Malgré une bonne résistance globale, Groupe ADP (Aéroports de Paris) a vu son chiffre d’affaires consolidé reculer légèrement au cours des trois premiers mois de 2026. Un effet direct des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, une région où le gestionnaire aéroportuaire français est présent via ses participations internationales.
Selon les chiffres publiés fin avril, le chiffre d’affaires consolidé de Groupe ADP s’est établi à 1,472 milliard d’euros au premier trimestre 2026, en baisse de 0,9 % (soit 14 millions d’euros) par rapport à la même période de 2025. Cette contraction s’explique principalement par l’impact du conflit au Moyen-Orient sur plusieurs segments d’activité.
Des performances contrastées selon les activités
Les activités International et développements aéroportuaires ont particulièrement souffert, avec un recul de 6,0 % (– 27 millions d’euros) à 424 millions d’euros. Les revenus issus du Retail et Services ont également baissé de 1,0 % (– 5 millions d’euros) à 484 millions d’euros, pénalisés en outre par des effets comptables défavorables et des taux de change.
En revanche, les activités dans les aéroports parisiens, Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, ont affiché une belle progression de 5,0 % (+ 24 millions d’euros) à 504 millions d’euros, démontrant la solidité du cœur de métier en France.
Philippe Pascal, Président-directeur général de Groupe ADP, a commenté : « Pendant le premier trimestre 2026, Groupe ADP a fait preuve d’une bonne résilience. Malgré la crise au Moyen-Orient, le trafic du Groupe a progressé de 2,3 % par rapport à la même période en 2025, avec un total de 83,9 millions de passagers accueillis sur notre réseau d’aéroports, dont 23,6 millions à Paris, en hausse de 2,6 %. »
Trafic en hausse, mais sous pression en mars
Le trafic global du groupe a atteint 83,9 millions de passagers sur les trois premiers mois (+ 2,3 %). À Paris-CDG et Paris-Orly, 23,6 millions de passagers ont été accueillis (+ 2,6 %). En mars seul, le trafic groupe s’est élevé à 27,8 millions de passagers (+ 1,0 %), tandis que les aéroports parisiens ont enregistré 8,3 millions de passagers (+ 3,4 %).
Cependant, le mois de mars a déjà reflété les premières conséquences des perturbations géopolitiques : ajustements des programmes de vols, restrictions d’espaces aériens et impacts sur plusieurs plateformes du groupe. Groupe ADP avait d’ailleurs anticipé ces effets dès mi-mars. Le gestionnaire des aéroports parisiens rappelle que le trafic entre Paris et le Moyen-Orient représentait environ 5 % du trafic parisien en 2025, avec des parts encore plus significatives sur certaines plateformes internationales (TAV Airports en Turquie et région, GMR en Inde, Amman en Jordanie).
Objectifs 2026 confirmés malgré le contexte
Malgré ce début d’année contrasté et un environnement « exigeant », Groupe ADP maintient ses prévisions financières pour 2026. Le PDG Philippe Pascal a souligné que le groupe suit de près l’évolution de la situation : « Nous confirmons nos prévisions et objectifs financiers pour 2026, à ce stade, et à la lumière des tendances récentes, grâce aux mesures d’économies engagées et à l’hypothèse que les perturbations seront de courte durée. »
Le groupe met également en avant des avancées stratégiques, comme la cession partielle de sa participation dans GMR Airports en Inde, qui doit générer environ 924 millions d’euros de trésorerie et renforcer sa flexibilité financière.
Un secteur sous tension
La guerre au Moyen-Orient continue de peser sur l’ensemble du transport aérien, avec des hausses de prix du carburant et des réorganisations de routes potentielles. Pour l’instant, Paris tire son épingle du jeu grâce à une dynamique internationale solide, mais l’incertitude demeure pour les mois à venir.
Groupe ADP, qui gère un vaste réseau international en plus de Roissy-CDG, Paris-Orly et Le Bourget, illustre bien la double nature du secteur aéroportuaire : résilient sur ses bases historiques, mais exposé aux chocs géopolitiques via ses implantations à l’étranger. Les prochains trimestres diront si les perturbations resteront contenues ou si elles pèseront plus durablement sur la croissance du trafic et des revenus.

@Paris Aéroports
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