’introduire dans notre flotte constitue une nouvelle étape dans notre développement à long terme », explique la direction de flydubai, tandis qu’Airbus y voit « un nouvel endossement de la valeur ajoutée apportée en termes d’autonomie, d’efficacité et de confort passager ».

Une stratégie “hybride” au service du hub Emirates–flydubai

La complémentarité avec Emirates reste un pilier du modèle de flydubai : en 2025, plus de 2,5 millions de passagers ont utilisé le partenariat pour profiter d’une connectivité fluide via Dubaï, sur un réseau combiné de 243 destinations dans 103 pays. À ces flux s’ajoutent 42 accords d’interligne et trois accords de partage de code avec Air Canada, Emirates et United Airlines, offrant un total de plus de 300 destinations accessibles via les réseaux combinés.

Cette architecture permet à flydubai de nourrir le long-courrier d’Emirates, tout en captant une clientèle point-à-point, notamment depuis les marchés d’Asie du Sud, du Caucase ou d’Europe centrale, sensible à un produit plus simple et à des tarifs compétitifs. « Aujourd’hui, nous connectons 140 aéroports à Dubaï, facilitant les échanges commerciaux, le tourisme et les échanges culturels, tout en contribuant de manière significative à la croissance économique de la ville », rappelle le directeur général Ghaith Al Ghaith.

Sur le produit, 2025 marque une inflexion importante : flydubai a étendu son offre en classe Économie en introduisant repas et divertissement à bord sur tous les tarifs, une évolution qui rapproche encore davantage la compagnie des standards des transporteurs de réseau, tout en conservant une tarification segmentée. La compagnie a par ailleurs signé un accord pour déployer, à partir de 2026, la connectivité haut débit Starlink gratuitement à bord, une première au Moyen-Orient sur ce type de réseau satellitaire, qui devrait rehausser l’attractivité du produit, notamment auprès des CSP+ et des voyageurs d’affaires. 

Ressources humaines : une montée en puissance structurée

Pour soutenir la croissance de sa flotte et de son réseau, flydubai a augmenté ses effectifs de 11 % en 2025, portant son total à 6 763 employés. L’entreprise mise fortement sur la formation interne, avec le lancement d’un programme Ab Initio pour pilotes et d’un apprentissage en maintenance et ingénierie, dans une logique de pipeline de compétences sur la prochaine décennie. Le groupe a également inauguré des programmes de management et de leadership, ainsi qu’un centre de formation doté de quatre simulateurs de vol complets, afin de gagner en flexibilité sur les plannings de formation, y compris, potentiellement, pour d’autres compagnies à l’avenir. « Rien de tout cela ne serait possible sans le dévouement et le professionnalisme de nos équipes », insiste Ghaith Al Ghaith, qui met en avant la culture d’entreprise axée sur l’efficacité opérationnelle, l’innovation, la ponctualité et l’excellence client.

2026 : livraisons de 737 MAX et ouverture sur l’Asie du Sud-Est

Pour 2026, flydubai se dit confiante, malgré des « défis persistants » liés aux tensions géopolitiques et aux contraintes industrielles. La compagnie prévoit de recevoir 12 appareils supplémentaires, dont sept 737 MAX 9, qui accroîtront la capacité en classe Affaires, et cinq 737 MAX 8, tous deux au cœur de la stratégie de croissance et de réduction de l’empreinte carbone par siège.

Sur le plan réseau, la compagnie prévoit d’ajouter des fréquences sur certaines routes et prépare le lancement d’une nouvelle liaison vers Bangkok, présenté comme un futur point d’entrée majeur vers l’Asie du Sud-Est dans son maillage. L’inauguration d’un nouveau centre de maintenance à Dubai South, dont la construction doit s’achever au dernier trimestre 2026, doit enfin permettre de réduire les temps d’immobilisation des appareils et de mieux maîtriser les coûts techniques, un enjeu crucial dans un environnement où les frais de maintenance sont orientés à la hausse.

Flydubai : profits record et virage stratégique vers l’A321neo  1 Air Journal

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