Delta Air Lines a affiché une perte nette de 289 millions de dollars au premier trimestre 2026. Un an plus tôt, elle avait réalisé un bénéfice net de 240 millions de dollars. Cette perte s’explique principalement par la forte hausse des prix du kérosène, liée aux tensions au Moyen-Orient.
Le chiffre d’affaires a pourtant progressé. Il s’est établi à 15,9 milliards de dollars, en hausse de 13 % sur un an. Les segments premium, corporate et fidélité ont particulièrement bien performé. En données ajustées, le bénéfice par action a atteint 0,64 dollar, dépassant les attentes des analystes (0,57 dollar). Le revenu opérationnel ajusté s’est élevé à 14,2 milliards de dollars, en hausse de 9,4 %.
Les coûts liés au carburant ont bondi de 8 % pour atteindre environ 2,6 milliards de dollars. Delta Air Lines a subi un surcoût estimé à 400 millions de dollars rien qu’en mars. Le PDG Ed Bastian reconnaît la pression : « Même si la flambée récente du carburant pèse actuellement sur les résultats, je suis convaincu que cet environnement, au final, renforce le leadership de Delta et accélère sa capacité bénéficiaire à long terme. »
Delta freine sa croissance et relève les tarifs
Face à cette situation, Delta Air Lines a décidé de supprimer toute croissance de capacité prévue pour le deuxième trimestre. L’offre sera réduite d’environ 3,5 points de pourcentage par rapport au plan initial. La compagnie aérienne américaine prévoit aussi d’augmenter les frais de bagages et d’autres suppléments pour récupérer 40 à 50 % de la hausse des coûts.
Pour le deuxième trimestre, Delta Air Lines anticipe un bénéfice avant impôts d’environ un milliard de dollars, malgré un surcoût carburant supérieur à 2 milliards de dollars par rapport à l’an dernier. Le prix moyen du carburant aviation devrait atteindre 4,30 dollars le gallon. Ed Bastian prévient : « À ce niveau de carburant, il est difficile de qualifier quoi que ce soit de temporaire. » Il reste cependant confiant sur la demande, qui progresse à deux chiffres. Delta bénéficie en effet d’un atout unique : sa propre raffinerie en Pennsylvanie, qui devrait générer un avantage d’environ 300 millions de dollars au deuxième trimestre.
Comparaison avec les autres compagnies américaines
Delta Air Lines n’est pas la seule compagnie aérienne américaine à souffrir. La flambée des prix du kérosène touche l’ensemble du secteur américain. United Airlines avait déjà alerté sur un impact « significatif » au premier trimestre et sur une hausse annualisée potentielle de 11 milliards de dollars des coûts carburant. American Airlines a également subi un surcoût d’environ 400 millions de dollars au T1, tout en relevant légèrement ses prévisions de revenus grâce à une demande solide.
Southwest, JetBlue et Alaska Airlines font face aux mêmes pressions. Plusieurs compagnies, dont United et JetBlue, ont déjà augmenté leurs frais de bagages. L’ensemble du secteur réduit globalement sa croissance de capacité domestique depuis mi-mars.
Malgré la perte comptable, les analystes soulignent la solidité du modèle de Delta Air Lines, porté par ses produits haut de gamme. Le secteur traverse son premier grand test post-pandémie face à un environnement carburant « plus élevé pour plus longtemps ». Ed Bastian résume l’enjeu : « Cela va séparer les gagnants et contraindre les acteurs plus faibles à prendre des mesures significatives. » Pour l’instant, Delta Air Lines maintient ses prévisions annuelles, mais l’incertitude reste forte tant que les prix du pétrole ne se stabilisent pas. Les voyageurs devront probablement s’habituer à des billets et des suppléments plus chers dans les mois à venir.

@Hartsfield–Jackson Atlanta International Airport
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