Norwegian Air Shuttle a publié des résultats nettement améliorés au premier trimestre 2026, traditionnellement le plus faible de l’année pour les compagnies aériennes. Le groupe, qui inclut la compagnie régionale Widerøe, réduit sensiblement sa perte d’exploitation et affiche un coefficient d’occupation record pour un début d’année.
Un 1er trimestre nettement moins déficitaire
Sur les trois premiers mois de 2026, le groupe Norwegian enregistre une perte d’exploitation (EBIT) de 220 millions de couronnes norvégiennes, soit environ 20 millions d’euros, contre 611 millions de NOK (environ 55 millions d’euros) un an plus tôt. Le résultat avant impôts (EBT) ressort à -459 millions de NOK, soit un peu plus de 40 millions d’euros, là aussi en nette amélioration par rapport à 2025.
Cette réduction du déficit tient notamment à l’appréciation de la couronne norvégienne, à des gains sur les couvertures carburant et à une baisse du coût des quotas d’émissions de CO₂ au titre du système européen EU ETS. Selon plusieurs agences financières, la perte d’exploitation était largement meilleure que les attentes du marché, qui anticipait un déficit proche de 954 millions de NOK, soit autour de 85 millions d’euros. « Nous sommes satisfaits de constater que la demande globale reste encourageante, même dans un environnement complexe et imprévisible », a déclaré le directeur général Geir Karlsen, cité dans le communiqué de résultats.
Forte demande et coefficient d’occupation record
Le groupe a transporté 5,2 millions de passagers au 1er trimestre, dont 4,2 millions sur Norwegian et 0,9 million sur Widerøe. Malgré une réduction de capacité – mesurée en sièges-kilomètres offerts (ASK) – de l’ordre de 6% pour Norwegian et de 2% pour Widerøe, la demande est restée soutenue.
Norwegian affiche ainsi un coefficient d’occupation moyen de 87,6% sur le trimestre, en hausse de 5,2 points de pourcentage par rapport à la même période de 2025, un record pour un premier trimestre historiquement marqué par une moindre fréquentation. Widerøe, positionnée sur le réseau régional norvégien, présente un coefficient d’occupation de 70,2%. Sur le plan opérationnel, la ponctualité reste solide avec 78,8% de vols à l’heure pour Norwegian et 87,2% pour Widerøe.
Une position financière renforcée
Au 31 mars 2026, les liquidités du groupe atteignent 14,2 milliards de NOK, soit de l’ordre de 1,3 milliard d’euros, contre environ 10,5 milliards de NOK (près de 950 millions d’euros) un an plus tôt. Cette progression reflète à la fois une meilleure performance opérationnelle et une discipline renforcée dans la gestion de la trésorerie, un point crucial pour un acteur qui sort de plusieurs années de restructuration profonde.
La flotte du groupe compte désormais 145 appareils, dont 95 pour Norwegian et 50 pour Widerøe, confirmant la stabilisation de l’outil industriel après les grandes manœuvres de rationalisation du parc et de la dette réalisées ces dernières années. Norwegian opère un réseau reliant les pays nordiques à de nombreuses destinations européennes avec une flotte de Boeing 737-800 et 737 MAX 8, tandis que Widerøe, avec une flotte majoritairement composée de Dash-8 (et quelques Embraer E190-E2) assure un maillage fin des liaisons intérieures en Norvège.
Le programme de fidélité Norwegian Reward continue de monter en puissance, franchissant le cap des 8,5 millions de membres au cours du trimestre, ce qui renforce la capacité du groupe à fidéliser une clientèle loisirs et affaires, notamment sur les marchés scandinaves.
Un contexte de marché toujours incertain
Si les signaux sont encourageants, la direction du groupe reste prudente face à un environnement décrit comme « complexe et imprévisible », marqué par la volatilité des devises, l’évolution du prix du carburant et les tensions géopolitiques. Norwegian a ainsi suspendu certaines liaisons vers le Moyen-Orient pour des raisons de sécurité, illustrant la sensibilité du réseau aux risques régionaux. Dans le même temps, la compagnie poursuit sa stratégie de montée en gamme environnementale. Elle a lancé la première ligne domestique danoise alimentée à 40% par du carburant d’aviation durable (SAF), une initiative symbolique sur un marché européen où la pression réglementaire et sociétale sur les émissions du transport aérien se renforce.

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